jeudi 23 décembre 2010

L'ERP: le dernier des dinosaures pourrait évoluer en ERP 2.0

L'ERP: le dernier des dinosaures pourrait évoluer en ERP 2.0

Je donne en Janvier a des élèves ingénieurs en dernière année de l'Ecole des Mines, un cours sur la mise en place des ERP. A chaque actualisation de mon cours, un peu avant Noël, je me pose la question du sens de ce cours au delà du coté pédagogique "brut" sur la compréhension de cet animal tentaculaire qu'est l'ERP, sur le coté "historique" de l'évolution des systèmes d'information qu'il permet de retracer et sur les méthodes de conduite des changements qu'il a fallu développer pour le mettre en place.


Finalement est-ce que l'ERP n'est pas le dernier des dinosaures que ces élèves ne rencontreront que sous la forme de squelettes ou d'individus en voie extinction ?


Chaque année, j'ai progressivement complété mon cours pour mettre en lumière l'émergence de nouvelles ruptures dans le modèle de l'ERP client serveur longtemps représenté par le premier individu de l'espèce SAP R3 (dès 1992) : 
  • les architectures web et le navigateur comme client, qui ont bouleversé l'approche client-serveur,
  • le CRM qui s'est développé d'abord en dehors de l'ERP puisqu'il n'était pas tourné vers la gestion des ressources de l'entreprise mais vers ses clients, puis a été intégré avec plus ou moins de succès dans les offres progiciels,
  • les échecs de nombreux projets ERP, liés à la complexité de la coordination dans un monde où les besoins des entreprises évoluent très vite et où les méthodes de gestion de projet se satisfont d'un taux de réussite de 70%,
  • l'ergonomie perfectible de certains progiciels qui a conduit au développement de systèmes périphériques à l'ERP pour saisir et parfois valider des informations, avant qu'elles ne soient chargées dans un ERP réservé a des spécialistes et auxquels n'ont pas accès ceux qui produisent l'information et qui pourraient l'utiliser au quotidien,
  • Sans parler de la multiplicité des tableurs bureautiques qui redondent l'information des ERP et qui souvent sont devenus les vrais systèmes décisionnels de l'entreprise, a coté des systèmes décisionnels embarqués dans l'ERP qui bizarrement est souvent limité à faire du reporting,
  • l'open source, avec Compiere ou tinyERP (maintenant OpenERP) dont le fondateurtout juste majeur, etait venu en 2005 présenter à la classe comment après avoir développé le système de gestion de la PME de son oncle, il allait concurrencer SAP en basculant le code dans une communauté Open source. Et en plus il l'a fait, bravo Fabien Pinckaers !
  • les difficultés des grands éditeurs, qui une fois le marché des grands comptes internationaux et nationaux saturé, ont essayé de proposer des offres pour les PME, plus simples et pré-configurées,
  • la SOA ou les architectures orientées services qui ont fait tomber la querelle du "best of breed versus ERP unique". En d'autres termes, doit-on prendre le meilleur dans chaque domaine fonctionnel ou celui qui couvre au mieux tous les domaines ? L'avenir est maintenant à l'intégration flexible de services pour couvrir le périmètre fonctionnel choisi,
  • le SaaS avec les premières offres locatives permettant de balayer le modèle d'investissement initial et la complexité de mise en place d'une infrastructure,
Il faut cependant reconnaître qu'ils ont la peau dure ces dinosaures!
Car après toutes ces ruptures, l'ERP se porte encore bien. Certainement porté par la nécessité d'une poignée d'intégrateurs spécialisés, de sécuriser la manne financière des projets d'intégration qui la fait vivre, mais aussi par l'inertie de systèmes dont la durée de vie est entre 7 et 15 ans et donc qui ne se remplacent qu'une fois tous les 10 ans en moyenne. Et puis reconnaissons leurs que pour les 80% des tâches qu'ils automatisent, ils ne le font finalement pas si mal que cela. Ce qu'on leur reproche c'est souvent la gestion des cas particuliers et la flexibilité demandé pour les 20% des cas singuliers.
Ils sont même assis sur une mine d'or : les données de l'entreprise. Et même si leurs modules décisionnels font souvent plus du reporting que de l'analyse prédictive, on en a de plus en plus besoin de ces données (quand elles sont justes).

Cependant en 2011 une nouvelle rupture se profile a l'horizon et va certainement contribuer à orienter l'avenir des ERP : le développement des réseaux sociaux d'entreprise (RSE) et avec eux la construction de l'entreprise numérique et l'émergence de nouvelles formes de collaboration dans l'entreprise et entre entreprises.


Certains voient dans ces RSE, un des leviers majeurs de la future collaboration en entreprise. Or les ERP, ont en leur temps été vendus sur la refonte de la collaboration de l'entreprise autour d'une base de donnée unique. Une collaboration modélisée par des processus, flexibles et configurables, pour coller à la tendance du moment des années 80, le re-engineering de processus (BPR - Business Process Reengineering).


Le RSE n'est-il pas un des moyens de collaboration, centré sur l'individu, permettant d'aller là où les processus sont devenus trop rigides ou quand la formalisation du processus n'est tout simplement pas possible ?
Les RSE sont aussi un bon moyen de capturer de l'information et d'initier des processus plus rapidement.


Le couplage entre l'ERP et le RSE est donc certainement amené à se développer et je pense est porteur des gènes de l'ERP 2.0


Par exemple, comment fluidifier les échanges autour de la réception d'une facture numérisée par exemple ? La reconnaissance numérique n'étant pas fiable à 100% et les erreurs ou manques d'information existant aussi sur les factures des fournisseurs, le processus modélisé à l'extrême pour être déterministe dans tous les cas de figure est certainement une utopie qui risque de coûter cher à ceux qui vont se lancer dans cette aventure. La règle des 80-20 incite au contraire à n'automatiser que 80% des cas les plus fréquents et laisser faire la collaboration "humaine" pour les autres cas, quitte a l'assister un peu avec de l'informatique. 


C'est là que le RSE, allant plus loin que l'e-mail aujourd'hui utilisé pour cela, peut jouer un rôle déterminant pour permettre a un groupe de personnes d’échanger de l'information, des fichiers multi-médias, d'interagir en temps réel avec du micro-blogging et de rechercher des compétences dans la base de données. Ceci afin de rectifier les erreurs et les manques d'information et d'affecter la facture au bon projet par exemple.

Saleforce, un des progiciel CRM en SaaS du marché, a déjà tenté l'aventure fin 2010 et intégré au coeur de son progiciel une brique de réseau social - Chatter - permettant de collaborer autour des opportunités ou des contacts, des objets de sa base de données. C'est la valeur ajoutée que je trouve a ce type de solutions qui je pense préfigure l'intégration entre les ERP et les RSE. Attention cependant a ne pas croire que Chatter est devenu "LE" RSE de l'entreprise car la promesse du RSE va nettement au delà.

Recherchez donc dans les ERP de vos entreprises et retrouvez-y tous les processus qui demandent beaucoup d'exceptions, qui coûtent cher à maintenir car très évolutifs, voire qui n'ont jamais marché! Vous venez certainement d'identifier les processus qui seront les premiers à bénéficier de l'intégration entre le RSE et l'ERP, ceux qui peuvent bénéficier de la force de réactivité d'un réseau et d'un minimum de déterminisme pré-établi.


