lundi 26 décembre 2011

En 2012 pourra t-on résister à l'open data? le cas de la RATP

En 2012 pourra t-on résister à l'open data? le cas de la RATP

Le partage de données publiques dans des formats ouverts (open data) a pour objectif de "libérer" les données récoltées ou produites, par les autorités publiques, et de les "rendre", si possible gratuitement, à la société, ses citoyens, associations, entreprises privées et administrations publiques.
Après tout ce sont bien nos impôts qui payent tout ou partie de la collecte de ces données pour permettre aux administrations de faire leur travail. Alors pourquoi ne pas les recycler et laisser d'autres avoir de nouvelles idées pour les valoriser.
Au sein des villes, ce sujet a été particulièrement présent en 2011 et devrait se poursuivre en 2012 (Entre le web et les territoires les données circulent en masse).

Mais ne croyons pas que l'open data ne concerne que les administrations et les villes . Les entreprises sont ou seront aussi touchées. En premier lieu celles a qui une autorité a délégué un service public comme le transport. Et c'est la mésaventure qui est arrivée à la RATP en 2011 de ne pas avoir détectée cette tendance de montée de l'opendata.

Retour sur les faits qui illustrent la prise de conscience de l'opendata au travers de l'exemple de la RATP:
  • Eté 2011: lancée en 2010, une application iPhone, CheckMyMetro, fait du métro son terrain de jeu en cherchant a mettre en relation ses usagers autour de l'activité des principales lignes. Un "Foursquare" à la parisienne très vite utilisé par les mobinautes pour signaler les contrôleurs dans les wagons avec leur téléphone portable!
    Et aussi une application gratuite qui tombe mal au moment où la RATP a décidé de commercialiser ses informations...
  • Réponse immédiate de RATP: l'utilisation du plan de métro et de ses horaires est une violation de la propriété intellectuelle de la Régie Autonome des Transports Parisiens. Et de se mettre en retrait derrière le STIF (syndicat des transport d'Ile de France) en tant que simple opérateur (EPIC) a qui on a confié un service. C'est au STIF de trancher sur l'utilisation des données...
    On notera que l'estocade de notre Régie Parisienne était latérale et n'attaquait pas uniquement le fond mais visait aussi a reprendre la main sur son territoire représenté par la carte du métro.
  • Juillet 2011: devant une certaine agitation des réseaux sociaux la RATP met fin au conflit avec la startup mais conserve son plan de métro
  •  Réponse rapide "de la foule" (crowdsourcing)... euh, un peu organisée par CheckMymetro en organisant un concours: refaire une carte du métro en se basant sur de l'information disponible au yeux de tous, la localisation des stations. Plus de 80 cartes alternatives ont été produites et après un vote des internautes un gagnant a même été désigné. Et ces cartes sont bien sûr réutilisables par qui le souhaite pour lancer des nouveaux services sur le terrain de jeu, désormais devenu public, du métro parisien.
  • Fin 2011 et fin de l'histoire ? l'application "Métro & Bus Paris Officiel" sur iPhone est maintenant gratuite... et la RATP a organisé le 20 Décembre  un "barcamp" pour stimuler une première communauté de développeurs et rassembler son écosystème sur le sujet de l'ouverture  des ses données!
Loin de vouloir polémiquer sur le droit d'accès aux données, ou la juste rémunération d'un opérateur, pour GreenSI la morale de cette histoire est triple :
  • C'est le public qui choisi ce qui est du domaine du libre. Tous les règlements ou conventions peuvent être mises au placard, de toutes les façons dans une démocratie ce n'est qu'une question de temps pour que le public puisse les changer.
  • La RATP a perdu une première opportunité de se mettre en avant au sein d'une communauté influente sur les réseaux sociaux. Pas facile de réagir a l'application "Check My Controlleur" certes, mais c'est la dure loi du monde économique moderne où des anti-missiles fabriqués par certains permettent de supprimer les missiles construits par d'autres. Au sens propre comme au sens figuré.
    Mais une réaction rapide lui permet de se remettre en selle et finalement a peut être aidé une prise de décision interne toujours un peu lente dans les grandes entreprises. A suivre en 2012.
  • L'innovation vient aussi des startups! Et même un établissement centenaire comme la RATP pourtant connu pour son innovation technique (pneumatisation des rames, métro automatique,...) peut s'endormir sur un sujet comme les données qui pour elle est annexe a son métier alors que pour d'autres est totalement au coeur du modèle économique.
Ces enseignements suggèrent que l'opendata a du potentiel au delà des périmètres de services publics et que des forces sont en mouvement pour y contribuer :
  • Les associations de consommateurs qui testent et décortiquent les produits pour informer le public sont au début de ce mouvement dans les entreprises. Vont-elles commencer à construire des megas bases de données libres?
  • Le data journalisme qui vise a faire parler les données et informer ce même public va aussi pousser a l'ouverture de données dont ils ont besoin et qu'ils savent valoriser en audience pour leur articles.
  • Les techniques de récupération automatiques de données à partir de la lecture automatique de pages web se développent, les données des entreprises déjà publiées sur le web ne sont plus à l'abris. Les citoyens peuvent aussi s'organiser pour reconstituer ces données.
  • Les portails de données ouvertes où l'on peut déjà trouver des jeux de données ouvertes fleurissent, à l'image de celui lancé par l'Etat en décembre (data.gouv.fr) ou celui du Conseil général du 71 (www.opendata71.fr). Le croisement entre données et la connaissance de l'offre en sera facilitée.
Alors peut-on résister à l'open data?
Sur le moyen terme si les citoyens ont décidé le contraire on peut imaginer que ce sera très difficile. Alors en 2012, pourquoi ne pas utiliser la force de "l'adversaire" et accompagner le mouvement pour mieux le maîtriser ?