Les éditeurs d'ERP vont donc certainement commencer à nous vanter le Graal de l'ERP 2.0. Certains avec une guerre de retard, nous expliquant que leur ergonomie s'est rapprochée du  web avec des "widgets à la Facebook" et que maintenant ils sont disponibles en SaaS. Ces deux batailles, ergonomie et SaaS sont déjà perdues et ces fonctionnalités ne sont pas un plus mais une nécessité pour survivre. Pour mériter le terme d'ERP 2.0 il en faudra plus!
Il faut comme pour le Web 2.0 remettre l'individu au coeur de la solution et en faire sa solution qu'il va adopter et non à laquelle il doit s'adapter.


L'ERP 2.0 c'est celui saura capitaliser sur les fondamentaux de l'ERP, la base de données unique pour gérer l'ensemble des ressources de l'entreprise et qui saura :
  • ouvrir ses modes de collaboration pour intelligemment enrichir les processus avec l'appui de réseaux sociaux
  • accompagner la numérisation totale de tous les échanges de l'entreprise numérique
  • replacer l'individu au coeur de cette entreprise avec un poste de travail d'accès à l'ERP et à la collaboration
Voila la feuille de route d'une espèce qui me semble être amenée a survivre. Peut être sous la forme d'un grand oiseau, plus léger et plus adaptable que le quadrupède qui lui a servi d’ancêtre pendant 40ans et dont le squelette fera le bonheur des paléontologues de l'informatique dans les années qui viennent. Alors si vous le croisez, vous savez ce qui vous reste à faire.

vendredi 17 décembre 2010

Carrousel de prévisions 2011, attention au tournis!

Carrousel de prévisions 2011, attention au tournis!

C'est l'époque des prévisions. Elles tombent comme la neige sur la France et dans certaines DSI sont reçues avec les mêmes effets dévastateurs: manque de préparation, bouchons sur la route des budgets,... Mais rappelons nous le bon mot de Jacques Chirac "Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu'elles concernent l'avenir." (repris par Pierre Dac... ou l'inverse)

Les cabinets d'analystes comme Gartner ou IDC ont déjà tiré les premiers. Dès le mois d'Octobre ils nous prédisaient des technologies innovantes qu'il fallait absolument avoir dans ses plans moyen terme : Cloud, Réseaux sociaux...
Puis sont arrivés les "Zeitgeist" c'est à dire les hits parade de l'année 2010, censés aussi nous apprendre sur la trajectoire et par extrapolation (dangereuse parfois!) sur 2011:
  • celui de Google qui en a fait une application en ligne,
  • et une vidéo sur Youtube avec les faits marquants de l'année
  • celui de Twitter qui en a fait un site,
Enfin cette semaine ont commencé a arriver des prévisions plus ciblés, comme celle sur le Cloud par LMI, Le Monde Informatique, qui nous apprends que les affaires des fournisseurs de services Cloud vont exploser... puis imploser. Une année qui va être certainement riche en rebondissements!

Finalement a force de raconter tout et son contraire, saupoudré en messages de 140 caractères et multiplié par la puissance de Twitter, on a peu de chance de se tromper!
D'ailleurs un très bon professeur de Finances de l'université de Berkeley ou j'ai usé des fonds de pantalons, nous disait: vous pouvez tout prédire en respectant une seule règle, dites quoi, quand et qui, mais jamais les trois à la fois dans la même phrase. Ainsi je suis sûr qu'internet atteindra 3 milliards d'habitants et qu'une star-up renversera Google...

Bon c'est décidé, GreenSi va faire ses prévisions et mouiller sa chemise (qui va sécher vite dans ce désert). Des prévisions, oui mais des prévisions vues d'une DSI opérationnelle et loin des boules de cristal. Rendez-vous dans un an pour en parler... mais n'hésitez pas à laisser des commentaires avant quand même !

En 2011, les budgets SI vont encore rétrécir : ceux qui auront put montrer la capacité stratégique ou commerciale de leur SI verront au mieux un budget constant, les autres auront un budget plus réduit. La crise financière est annoncée comme terminée mais les investissements ne repartent pas. Les contacts entre DSI convergent tous vers ce constat peu glorieux, il faudra briller sans moyens financiers importants.

En 2011, le marketing du SI l'emportera sur la technologie : Comment innover et lancer de nouvelles choses dans ce contexte ? Pas facile. A minima se concentrer sur la simplification de la complexité du SI. Apple est passé par là avec ses concepts simples qui rendent nos constructions techniques encore plus complexes à appréhender. Aucun DG ne se préoccupe de savoir si le succès de l'iPad est liéé à l’existence des infrastructures Wifi et 3G arrivées à maturité. Ce qui compte pour lui, c'est quand il l'allume, ça marche de suite. Et comme il ne l'a jamais allumé au Sahara il n'a pas encore tout compris. Engagez en urgence une réflexion sur la marketing de la DSI et inspirez vous des démarches comme "Ocean Bleu" pour tout réinventer, car la technologie est devenue notre pire ennemie.

En 2011, les usages vont primer sur la technologie : l'iPad est une rupture, mais pas nécessairement technologique. Sa pérennité en entreprise à 3 ans n'est pas encore assurée. En revanche, la révolution des usages qu'il entraîne - tactile, les données que les données, ergonomie sans menus... - va durer et marquer durablement le SI. En ce qui concerne les réseaux sociaux et l'entreprise 2.0, le diagnostic est le même. Construisez vos communautés, y compris avec de la technologie jetable, c'est ce qui donnera un avantage concurrentiel à votre entreprise nettement plus durable que la technologie elle même qui sera dépassée en 3 ans. 

En 2011, les mastodontes vont encore plus grossir : Oracle annonce des profits records au 3em trimestre 2010, IBM cartonne dans plusieurs secteurs dont le collaboratif où beaucoup pensaient que la messe était dite avec Sharepoint, Microsoft lance Windows 7 avec 1 milliard de budget marketing, le Cloud repose sur des économies d'échelles que des Google et Amazon obtiennent plus facilement que de petits acteurs.. Ne nous y trompons pas, 2011 sera une année où les grands auront un avantage certain et les autres auront du mal a se faire entendre. Heureusement les gazelles savent éviter les éléphants.

En 2011, les gazelles vont innover : Ne cherchez pas l'innovation chez les mastodontes, mais la sécurité et le "mainstream". Pour les parties de votre SI qui pourraient bénéficier d'une certaine agilité, regardez les start-up car les délais de mise sur le marché de nouvelles technologies et de leur adoption sont très courts. Moins de 3 ans. Alors si vous voulez épouser un avantage concurrentiel, passez du temps avec les faire-parts de naissance, votre futur(e) marié(e) y est certainement et quand il(elle) aura 18 ans ce sera peut être trop tard car elle aura déjà de nombreux prétendants plus séduisants que vous.

En 2011, entre la gazelle et les mastodontes, les autres espèces vont s'entre-tuer pour survivre, surtout celles dont le modèle est menacé: éditeur client-serveur, intégrateur de progiciel, fabriquants qui n'auront pas épousé le modèle des services... L'industrie informatique a toujours marché au carburant de la fusion acquisition et 2011 ne manquera de nous le rappeler.

Enfin en 2011, Green SI sera encore là pour analyser les SI et l'industrie informatique. Enfin, j'espère! Ce n'est pas une prévision, mais un souhait profond d'inciter à la réflexion pour ne pas se perdre dans ce désert technologique. Je vous souhaite d'excellentes fêtes de fin d'année qui vous prépareront pour 2011.

samedi 4 décembre 2010

A l'assaut du monde numérique

A l'assaut du monde numérique

Le monde numérique se développe.
Pour le meilleur ou pour le pire et de façon très rapide, plus rapide que le remplacement des générations des hommes qui le construise.
Les plus de 500 millions de membres de Facebook a mi2010 sont un chiffre impressionant pour un seul réseau. Un réseau plus grand que la population des Etats Unis ou de l'Europe. Dont 100 millions sont aussi utilisateurs de Twitter et échanges 55 millions des tweets par jour. La croissance de twitter est actuellement de 300.000 personnes par jour, soit moins d'un mois pour ouvrir un compte a toute la population de la région parisienne !

Mais ce ne sont qu'une des mesures d'un univers numérique  en expansion encore plus immense où :
  • 2 milliards d'internautes ont une identité numérique, qu'ils en soient conscient ou non,
  • ils visionnent à peu près 2 milliards de videos sur Youtube chaque jour
  • le contenu du Web représente 5 millions de terabytes d'information
  • on y accède par 200 millions de noms de domaines dont un peu moins de la moitié en .com
Au coeur de ce monde numérique, des serveurs, des données, du contenu, et des algorithmes de plus en plus sophistiqués comme ceux de recherche de Google (qui n'indexe qu'une petite partie du contenu) qui cherchent maintenant à anticiper les récherches et "deviner" ce que l'on souhaite.

Après les textes, les livres, les films et les musiques, un monde numérique qui est train d'assimiler une nouvelle dimension, la voix humaine. Le moteur de recherche Qwiki, analyse le web et fait une synthèse vocale de notre recherche. Impressionant pour découvrir des personnes, des lieux ou des choses. Coté Google, acquisition cette semaine de la société Phonetik Arts, spécialiste de la synthèse vocale qui a dans ses cartons des synthétiseurs qui peuvent immiter (après apprentissage) la voix de quelqu'un. L'avenir nous réserve un web qui va nous parler et renforcera encore plus notre identité numérique.

Les collectivité locales, de leur coté sont au coeur des territoires. Elles vont créer dans ce nouveau monde les représentations numériques et parfois temps réel de leur territoire. Au départ la géographie avec des projets collaboratif comme OpenStreetMap, mais aussi toutes les données opérationnelles sur la faune, la flore en passant par les horaires des transports. C'est cette tendance de " l'open data" qui amène des villes comme Nantes, Rennes ou Brest et bientôt Paris, à ouvrir leurs données pour "exister" dans ce monde numérique et offrir à ses acteurs la capacité de valoriser leurs données en applications intelligentes. De son coté l'IGN leur offrira gratuitement l'accès à toutes ses données géographiques, une façon élégante de leur donner ce qui finalement aurait eu de moins en moins de valeur. On a beaucoup parlé de SecondLife en son temps, espace 3D privé où des avatars construisent un univers et y passe du temps à se rencontrer. Ne nous y trompons pas, le web deviendra un immense "second life" dans quelques années mais on y agira avec notre téléphone portable géolocalisé.

Et l'entreprise dans tout ça ?
Elle vient juste d'apprendre le web.
Certains etats majors considèrent encore ceci comme un divertissement pour leur fille de 15ans et encore très peu sont présents dans ce monde numérique. Les adeptes de la pensée stratégique de SunTzu auront pourtant en tête que "S'il s'agit de prendre une ville, hâtez-vous d'en faire le siège"Comment se lancer dans les réseaux et en tirer un bénéfice durable ?


Là où se joue maintenant la réputation des marques au delà de l'expérience produit. Mais pour cela l'entreprise doit réaliser qu'elle doit se transformer pour se donner la capacité d'être présente "nativement" dans ces réseaux et mobiliser ses employés et son système d'information :
  • De nouvelles plateformes, actuellement utilisées par les cellules de veille comme les systèmes de détection d'information, vont devenir des systèmes de production. Des systèmes opérationnels temps réel reliés aux systèmes commerciaux et systèmes après vente
  • Via un poste de travail collaboratif, les salariés vont mobiliser leur intelligence collective et engager directement la conversation sur les réseaux et représenter et y défendre les intérêts de leur entreprise
L'entreprise 2.0 est une dimension importante et accessible dès maintenant de cette entreprise numérique. Ce livre blanc ouvrage collectif rédigé par une vingtaine d'agitateurs, bloggeurs et d'experts chacun dans leur domaine (dont greensi), a pour objectif de demystifier la route à suivre et de mobiliser les états majors. Alors lisez-le, et distribuez le autour de vous, la survie de votre entreprise en dépend peut être...

Pour porter cette vision de nombreux auteurs ont participé et développé les thèmes suivants autour de l’entreprise 2.0, merci à eux de m’avoir fait confiance pour coordonner ce livre blanc:



Préface de Pascal Daloz
Formation par Claire Leblond


Positionnement dans le SI par Cécil Dijoux
Plateformes collaboratives par Arnaud Rayrole
ROI par Bertrand Duperrin
Conduite du changement par Frédéric Charles
Relations sociales par Vincent Berthelot
Gouvernance et management par Anthony Poncier
Veille par Aref Jdey
Gestion des connaisances par Christophe Deschamps
Storytelling par Camille Alloing
Social learning par Frédéric Domon
Innovation participative intégrée et responsable par Muriel Garcia
Communautés internes et RSE par Fabrice Poiraud-Lambert
BtoB par Alain Garnier
Personal Branding par Fadhila Brahimi
Génération Y par Julien Pouget
Marque employeur par Franck La Pinta
Social CRM par Mark Tamis
Médias sociaux par Emilie Ogez

vendredi 26 novembre 2010

L'intranet est mort, vive l'intranet!

L'intranet est mort, vive l'intranet!

La tendance d'évolution des intranets ces 5 dernières années est l'ajout de services pour rendre le salarié plus efficace, lui rendre service justement.

Sur le plan de la gouvernance, la Direction de la Communication a laissé droit au chapitre à d'autres Directions Fonctionnelles, dont la DSI pour l'intégration au poste de travail et aux applications, et la DRH pour les services pratiques de gestion des congés par exemple. Dans des entreprises en réseau, la Direction de la Communication s'est aussi organisée avec un réseau de correspondants locaux pour apporter une information plus locale, plus proche des salariés.


Ainsi la collaboration entre Directions s'est donc organisée pour rendre cohérente et enrichissante l'expérience utilisateur. Un utilisateur cependant encore cantonné à un rôle individueld'autres ont pensé pour lui son plaisir et son efficacité, sur un poste de travail vissé à son bureau.
Et pourtant ce même utilisateur rentré chez lui, est amené a produire du contenu lui même et non plus uniquement le lire (blogs, commentaires...), a activer son réseau pour échanger et s'informer (réseaux sociaux, fils d'information,...). D'ailleurs avant d'arriver chez lui, il avait déjà commencé cette recherche d'information via son téléphone portable ou smartphone. Paradox, non ?


Ne nous y trompons pas, l'intranet centré sur l'information et les services transactionnels unilatéraux ne se développera plus. Les salariés y prennent ce qu'ils doivent y prendre et puis c'est tout. D'ailleurs des responsables intranet vous confirmeront que le trafic sur leur intranet stagne. Il peuvent le monter un peu en accélérant la cadence d'information et en faisant des animations, mais cela retombe une fois l'opération "Saint Valentin" ou "Journée du Développement Durable" terminée.
Mon message aux DSI est donc d'être vigilant avec des projets de refonte d'intranet qui n'amèneraient pas une avancée par rapport aux nouvelles attentes des salariés. Investissement pour repeindre et relooker un local qui n'aura pas plus de valeur à la fin et dont un ROI nul. Car cette nouvelle attente est simple: je veux être au centre du nouvel intranet, et pas par procuration !