samedi 24 décembre 2011

Blackberry, Microsoft... les choix de l'entreprise dans la tempête des produits grands publics

Blackberry, Microsoft... les choix de l'entreprise dans la tempête des produits grands publics


Article publié initialement sur ZDNet.


RIM n'a pas de chance. Après avoir misé sur un nouvel OS QNX, elle le renomme BBX pour réaffirmer son identité "BB" sur un noyau issu de l'open source et adapté a ses terminaux et là coup de théatre, BBX est une marque déposée d'une société inconnue. Elle est sommée de ne plus l'utiliser!
Dans le même temps après une première annonce de nouveaux terminaux en Août dont le 9900 tactile+clavier, ce qui est une révolution culturelle chez RIM ferme opposant du tactile, les travaux sur Blackberry 10 (ex BBX) patinent et les prochains terminaux ne seront disponibles que vers la fin 2012. Résultat un cours de bourse qui tombe et une société fragilisée que certains disent déjà "morte"... ce qui dans l'industrie technologique veut dire rachetée et absorbée par un autre. 
Pourtant Il ya deux ans, le Blackberry représentaient près de 50% du marché américain des smartphones et aujourd'hui à peine 9%.Qu'est-ce qu'il s'est passé?
Et bien en plus des difficultés de RIM a sortir des produits en phase avec son marché, tout simplement la montée du grand public dans les smartphones. Et quand on veut amortir les coûts fixes de la R&D, du marketing et de la production c'est la quantité qui compte donc le grand public l'emporte sur l'entreprise.

Et donc notre DSI qui a choisi RIM sur:
  • la performance de sa plateforme BES - Blackberry Enterprise Server - de distribution en push des mails (mise à mal par la panne mondiale quand même),
  • sur la sécurité des échanges (un peu chahutée par des pays moins regardant sur la confidentialité des échanges)
  • l'arrivée d'une tablette professionnelle qui bénéficie de la même infrastructure (mais qui ne se vend pas même après une chute du prix à $300)
se retrouve un peu seul à la table du Comité de Direction Générale (quand il y siège) pour justifier ses choix...
Pire, le Directeur Marketing qui lui ne jure que par Apple (et qui malheureusement lit GreenSI sur ZDNet !) lui rappelle que la société est en danger comme en atteste son cours de bourse. 
GreenSI avait déjà signalé le risque de chamboulement de cette industrie dans un billet en Août. Aujourd'hui on constate que les choix du DSI sont pris dans la tempête de la technologie grand public. Car avouez que c'est quand même un comble de devoir choisir un produit moins adapté à l'entreprise parce qu'il marche bien dans le grand public et donc qu'il est plus pérenne!