A coté de cet intranet traditionnel qui stagne, deux domaines se développent rapidement en terme de trafic, quand les entreprises cherchent à les mettre en place :
  • les réseaux sociaux,
  • la gestion documentaire collaborative (tags, wiki, ...)
Et bien c'est facile alors, il suffit d'ajouter sur ma plateforme intranet des fonctions de réseaux sociaux et de gestion documentaire. Ça tombe bien car mon éditeur me tanne pour changer de version et justement c'est ce qu'il a ajouté. En plus la Direction de la Communication trouverait bien de pouvoir commenter les news, ça va créer un super réseau social... Stop!


Une communauté partage le même intérêt du bien commun. De lire ensemble le même article peut nous rapprocher temporairement, mais ne sera certainement pas une communauté d'intérêts. Encore moins de pratiques.
Enfin la collaboration de demain se fera avec les clients et les partenaires. Quelle idée saugrenue de vouloir mettre les communautés et la gestion documentaire collaborative dans le cœur de l'INTRAnet, là où elle est inaccessible de l'extérieur a cause de la sécurité, et non dans un extranet.

Coté logiciel, l'ergonomie pour retrouver des documents et les partager est radicalement différente d'une ergonomie pour échanger, entrer en relation et échanger des idées. Les études sur les logiciels de collaboration faites par Useo montrent qu'il n'y a pas de logiciel leader sur tous les domaines et chacun a ses avantages et ses inconvénients.


Si vous devez refondre votre intranet, développez vos communautés ("des vrais") y compris avec des réseaux externes, développez votre gestion documentaire collaborative, y compris avec vos partenaires externes, puis unifiez et sécurisez le tout pour vos salariés avec votre intranet actuel. Utilisez pour cela des mécanismes simples de syndications comme les flux RSS simples ou sécurisés ou tout autre "liant" permettant un couplage faible.

Et ma page portail alors ? Et bien l'utilisateur choisira lui même son point d'accès privilégié en fonction de son métier et pourra depuis ce point (cette page), suivre ce qui se passe ailleurs, y compris sur les communautés et sites externes. L'intranet de demain sera ubiquitaire et moins centré sur un portail unique. Est-ce qu'on a tous la même page d'accueil pour aller sur Internet ? Alors pourquoi l'imposer en entreprise cela peut nuire a mon efficacité ?


Choisissez les logiciels leaders dans chaque domaine pour bénéficier de leur rythme d'innovation continu et ajoutez les à votre CMS (Content Management System) qui sert a votre intranet actuel, il fera bien encore l'affaire. Enfin, la création de contenu étant devenue décentralisée, elle sera accessible en mobilité comme la consultation des principaux contenus.

En résumé pour votre feuille de route gardez en tête que l'intranet de demain c'est 3 fonctions à l'ergonomie différentes (CMS, Doc2.0, RSE), unifiées par des flux RSS et avec la puissance de la Mobilité, que je résume en une formule qui plaira aux matheux j'espère :



vendredi 19 novembre 2010

Cloud privé: étape indispensable ou concept marketing ?

Cloud privé: étape indispensable ou concept marketing ?

Il ne se passe pas de semaine, comme me le faisait remarquer Bertrand Duperrin sur Twitter, sans que l'on ne parle ou annonce de nouvelles offres collaboratives en « Cloud privé ». Est-ce une tendance de fond, ou encore un concept marketing qui va nous amener "au bord Grand Canyon" sans autre possibilité d'évolution que le retour arrière ou la mort assurée de nos investissements (voir onglet Carte pour les nouveaux sur GreenSI) ?

Le Cloud computing, c'est la capacité à acheter ou mettre son informatique — logiciels, environnements, plateformes — « dans les nuages », traduire sur Internet accessible avec un navigateur, donc hors de l'entreprise et surtout derrière le sacrosaint « pare-feu». Celui qui a guidé nos démarches de sécurisation et de construction de nos infrastructures réseau, surtout depuis le développement du fameux Internet. Après tout l'entreprise physique à ses propres locaux avec son gardien au portail et ses hôtesses à l'accueil, pourquoi aller inventer un autre modèle pour l'entreprise numérique ?

Les avantages du Cloud computing sont principalement liés à la virtualisation (indépendance de la machine physique) et à la mutualisation :




  • L’abstraction sur la localisation (« les nuages »)
  • L’utilisation de ressources partagées et d’architectures « multitenant » (colocatives)
  • L’élasticité des ressources pour s'adapter aux besoins
  • Ce qui permet le paiement à la demande et le passage de coûts fixes en coûts variables
  • Et tout ceci résulte généralement en un meilleur « time to market»

  • Il y a bien sûr des inconvénients, du moins des points de vigilance, dans ce monde qui se décrit presque parfait. Je citerais :
    Le Cloud privé c'est la capacité pour une entreprise, a mettre en place "en interne" sur une infrastructure a construire, les offres normalement disponibles en Cloud computing. Les éditeurs qui peinent à faire basculer certaines entreprises dans le Cloud, utilisent cet argumentaire en fin de réunion dans un style très fast-food, et vous demandent si c'est pour consommer sur place (Cloud) ou emporter (Cloud privé).



  • Le prestataire et son infrastructure dont on dépend (contrats, SLA)
  • La réversibilité de cette décision, sujet que l'on connait bien avec la vague précédente d'outsourcing dans les DSI 
  • Les coûts sur le long terme, car il y a un acteur de plus à nourrir
  • Et enfin la sécurité, notamment des données sensibles

  •  
    Franchement, à première vue, c'est faire ce que l'entreprise fait depuis toujours c'est-à-dire réinstaller son gardien et ses hôtesses à l'accueil du SI et assurer les investissements et les coûts fixes.
    Certains trouveront que Cloud privé est un néologisme. On n’a rien inventé, au contraire on a peut être détruit de la valeur car les économies d'échelles "tout seul" ne sont accessibles qu'au très grandes entreprises. Cela sent donc l'impasse a plein nez par rapport au Cloud computing industriel a destination des entreprises.
     
    Cependant en y regardant à deux fois on peut quand même trouver des bénéfices au Cloud privé :
    • La sécurité : une des règles en la matière est d'en maîtriser toute la chaine et il est vrai que l'insertion d'un prestataire qui a lui même ses sous-traitants dans la chaîne, n'est pas le moyen le plus direct pour y arriver. Pour des entreprises soumises aux règles « SOX», cela reviendrait à demander aux prestataires de se conformer aux contrôles prévus par les règles internes ou à brandir un niveau de certification comme SAS70 réservé aux meilleurs. Le Cloud privé permet de remettre sous contrôle cette dimension uniquement prévue dans les contrats avec le Cloud computing (et encore les meilleurs).
    • La localisation: les nuages c'est bien, mais pour remplir une déclaration qui demande la localisation des données personnelles ou bancaires, voire qui peut impacter la juridiction en cas de recours, de la maîtriser c'est mieux. Le Cloud privé permet de maitriser la localisation des données.
    • La conduite des changements: à supposer que le Cloud soit LE modèle informatique d'avenir, on ne va faire évoluer les mentalités du jour au lendemain. Cetaines entreprise ont aussi investi dans de l'infrastructure qui n'est pas encore amortie et que l'on ne va pas arrêter.
      Le Cloud privé permet donc aux DSI (et aussi aux intégrateurs) de « se faire la main» sur le chemin du Graal et de rendre progressive une bascule d'infrastructure.
      De plus toutes les offres annoncées en Cloud, ne sont pas encore professionnelles en terme de qualité de service, certaines n'étant d’ailleurs que du simple hébergement dédié sur serveur mutualisé dans le meilleur des cas (exemple comme beaucoup d'autres, One2team qui annonce du collaboratif en SaaS sur sa page d'accueil et offre en réalité un serveur dédié avec un paramétrage par ses équipes à la limite du développement spécifique). Dans le cas d'une "mauvaise offre Cloud" le Cloud privé devient clairement une alternative incontournable surtout en terme de sécurité, de connexion aux annuaires et de contrôle des accès.
    Donc le Cloud privé est finalement une première étape qui peut donner du temps au temps, pour que l'écosystème du Cloud computing se mette en place, et ce faisant en accélérant son développement. Après tout, Amazon a bien construit son offre "PaaS" (plateforme as a service) en mettant a disposition la surcapacité de ses propres datacenters et donc a commencé a construire un Cloud privé avant de revendre...

    Mais attention de bien construire votre Cloud privé en pensant a vos clients, fournisseurs et partenaires qui utilisent votre SI, donc sans trop l'enfouir dans une infrastructure fermée, car votre Cloud privé est le SI de votre entreprise numérique. La tendance étant a l'augmentation des liens et relations électroniques avec tous ces partenaires, comme pour le "social CRM" qui va demander une intégration temps réel avec les réseaux sociaux par exemple.

    22/11/2010 - COMPLEMENT - Baromètre IDC sur la perception du Cloud computing en entreprises. Il donne une pondération assez en phase avec les idées (vécues en DSI) développées dans ce post

    Télécharger le Second baromètre IDC

    jeudi 11 novembre 2010

    OpenData, tendance de fond pour les SI des collectivités ?

    OpenData, tendance de fond pour les SI des collectivités ?

    Ce qui émerge comme une tendance forte pour les SI gouvernementaux et des collectivités locales est l’Open Data. Un « forum européen sur l'open data» se tiendra d'ailleurs en France à Rennes, ville pionnière pour l'initiation de ce mouvement, le 29 novembre (plaquette). Mais Bordeaux, Montpellier et Paris pour ne citer qu'elles ont aussi des projets, démontrant le dynamisme de la France sur ce sujet suite à la politique européenne datant de 2005.

    Mais de quoi parle-t-on ? L'open data est le terme utilisé quand l’Etat à la volonté d’ouvrir au public les données de l’administration ; et de passer d’une logique où le gouvernement protège ses données à une logique de diffusion massive. Ce mouvement a été initié dans des pays anglo-saxons : Australie, États-Unis (http://www.data.gov/), et Royaume Unis quand James Cameron a ouvert un portail après son élection (http://data.gov.uk/).
    Le site de Rennes Metropole étant : http://www.data.rennes-metropole.fr/
    Ces portails permettent d'accéder à des milliers de données publiques sous diverses formes, du simple pdf ou tableur en passant par des services (c'est la cible) intégrables dans d'autres SI par le biais d'API. Et dans ce cas là accès à des données temps réels!

    Car l'enjeu pour la collectivité ou l'Etat est de créer de la valeur, et pour cela trouver ceux qui sont mieux placés pour le faire et les inciter à développer cette valeur (parfois avec un appel a projet ou un concours). Généralement on pense à des start-ups qui vont développer des services innovants qu'ils sauront valoriser:
    • les données des stations de vélo Star de Rennes, exploitées par d'autres pour faire des applications de réalité virtuelle 

    • les données des transports en commun
    • les données géolocalisées de la ville, utilisée par l'application "Vivre à Rennes" sur iPhone
    • ...
    Une normalisation des interfaces de programmation est en cours c'est l'Open311. Le déploiement de capteurs dans la ville par les différents opérateurs (pollution, circulation, énergie, eau...) multiplie de façon exponentielle les données qui peuvent être partagées en temps réel.Aujourd'hui on en est encore au stade des premiers projets. Le modèle économique de l'ensemble n'est pas encore démontré une fois passé les premières subventions et récompenses de projets. L'émergence d'une nouvelle citoyenneté demandant plus de services citoyens est certes mise en avant, mais l'Internet a montré que les services payants étaient difficiles à vendre.

    D'autre part, tout en appréciant les efforts de l'Administration pour se moderniser, comme la mise en oeuvre de service-public.fr par exemple, l'État français est rarement le plus rapide à déployer les nouvelles technologies. La période électorale qui démarre n'est pas non plus propice à de grands projets sur le plan national.

    Les collectivités locales seront donc certainement plus dynamiques que l'État, mais je pense que seules les grandes villes auront les moyens matériels et financiers pour s'engouffrer dans cette voie. C'est pourquoi sur la période 2011-2015 je parlerai plus d'une tendance « Open City Data" qui ne concernera certainement pas plus de 10-15 villes (en tant que citoyen je ne demande qu'a me tromper, mais je ne me fais pas trop d'illusions !)

    Enfin en d'ici 2015 la majorité de l'internet se consommera via des terminaux mobiles, téléphones et autres terminaux connectés. "Vivre sa mobilité" sera donc certainement un axe majeur de développement des services puisant les données dans les réservoirs de l'open data local. Encore une raison qui milite pour les collectivités locales par rapport aux grandes administrations.

    Cette tendance va demander aux systèmes d'information de ces grandes collectivités de s'ouvrir, de traiter des millions de données et d'aborder le temps réel. Mais c'est une rare occasion de structurer leurs systèmes "de production" souvent éclipsés par les systèmes de gestion. Pour cela elles pourront s'inspirer des SI d'entreprises déjà habituées à traiter l'information comme un flux et à gérer l'ensemble de ces sources en réseaux. Car si le SI d'une grande collectivité se met à "cahoter", ce sera tout l'écosystème qui aura été créé qui ne sera plus irrigué.

    Donc finalement pour y aller, je pense qu'il faut effectivement une vraie volonté politique, car une fois la démarche engagée il sera difficile de revenir en arrière.


    Des liens vers les premières bases : 
    • http://www.data-publica.com/
    • http://www.nosdonnees.fr/

    vendredi 5 novembre 2010

    iPad, objets de rupture dont devraient se soucier les DSI

    iPad, objets de rupture dont devraient se soucier les DSI

    A deux jours du Symposium Gartner a Cannes, de nombreuses discussions se déroulent sur les réseaux sociaux pour parler du rôle de perturbateur de l'iPad, alors que le cabinet d'analystes se prépare a conseiller aux DG de s'y intéresser maintenant... même contre l'avis de son DSI!


    Gartner recommande en effet que son potentiel soit évalué sérieusement et qu'il ne soit pas relégué au rang de "dernier des gadgets à la mode" par les filières technologiques de l'entreprise. 


    Pour Greensi, l'iPad d'Apple et son écosystème, sont clairement des éléments de ruptures et avaient déjà fait l'objet d'un post en Aout (iPad strategy, pourquoi les si des entreprises sont concernés). Au delà de la machine, l'iPad est le révélateur de la révolution des interfaces d'accès au système d'information: le tactile, la 3D, la réalité augmentée, et la communication machine à machine (M2M) 


    Mais cette rupture sera très profonde dans l'entreprise et touchera bien sûr le marketing et la R&D, qui devraient chercher à comprendre les implications du développement de cet "ovni" et de ses concurrents (RIM, Samsung, Dell, HP...), sur le business modèle de l'entreprise, sur les opportunités offertes la possibilité d'être les premiers de leur industrie à en exploiter une caractéristique.


    L'iPad n'est pas un remplaçant des portables, même si il est maintenant avéré que son arrivée a fait chuter les ventes des notebook puis maintenant des portables. C'est d'ailleurs une menaces sur l'empire Windows, prise certainement très au sérieux par Microsoft.