Malheureusement pur le DSI le cas de RIM n'est pas isolé. Cisco et HP ont aussi du donner un grand coup de frein a leur stratégie grand public après les premiers signes de difficultés à pénettrer de nouveaux marchés.
Pour Cisco c'est l'abandon du Flip, pourtant produit à succès et de toutes les initiatives vers les infrastructures des particuliers. Le marché est là quand on regarde la quantité dé réseau et d’électronique connectée qui envahie les maisons, mais la capture de ce marché n'est pas simple.
HP a fait le même constat, ce qui a valu la tête du DG, avec le marché des tablettes. Exit la PlayBook et son WebOS, ils n'offrent pas de perspectives suffisantes pour perpétuer le modèle d'une société innovante créée juste avant la seconde guerre mondiale.
Aujourd'hui une société qui cherche a développer le grand public et l'entreprise en même temps s'expose au principe des vases communicants qui peut aspirer rapidement les ressources humaines et financières et bientôt l'innovation.

Pour GreenSI il y a une vrai question qui se pose pour Microsoft.Et c'est peut être ce que veut dire la rumeur quand une semaine elle annonce le départ de Steve Balmer, la semaine suivante le retour de Bill Gates. Les attentes autour de Microsoft sont importantes notamment pour l'entreprise et tout le monde est déboussolé.
Si GreenSI en crois les analystes, le renouveau du business modèle de Microsoft très dépendant de Windows et de ses distributeurs (de matériel ou logiciels) passe par la réussite de Windows7 et surtout de la vente de Windows Phones tant l'informatique devient mobile. On met aussi déjà Windows 8 en perspective pour boucher "le trou de son offre", la tablette, élément de plus en plus considéré comme clef à l'avenir.

Mais ces batailles ne sont pas celles qu'attend l'entreprise pour qui l'OS du poste de travail est une commodité qui n'enthousiasme pas la DG. L'échec de Vista étant là pour le rappeler. Là où Microsoft développe une position très stratégique (outre Windows) c'est encore dans le jeu video avec la XBox et la Kinect. Encore deux sujets éloignés des attentes de l'entreprise.
En revanche l'entreprise veut :

  • une pérennité sur ses produits d'infrastructure, 
  • un accompagnement de sa stratégie dans le Cloud, avec Azure mais aussi la bureautique et l'offre progiciel Dynamics
  • et un peu plus d'innovation pour ses produits de collaboration Sharepoint. IBM est même repassé devant avec Lotus Connections 3.0 malgré sa moindre base installée et certains grands comptes dans l'assurance par exemple reviennent sur IBM après un passage chez Microsoft. N'est-ce pas un signe de la perte du leadership?
On commence donc a sentir l’écartèlement stratégique entre ces deux marchés...
Quelle sera la réaction de Microsoft en 2012? Modèle en divisions business comme actuellement ou éclatement en deux entités dont une grand public qui fusionne avec Nokia, Skype et autres emplettes pour le marché grand public. Et coté entreprises peut être se rapprocher plus des grandes SSII (Accenture et CapGemini en ligne de mire?) et du services et un peu moins de son réseau de distribution traditionnel.  
Fabulations de blogueur? Certainement, mais à suivre donc...
Alors cela vaut peut être le coup de profiter de la fin de l'année pour lister vos grands fournisseurs et regarder leur dépendance au marché grand public, non?Et pour reprendre les conseils de Meteo France, il y a un risque de vigilance orange avec peut être de gros nuages à l'horizon...

vendredi 16 décembre 2011

Une autre vision sur le poste de travail

Une autre vision sur le poste de travail

Et si l’appellation "poste de travail" était devenue obsolète?
Dans l'industrie elle se réfère au lieu dans lequel un employé dispose des ressources matérielles lui permettant d’effectuer son travail. L'informatique a repris l'expression a une époque ou l'utilisateur "vissé à sa chaise" ne pouvait se déplacer avec un ordinateur de plus de 10kg. 