    L'iPad est un dispositif complémentaire adapté a des environnements et des situations où la technologie doit se faire petite, voire être esthétique (banque d'affaire, avocats, ventes, magazines haut de gamme, hôtels, classe affaire, ...). L'enquête sur ses usages publiée par Fullsix, montre une utilisation en France de 2h par jour 
    en 10 fois. Un temps pris essentiellement sur l’ordinateur, la presse papier et la télévision.


    Et si vous doutez encore de l'effet imprévisible de l'iPad, que pensez vous des sociétés de marketing aux Etats Unis qui ont utilisé des iPad dès cet été, pour des enquêtes dans la rue, et qui ont multiplié le taux de personnes répondant grâce à l'attrait de la machine...

    Les DSI doivent donc s'en préoccuper pour comprendre cette révolution, et sans jeu de mot, pour la toucher du doigt.



    Pour cela plusieurs approches peuvent être retenues allant de quelques utilisateurs pilotes, a la mise à disposition de certaines applications, pour les agents ou les clients, sur cette plateforme. On peut même imaginer des salariés sont prêt a payer leur iPad eux même pour avoir le droit de l'utiliser en entreprise!
    A l'image des iPhones personnels complémentaires aux téléphones fournis pas l'entreprise qui se rencontrent de plus en plus (nb: un iPad Wifi sans abonnement coûte beaucoup moins cher qu'un iPhone souscrit sur 2ans)

    Gartner conseille aux PDG d'agir plus tôt, que tard. Alors au DSI de saisir la balle au bon. C'est d'ailleurs l'époque des budgets 2011. Je pense que celui-ci ne sera pas ensuite coupé par votre DG!

    samedi 30 octobre 2010

    Le télétravail est en train de pousser le poste de travail de demain dans les nuages

    Le télétravail est en train de pousser le poste de travail de demain dans les nuages

    Qu'il soit officiel et négocié par les RH avec les instances représentatives du personnel, interdit, mais toléré, caché ou un sujet toujours tabou, le télétravail existe sous une forme ou sous une autre dans les entreprises et ne peut pas être ignoré par les Directeurs des Systèmes d'Information.

    La fin cette semaine (on espère) d'une période de grèves perlées dans un contexte urbain où la distance habitation - travail augmente, couplée à une préoccupation environnementale plus forte, un coût des déplacements supportés par les salariés en hausse, met en lumière un certain archaïsme de nos entreprises : une entreprise est (déf. Wikipedia) une structure économique et sociale qui regroupe des moyens humains, matériels, immatériels (service) et financiers...
    Pourquoi à l'heure des réseaux, le groupement et la combinaison des moyens humains seraient forcément physiques ?
    Et quand on parle de réseaux, l'entreprise étendue ou l'entreprise 2.0, s'appuient aussi sur des réseaux externes, qui peuvent être aussi efficaces que les réseaux internes, sans être localisés dans une même tour d'un quartier d'affaires.

    La tendance générale que l'on entrevoie est donc une forme d'organisation plus souple permettant de "prendre possession" de son poste de travail le matin et de le rendre le soir, ou du moins de ne plus travailler avec, car une autre tendance est la limite mouvante entre travail et vie privée.
    Pour une entreprise comptant un effectif important de travailleurs équipés d'un ordinateur, cela veut dire qu'il faut que la DSI prépare dès maintenant son infrastructure à ce Nouveau Monde.

    Les "grandes" savent déjà cela et ont investi des millions dans les téléconférences, téléprésence et autres Webex. Mais le tissu économique est formé de petites et moyennes entreprises. Et ces systèmes leurs sont  inabordables. Et dans les "grandes" les investissements ne touchent pas toujours tous les salariés.

    Ces derniers mois je note plusieurs initiatives qui montre que certains ont compris cette tendance, entres autres:
    • les hôtels Pullman, communiquent sur des salles de conférences équipées de visioconférence a louer a coté de son entreprise pour éviter des équipements lourds et payer à l'usage,
    • Cisco est en train de pousser une version simplifiée de son célèbre Webex qui est test auprès de béta testeurs dont je fais parti,
    • des startups comme Quickprez.com surfent sur cette vague et ont des offres simplicissimes, mais redoutablement efficaces, je vous laisse regarder la video de 3mn ci-dessous
    Je pense ces offres simplissimes sont la préfiguration du poste de travail de demain à laquelle il faudra ajouter la dimension sociale. Un poste de travail dans les nuages (in the Cloud), privés ou publics, qui me permet le partage des ressources, et la collaboration productive et efficace avec les autres "moyens" regroupés par l'entreprise.



    Alors prêt a faire comme il y a 10ans et à basculer en 2012 sur Office 2010 déployé en client lourd? Réflechissez-y a deux fois peut être avant . Même Microsoft offre une version du poste de travail en ligne à laquelle les moyens de communication ne peuvent qu'arriver, sans parler de IBM Lotus et de son projet Concord pour 2011, Cisco déjà cité et de Google qui devient de plus en plus matûre.

    C'est peut être le meilleur moyen d'être prêt quand votre entreprise aura fini de statuer sur sa forme d'organisation en 2015

    lundi 25 octobre 2010

    Rien n'est éternel: la dématérialisation tue le Walkman

    Rien n'est éternel: la dématérialisation tue le Walkman

    Après 30 années passées dans nos poches, Sony a décidé d’arrêter la production des Walkman. Les premiers Walkman ont été commercialisés en 1979 et en bon ados il restera pour moi l’objet qui a lancé la "mobilité musicale" (any music, any time, anywhere) et changé la vie de millions de personnes à travers le monde.

    Mais toutes les bonnes choses ont un fin et après 220 millions de Walkman vendus (plus ceux des concurrents), l’iPod d'Apple, a pris la relève. Comme le Walkman devenu un terme générique pour désigner un baladeur K7, l’iPod est (presque) devenu le terme générique pour le baladeur de la génération Y.

    Ceci pour nous rappeler la force de la dématérialisation que nous abordons comme un facteur de rupture dans GreenSI. Que ce soit les documents, les échanges, les réseaux; avec les clients, les fournisseurs, les partenaires; la dématérialisation est une force tranquille qui bascule processus par processus nos SI sur les plateformes de l'entreprise numérique. Une entreprise qui sait s'étendre et entrer en relations numériques avec les autres entreprises de son secteur et son eco-system. Et quand ses réseaux se développent en interne elle arrive aussi a agir sur les réseaux externes où se trouvent ses clients avec l'entreprise 2.0 qui est un stade plus avancé de l'entreprise numérique.

    Alors si vous êtes à la recherche d'idées d'évolutions, commencez par regarder ce qui n'est pas encore dématérialisé autour de vous...

    vendredi 22 octobre 2010

    Symposium Gartner à Orlando: les 10 technologies stratégiques pour 2011

    Symposium Gartner à Orlando: les 10 technologies stratégiques pour 2011

    Le Symposium / ITxpo, qui s'est déroulé du 17 au 21 Octobre, à Orlando, a ét l'occasion pour Gartner de présenter les technologies stratégiques pour 2011, juste à temps pour vérifier dans nos plans et budgets que nous avons bien prévu au moins tester en pilote.

    Ces technologies stratégiques sont définis comme ayant un potentiel d'impact significatif sur l'entreprise au cours des trois prochaines années. Elles risquent d'avoir aussi des répercussions importantes sur l'informatique et d'être parfois en rupture par rapport aux tendances d'investissements des années précédentes et les DSI doivent à minima se préparer à répondre aux questions des Directions Générales sur lesquelles nous reviendrons une autre fois.