Mais depuis le "poste" s'est métamorphosé. Qu'il ait deux écrans, soit portable, tactile, téléphonique avec un accès internet... Ses attributs de lieu et de poids ne sont plus significatifs.
Et dans le même temps il ne sert plus uniquement à travailler, puisque la porosité entre la vie privée et professionnelle est de plus en plus grande. Et d'ailleurs les situations dans lesquelles on est sensé travailler ne sont plus très facile à identifier:
  • un commercial qui met à jour son profil LinkedIn ou Viadeo, est-ce qu'il travaille? Bien sûr pour attirer et faciliter le contact avec de nouveaux prospects
  • un salarié qui ajoute un commentaire sur Facebook ou répond à un tweet sur Twitter, est-ce qu'il travaille?
    Bien sûr puisque c'est un ambassadeur de l'entreprise et qu'il répond a un détracteur
  • un salarié qui joue a devenir le meilleur plombier de la ville, est-ce qu'il travaille?
    Bien sûr avec un Serious Game pour découvrir les métiers de l'environnement
  • un salarié qui utilise sa machine personnelle chez lui, ou au bureau, est-ce qu'il travaille?
    Bien sûr si l'entreprise ne lui en fourni pas et qu'il souhaite accéder à l'intranet ou au site du Comité d'Entreprise
Dans un tel contexte, a moins d'être un frein à la collaboration, la gestion des politiques (sites ouverts, ...) va devenir quelque chose de beaucoup plus complexe
Donc exit "poste de travail", parlons plutôt d'Espace personnalisé d'accès aux ressources de l'entreprise. Et ceci depuis plusieurs terminaux et avec une certaine continuité quand on passe d'un terminal a l'autre. Des ressources qui peuvent être internes ou externes. Ces ressources sont :
  • les applications offrant les fonctionnalités nécessaires aux métiers, qu'elles soient internes ou en SaaS,
  • les services collaboratifs et bureautique permettant le partage de l'information
  • les ressources informatiques (imprimantes, disques partagé, ...)
Et si finalement le poste de travail n'était que l'interface entre l'humain et le système d'information et les réseaux de communication.
Je vous présente le futur du poste de travail. C'est un androïde qui a été inventé pour une série TV célèbre (Star Trek) il y a 40ans et se nomme "DataLieutenant Commander à bord de l'USS Enterprise  (Androïd et Data je vous laisse admirer le génie visionnaire de son créateur !!! )
Vous voulez savoir si vous pouvez passer a 200km/h entre ces deux météorites aux trajectoires complexes ou si la composition de l’atmosphère de cette planète a un équivalent dans l'univers? Et bien demandez lui!
Il vous répond car il est connecté en permanence au système central pour accéder à toutes les données nécessaires, est doté d'une logique et d'une capacité de calcul. Ses interfaces de sortie sont la voix et l'expression de son visage. Entre nous c'est un peu comme ça que Google voit l'avenir et il vous donne aussi bien les vols entre Paris et Dakar (tapez "vols de Paris à Dakar et vous verrez une ligne qui vous les propose) que la météo à l'arrivée (idem).
Finalement Data est un poste de travail a l'aspect humain qui vous permet d'interagir avec le système d'information sans utiliser ni clavier, ni souris, mais de façon naturelle... presque humaine (d'ailleurs pour ceux qui ne connaissent pas la série, ce qui sépare l'homme de la machine ce sont les sentiments)

Vous avez compris qu'on pouvait avoir un autre regard sur le bon vieux PC et que l'avenir nous réserve certainement des surprises. Alors revenons à la réalité de 2011!

Pour la collaboration, l'interface a tout faire aujourd'hui c'est malheureusement l'email! Un système dépassé: intrusif, démodé, lent et surtout peu collaboratif (voir Infobésité il faudra bien se résoudre à repenser l'email en entreprise)
Un système collaboratif plus adapté sera construit autour des briques de communications mais aussi documentaires, conversations (réseau social) et outils de productivité. De part son objectif de permettre et faciliter la collaboration, il sera au coeur du poste de travail de demain. Pour l'entreprise Google (G+) et IBM (Lotus Connexion) sont en tête pour proposer cette révolution: ne plus lancer son mail le matin mais une agrégateur de messages et d'activités permettant de fédérer "sa vie collaborative". Pour le grand public c'est la stratégie de Facebook de s'imposer comme cette application "mère" où on retrouve tout.
Corollaire: pensez tous vos outils collaboratifs pour fonctionner sur tous les terminaux, en interne ou en externe à l'entreprise.

Pour les applications, les ERP sont un peu dépassés... En terme d'augmentation de la productivité on a atteint un seuil. Le cabinet de conseil McKinsey écrivait dans une étude en 2009 "qu'après avoir informatisé tous les domaines fonctionnels de l'entreprise, les gisements de productivité se situent dans le management et dans l'interaction entre salariés, avec les clients et les partenaires".
On mesure toute l'importance du poste de travail collaboratif pour réussir cette nouvelle étape. Et les opportunités perdues par ceux qui ne l'auront pas.
Mais les ERP sont solidement installés. Il ne disparaîtrons pas du jour au lendemain et devront certainement entamer une mutation (Le dernier des dinausores pourrait évoluer en ERP 2.0). Les redécouper en "petites" applications simples aux fonctionnalités ciblées et laisser tomber ces environnements qui cherchent a regrouper toutes les fonctions sur le même écran? Pourquoi pas.

Notre Espace personnalisé d'accès aux ressources de l'entreprise aura donc un coeur collaboratif permettant au salariés d'agir et de collaborer en interne et en externe. Il permettra aussi l'accès aux applications mais laissons leur le temps de se transformer. Il sera choisi par le salarié en fonction des ses usages ce qui va demander à l'entreprise de mieux segmenter ses utilisateurs. Il sera donc in fine de moins en moins homogène dans l'entreprise que ce soit sur la forme voire même l'OS. La grande majorité de ces terminaux d'accès seront mobiles.

Cette mutation sera progressive et il n'y aura certainement pas de big-bang. Mais cela ne doit pas nous tromper sur l'importance de ce changement qui grignote chaque mois. Les tablettes sont encore promises a de belles ventes ce Noël et dans les entreprises (étude IDC) mais ce n'est qu'un aspect de la transformation qui est engagée autour de l'interface entre l'homme et la machine. 
Et puis si vous rencontrez Data au coin de la rue, dites lui que GreenSI meurt d'envie de le rencontrer pour l'interviewer...

vendredi 9 décembre 2011

Entre LeWeb et les territoires numériques, les données circulent en masse et librement

Entre LeWeb et les territoires numériques, les données circulent en masse et librement


Cette semaine l'effervescence était du coté de la plaine Saint Denis près de Paris où se tenait la conférence LeWeb'11. Un rassemblement international... d'américains surtout!
Un rendez-vous que vous n'avez certainement pas raté, tant il était présent dans les journaux, sur les blogs et les réseaux de microblogging. Avec des invités de marque, comme Eric Schmidt l'ancien DG de Google, qui n'a pas laissé indifférent l'Elysée et l'agenda pourtant chargé de notre Président. Après tout un centre de R&D Google à Paris vaut bien une messe, fut elle technologique...



LeWeb c'est aussi un passage obligé pour ceux qui veulent se partager l'Internet, comme Evernote que GreenSI adore. Une application dans les nuages (cloud computing) accessible depuis tous les terminaux mobiles ou fixes et permettant de stocker toutes ses données: notes, textes, visuelles et même vocales.
Une application de productivité individuelle qui peut aussi devenir collaborative avec de vrais cas d'usages en entreprise qui illustrent la symbiose entre Mobilité et Cloud. Je créé en mobilité, je stocke dans le Cloud et j'accède en mobilité depuis n'importe quel terminal.



Mais la même semaine deux autres manifestations étaient là pour nous rappeler que l'innovation est certainement dans les nuages mais aussi sur le terrain au plus près des territoires: dans les villes. Et là, des start-up françaises, bien de chez nous, ont aussi des choses à raconter et des innovations à montrer, même si il y a moins de projecteurs, d'invités de marque et de sponsors sur scène.


A Bordeaux, c'est MetroNum qui sur deux jours a rassemblé tous les acteurs au coeur de la ville: mobilité et transport, énergie et réseaux, aménagement du territoire et développement économique. Car la ville est un formidable terrain de jeu pour les services numériques urbains:
  • compteurs intelligents qui remontent automatiquement leurs mesures par ondes longues portées avant d'emprunter le réseau GPRS ou 3G (data) des opérateurs de téléphonie,
  • services d’information en temps réel qui redescend vers les voyageurs où qu'ils soient sur le territoire,
  • capteurs environnementaux pour le suivi de la qualité de l'air, de l'eau ou du milieu naturel,
  • services mobiles sans contact utilisés pour payer ses achats, louer des moyens de transport partagés ou acheter des services,
  • étiquettes d'information disséminées dans la ville (QR codes ou NFC) et lisibles avec un téléphone portable pour enrichir la réalité autour de soi par de l'information du web et de l'information localisée,
  • voire réalité augmentée directement sur l'écran du téléphone mobile géolocalisé pour découvrir sa ville et les données qui s'y rapportent,
  • infrastructures réparties de sites permettant le télétravail et infrastructures haut débit,
  • simulation en 3D d'une ville virtuelle et entrainement en cas de crise
  • routes bardés de capteurs et de boucles de comptage,
  • ...
Le développement des réseaux et des infrastructures multiples dans la ville et partout autour de nous est essentiel pour capturer la donnée, la distribuer, la matérialiser... et permettre toute sorte d'optimisations et de services intelligents.
Le numérique se déploie petit à petit dans la ville. Il commence par les transports, le tourisme et les utilités mais il n'a pas de raison de s'arrêter en chemin.
C'est aussi un facteur de développement économique clairement identifié par la ville dans son programme Cité Digitale. A l’échelle locale les start-up sont les bienvenues et encouragées de se "mettre en grappes" dans les espaces de regroupements de petites entreprises.



A Lyon c'est le réseau Interconnectés des territoires innovants qui balaye le thème des territoires en mutation... numérique. 
Car le numérique est au coeur de tout ces services. Un numérique qui transforme méthodiquement en données toutes les mesures, interactions, signaux... 
Des données qui circulent dans ces réseaux et ces infrastructures nouvelles et même dans les anciennes comme les routes ou les réseaux d'énergie. Les opérateurs de réseaux deviennent opérateurs de données. 
Des données que certains veulent qu'elles soient ouvertes (opendata) et accessibles à tous, pour que ceux qui savent mieux les valoriser puissent y accéder. Tandis que d'autres défendent les coûts de production de la donné et donc le droit des producteurs a être rémunérés.Débat qui n'est pas sans rappeler d'autres combats et qui peut même parfois prendre une tournure très politique. Ne rigolez pas mais dans une conférence il y a deux semaines quelqu'un a essayé de lancer le débat " est-ce que l'open data est de gauche ou de droite ?". Après tout le mot "politique" traite bien la vie de la cité, alors pourquoi pas de la cité numérique!
Des données locales à profusion grâce à la géolocalisation et que ceux qui exposent à LeWeb veulent capturer, analyser et exploiter pour enrichir leur services au nom du "SoLoMo". Nouveau principe qui dit que tout service doit être Social (partagé avec son réseau) Local (exploiter les données locales) et Mobile (accessible en mobilité)... sinon passe ton chemin start-up, la mane de mon financement ne saurait se satisfaire d'un business modèle impure.
La protection des données enjeu majeur du web va devenir aussi un réel enjeu pour la donnée locale.
Enfin la masse des données (big data) permet l'intelligence (smart), le prédicitif, si je sais les traiter en temps réel, autre tendance de la business intelligence.
La donnée est donc devenue essentielle.L'essence même des systèmes d'information. Qu'elle soit dans les nuages ou qu'elle circule dans les multiples réseaux des territoires et des villes. Et comme Evernote nous le rappelle elles y passent et y circulent en permanence. Ce qui fait même dire au journal CIO dans ses 10 tendances pour 2012, que la donnée est devenue liquide, comme l'eau, et qu'elle coule là où elle rencontre le moins de résistance. Poétique et suffisamment imagé pour ne pas se laisser éblouir par les paillettes du Web.
La valeur c'est certainement les données et nos système d'information ne doivent pas faire exception a cette tendance.

dimanche 4 décembre 2011

NFC: une nouvelle carte dans la main de la DSI

NFC: une nouvelle carte dans la main de la DSI


Le NFC (Near Field Communication) est une technologie de communication sans-fil à courte portée et haute fréquence qui permet l'échange d'informations jusqu'à 10cm. En pratique c'est une puce collée sur l'objet (derrière quand c'est du papier ou carton par exemple) qui peut interagir avec un lecteur NFC qui rentre dans son champ. Ce lecteur étant lui même relié à Internet ou contient une application pour exploiter cet échange d'informations.

Le lecteur NFC que l'on attend le plus c'est bien sûr... le téléphone portable! Posez donc votre téléphone a coté de la puce et elle peut lui envoyer une URL par exemple et donc afficher la page web associée qui peut aussi être une application qui se lance. Ce simple exemple montre la rupture dans l'interface amenée par le NFC.
En effet je peux déjà utiliser un "QR code" que je flashe avec mon téléphone pour obtenir le même résultat (flashez le code ci-contre et arrivez sur www.greensi.fr), mais avec le NFC je n'ai pas besoin d'aller chercher l'application de lecture, de la lancer, de viser le "QRcode" avec l'appareil photo intégré et de valider. La communication entre la puce et le téléphone commence toute seule et immédiatement. Et cette différence est de taille en matière d'ergonomie... et de productivité si on parle d'une utilisation dans l'entreprise ou pour les agents de la collectivité.

Ces puces NFC et les téléphones pour les lire arrivent en ville!
D'abord avec l'expérimentation dans 9 villes françaises dès 2010 (
Nice, Bordeaux-Pessac, Caen, Lille, Marseille,Paris, Rennes, Strasbourg et Toulouse) où le gouvernement aide au financement du déploiement des infrastructures. Et un second appel à projets est sur les rails. 
Coté téléphone c'est pour l'instant le haut de gamme qui est équipé d'un lecteur, à l'image du Nexus S (Samsung) permettant à Google de pousser sa solution de paiement mobile Google Wallet. Le combat pour le paiement sans contact est déjà engagée et c'est du "lourd" sur le ring mondial: Google, eBay PayPal, Square+Visa, les opérateurs, les banques...

Tant mieux car cela va stimuler (et financer) le déploiement des infrastructures et des téléphones équipés. Estimation de 30% des téléphones mobiles et 1,2 milliards de puces d'ici 2015 (source In-Stat). Ensuite elles pourront être réutilisées pour d'autres applications. Mais on peut penser que les "early adopters" vont avoir des idées dès 2013. Il ne reste plus que 2012 pour s'y préparer...

Et c'est là que la DSI entrera en jeux! Certainement à la demande des Directions Clientèle, Marketing, Logistique ou Transport.
Car si les clients de l'entreprise sont déjà équipés, le SI pourra être appelé directement par ces clients en s'approchant des puces mises dans les produits de l'entreprise ou tout simplement envoyées par la poste (Je reviendrais dans un prochain billet sur les applications que l'on peut imaginer ou dans les cartons). Les coûts de production tournant encore autour de 10c à 1€ la puce, cela semble déjà compatible avec des produits de plus de 100€.
On peut aussi imaginer des applications en interne de l'entreprise en équipant les agents avec des téléphones grand public dont le coût va baisser. Par exemple, faire une tournée pour vérifier des équipements de sécurité (extincteurs...) en gardant la trace voire la preuve de la visite et en informant l'agent sur les équipements.
Autre avantage par rapport au QR code c'est la capacité de gérer des profils d'utilisateurs et d'échanger des informations différentes en fonction des profils. Pour rester sur la visite sécurité, la même puce va pouvoir donner des indications sur l'évacuation des locaux et les premiers gestes d'urgence aux salariés et les informations de tournées à l'agent d'entretien.

Dans les collectivités, après la vague des projets pilotes, les cartes de services de la ville vont pouvoir mettre a profit l'équipement des citoyens sans coût de déploiement supplémentaire. A la clef de nouvelles applications sans contact vont certainement se développer comme la billetterie dématérialisée, les titres de transport, les cartes de cantine ou de bibliothèque...
Le mobilier urbain ne sera pas non plus en reste. La Poste aurait commencé a équiper des boîtes aux lettres dans le 4em arrondissement de Paris. A la clef, l'heure de la levée de la boîte qui s'affichent sur le téléphone avant de mettre le courrier et si elle ne convient pas le plan d'accès de la boîte la plus proche. C'est ce qu'on m'a dit a une conférence la semaine dernière, je n'ai pas vérifié, mais l'idée semble intéressante (si vous en voyez une laissez un commentaire, sur l'article pas sur la boîte aux lettres!)
La cohabitation QR code et NFC va se faire pendant les prochaines années et le QR code est certainement un bon moyen économique de démarrer des applications. Mais il ne fait aucun doute pour GreenSI que le QR code sera amené à régresser (dans les 5 ans?) tant le coté dynamique du NFC est en rupture par rapport au flash d'un code.

Le NFC va donc permettre de déployer un nouveau réseau de points de contact avec le SI, dans les entreprises