    Qu'est ce qui est mis en avant cette année ? Et bien pour les lecteurs réguliers de ce blog il n'y aura pas de grand scoop sur les 7 premières tendances qui ont fait l'objet d'une analyse. McKinsey avait d'ailleurs déjà bien posé le sujet cette été avec l'angle de vue des DG (Tendances de fond qui balayent les SI des entreprises), obligeant Gartner a répondre dans un dialogue fort interessant qui s'est passé sur Facebook!

    Je vous les livre donc en anglais pour ne pas dénaturer les mots proposés par Gartner:
    1. Cloud Computing
    2. Mobile applications and medias tablets
    3. Social communications and collaboration
    4. Video
    5. Next Generation Analytics
    6. Social Analytics social
    7. Context-Aware computing
    8. Storage Class Memory
    9. Ubiquitous Computing
    10. Fabric-Based Infrastructure and Computers
    Cloud Computing. Les trois prochaines années verront le développemment de services dans des Cloud publics ou privés, et leur adoption par toutes les entreprises.

    Mobile applications and medias tablets. Gartner estime que d'ici la fin de 2010, 1,2 milliard de personnes auront des terminaux permettant une nouvelle expérience mobile, ce qui constituera un environnement idéal pour la convergence de la mobilité et du Web. La qualité de l'expérience des applications de ces terminaux, géolocalisés, sensible au mouvement, à l'orientation, en fera un outil privilégié d'interaction avec l'entreprise.
    Sujet développé dans Green SI dans iPad Strategy : pourquoi les SI des entreprises sont concernés

    Social communications and collaboration. Les médias sociaux peuvent être divisés en:
    1. Les réseaux sociaux construits autour de profils, tels que MySpace, Facebook, LinkedIn et Friendster ainsi que l'analyse de réseaux sociaux (SNA) qui emploient des technologies algorithmes pour comprendre et utiliser les relations humaines pour la découverte de personnes et d'expertise.
    2. La collaboration sociale construite autour de technologies de collaboration, comme les wikis, blogs, messagerie instantanée, le bureau, et le crowdsourcing.
    3. La publication social construite autour de technologies qui aident les communautés à mettre en commun le contenu des individus et le rendre accessible à tous avec des sites comme YouTube et Flickr.
    4. Les avis de consommateurs construits sur des technologies de gestion et d'analyse de commentaires
    Gartner prédit que d'ici 2016, ces technologies sociales seront intégrées à la plupart des applications d'entreprise et elles devront coordonner leur CRM social avec les communications internes et la collaboration. Sujet bien développés dans Green SI (Le challenge de l'intégration du social CRM, Un CRM de moins en moins social)

    Video. La vidéo n'est pas une nouvelle forme de média, mais son utilisation comme un type de support standard utilisé dans les entreprises (hors secteur des médias) est en pleine expansion. Au cours des trois prochaines années Gartner estime que la vidéo va devenir un type de contenu commun et le modèle d'interaction pour la plupart des utilisateurs, et d'ici 2013, plus de 25 pour cent du contenu que les travailleurs voient dans une journée sera dominée par des images, vidéo ou audio.

    Next Generation Analytics. L'augmentation de capacités de calcul des ordinateurs, y compris les appareils mobiles ainsi que l'amélioration de la connectivité permettent un changement dans la façon dont les entreprises appuient les décisions opérationnelles. Il devient possible d'effectuer des simulations ou des modèles pour prédire les résultats futurs, plutôt que de simplement fournir des données rétrospectives sur les interactions passées. Le temps des prévisions en temps réel est venu pour soutenir chaque action individuelle en situation opérationnel.

    Social Analytics. L'analyse sociale décrit le processus de mesure, d'analyse et d'interpréatation des résultats des interactions et des associations entre les personnes, les sujets et les idées: analyse du réseau social interne, analyse des sentiments, des médias, des médias sociaux...

    Context-Aware Computing. L'utilisateur final peut être un client, entreprise partenaire ou employé. Un système "contextuellement conscient" anticipe les besoins de l'utilisateur et sert de façon proactive le contenu le plus approprié et personnalisé, un produit ou un service. Gartner prédit que d'ici 2013, plus de la moitié des sociétés Fortune 500 aura des initiatives informatiques sensibles au contexte et en 2016, un tiers du marketing auprès des consommateurs à travers le monde mobile sera basée sur la connaissance.

    Storage Class Memory. Gartner voit utilisation massive de la mémoire flash dans les appareils grand public, de matériel de divertissement et d'autres systèmes embarqués IT. Les avantages sont le gain d'espace, de chaleur, de rendement et de robustesse. Contrairement à la RAM, la mémoire principale dans les serveurs et les PC, la mémoire flash est persistante, même lorsque l'alimentation est coupée.
    Ubiquitous Computing. Les travaux de Mark Weiser et d'autres chercheurs au PARC de Xerox donnent une idée de ce que sera l'informatique avec des ordinateurs "invisibles" car intégrées dans l'espace et les objets. Les ordinateurs se multiplient et les objets du quotidien ont la capacité de communiquer avec les étiquettes RFID, les réseaux les mettent en relation et permettent d'imaginer de nouvelle architectures réparties plus adaptables que les logique centralisées.

    Fabric-Based Infrastructure and Computers. Un ordinateur à infrastructure à base de tissus est une forme modulaire d'informatique où un système peut être construit par assmeblage de modules distincts reliés par un tissu sous tension.

    Interview de David Cearley qui fait son pitch pour sa conférence:

    vendredi 15 octobre 2010

    Le point sur la maturité des réseaux sociaux en entreprise (RSE)

    Le point sur la maturité des réseaux sociaux en entreprise (RSE)

    Il y a toujours une forte effervescence dans les réseaux sociaux d'entreprise. Pourtant le "pic des attentes peu réalistes" est atteint en 2010 (en référence à la célèbre courbe hype cycle du Gartner) et nous allons descendre "la pente des désillusions" avant d'avoir l'illumination des usages les plus productifs!
    Un cycle assez immuable qui se déroule plus ou moins vite selon les différentes technologies, mais qui passe par toutes les étapes. La vitesse de parcours du cycle différencie les technologies et les réseaux sociaux ont une progression rapide.

    J'ai rencontré deux types de désillusions dans mes échanges avec d'autres entreprises concernant l'echec de la mise en oeuvre des réseaux sociaux au sein des systèmes d'information ces derniers mois.


    La première cause rencontrée c'est celle de "la mayonnaise qui n'a jamais pris", une fois l'engouement des premières expériences passé. L'adoption est freinée fortement par la mise en avant de risques démesurés alors que ni les usages, ni la dynamique de croissancen, ne sont encore là.
    En d'autres termes il vaut mieux laisser se développer le trafic puis réguler, par exemple avec une Charte plus contraignante pour éviter des "débordements", que d'essayer d'imposer une Charte avant même que les salariés aient compris à quoi cela sert et n'aient trouvé eux-mêmes dans leurs usages quotidiens ce qu'un réseau social d'entreprise peut leur apporter.
    Une image que j'aime bien donner est celle de la téléphonie mobile. Est-ce qu'elle se serait développée dans les années 90 si la question de l'impact des antennes et des ondes sur la santé était le sujet principal de communication. Certainement pas. Tout le monde aurait hésité à acheter un tel équipement sans avoir encore compris en quoi la téléphonie mobile changeait les communications. A chaque stade d'évolution d'une technologie (et de bénéfices engendrés) on est prêt à accepter un niveau de risque plus important. Mais cela doit être progressif. On imagine toujours le pire en terme de risque et jamais l'extrême en terme de bénéfices dommage.

    La seconde cause de désillusion est celle de "la tour de Babel". Pour de très bonnes raisons, prises séparément, l'entreprise a construit des silos de collaboration: choix d'outils multiples, communautés trop collées sur l'organisation, culture de la compétition entre services trop fortes...
    La valeur d'un réseau étant proportionnel au carré de son nombre de participants (Loi de metcalf) le résultat pour l'entreprise globale est loin d'être à la hauteur des ambitions qu'elle aurait pu avoir.

    Une fois ces causes de désillusions évitées, les entreprises atteignent les usages qui ressortent sont pourtant très attractifs et en rupture par rapport aux démarches actuelles:

    • le RSE pour mettre en réseau les salariés et leur intelligence collective, c'est-à-dire la capacité à gérer des processus de traitement de l'information de façon beaucoup plus efficace, avec un grand nombre de salariés, comme la veille concurrentielle, la gestion des idées, le maintien ou l'élaboration de standards...
    • le RSE pour mettre en réseau les clients ou partenaires et bénéficier de leur intelligence collective pour générer des idées, tester des produits et ou fidéliser. De toutes les façons, avec ou sans l'entreprise, les clients particuliers sont en train de créer ces réseaux qui influencent fortement leurs opinions et leurs achats. C'est le domaine des Facebook et autres Viadeo pour la France, mais aussi des modèles CRM complètement organisés autour de communautés comme ventesprivés.com qui en 10ans arrive a générer 800Millions de ventes, respect!Le "social CRM" est engagé et l'entreprise ne peut que s'adapter et adapter ses systèmes
    • le dernier usage qui va apparaître est bien sûr le lien entre les deux précédents: c'est à dire la capacité pour les salariés de pouvoir suivre dans leur réseau social interne les conversations de réseaux externes de clients, en discuter entre eux et mobiliser l'intelligence collective interne, pour ensuite agir directement dans ces réseaux externes. Facile a imaginer et moins à mettre en place. Pourtant, l'entreprise n'a pas le choix, elle ne pourra sous-traiter éternellement son suivi des réseaux à des agences de communication et de communication. Elle va devoir former ses salariés pour qu'ils soient aussi à l'aise en interne, qu'en externe quand il s'agit d'engager des conversations, de fidéliser ou générer des ventes. Les "community managers" sont déjà dans l'entreprise mais ils ne savent pas encore qu'ils le sont parce qu'on ne leur a pas encore donné les moyens de développer cette compétence.
    Pour les entreprises qui se lancent en ce moment, vous avez la chance d'avoir le retour de ceux qui ont éclairé la voie, alors pensez au plateau de la productivité pour mobiliser votre Direction Générale sur le long terme et gardez le cap à court terme pour éviter les causes des premières désilusions.

    vendredi 1 octobre 2010

    Le secret de ceux qui survivront? une architecture orientée web

    Le secret de ceux qui survivront? une architecture orientée web


    MISE A JOUR: 1er Nov 2010
    L'annonce à la conférence des développeurs (PDC) par Microsoft "Our strategy with Silverlight has shifted" remet sur le devant de la scène HTML5 supporté par IE9 et laisse de coté Silverlight, dailleurs peu abordé lors de cette conférence. Certains parlent d'abandon...

    NB: position rectificative de MS http://team.silverlight.net/announcement/pdc-and-silverlight/

    En tout cas pour les entreprises c'est peut être une bonne nouvelle qui va remettre l'architecture au coeur des développements et repositionner les navigateurs et HTML5 comme le moyen de développer les interfaces des applications qui exposent des services. C'est ce que développe cet article posté il y a quelques semaines.

    ARTICLE ORIGINAL
    J'ai assisté cette semaine à une conférence passionnante de H. Guergachi (Zenexity) sur les « architectures modernes " des systèmes d'information d'entreprise. Sceptique au départ en me demandant quel nouveau concept en 3 lettres on allait bien inventer pour reconstruire une fois de plus le monde, j'avoue qu'au final la démonstration m'a bien plus par sa simplicité et par l'écart énorme entre ce monde et celui de nos systèmes d'information. Mais au bout du compte n'est-ce pas la terre fertile à la fin de ce désert que nous traversons qui se profile ? Green SI ne pouvait pas ne pas y prêter un peu d'attention !
    Tout commence avec la conjecture de Brewer présentée en 2000 à L'Université de Berkeley et 3 lettres (d'où mes craintes initiales) CAP: Consistency, Availability et Partition tolerance
    La conjecture énoncée puis démontrée deux ans plus tard dit que vous ne pouvez garantir que deux des trois, a vous de choisir lesquels (pour en savoir plus consultez le blog de Julian Browne que je trouve très clair).
    Donc si l'on veut a tout pris a l'intégrité (C), des données par exemple, on devra renoncer a la disponibilité (A) de l'application ou a sa capacité a être partionnée (P). Or ces deux dernières propriétés sont la recette des systèmes d'information qui gèrent des millions de clients comme Amazon, ebay, Google ou Twitter. Il faut donc les conserver et arriver à la conclusion qui fait frémir tous les architectes de la salle : nos systèmes d'information doivent renoncer à garantir l'intégrité !
    Sinon, ils ne pourront pas devenir les SI mondiaux de taille à concurrencer les services toujours plus innovants et à large échelle lancée par ceux qui savent construire ces architectures modernes. Effrayant constat à la limite de l'incompétence pour nos DSI.
    Les autres secrets de ces champions que les grands comptes n'arrivent pas à égaler sont le couplage faible entre services "stateless" (qui ne conservent pas d'état et peuvent être réactivés en permanence), la mise en place d'usine à logiciel hyper structurées et documentées et le contrôle complet de l'analyse d'impact.
    L'enjeu majeur porte donc sur l'architecture fonctionnelle et la capacité à gérer et découper tous les besoins en services, construits pour nos clients - pas nos utilisateurs - et donc construits sur, ou pour, le web. Nos utilisateurs sont des clients avec un profil spécifique. Pour H.Guergachi , la seule architecture, l'ultime architecture, c'est l'internet. Tout est distribué dans un modèle distributeur-producteur avec le partinionnement comme élément clef de la disponibilité.
    Dans ce monde tout logiciel acheté est "étêté" (comprendre sans IHM) et la DSI doit contrôler toutes les IHM qui se construisent pour le système d'exploitation de demain: le brower!
    La sortie d'un IE9 totalement compatible HTML5 est d'ailleurs un signe de rupture pour Microsoft (qui ose l'incompatible avec IE8 pour rejoindre les Chrome, Firefox et autre Opera) allant dans cette reconnaissance du navigateur seul interface avec les services applicatifs.

    De même, tous les référentiels doivent être libérés des progiciels et contrôlés par les équipes informatiques de l'entreprise puisqu'ils sont au coeur des services fondamentaux et doivent être accessibles à tous.
    Enfin, méfions-nous des intégrateurs et ne leur laissons prendre aucune décision d'architecture.

    Bien sûr ce monde ne s'atteint pas en un seul jour, mais de définir et d'afficher sa cible permet de mobiliser toute la DSI dans ce sens et de se poser la question chaque jour de ce que l'on a fait pour s'en rapprocher.

    Par où commencer? Deux projets essentiels à engager dès demain:
    • rénover l'existant pour qu'il soit totalement interopérable avec le web
    • être sur d'avoir une conception et une implémentation nativement interopérable avec le web pour toute nouvelle application
    Les slides de la conférence: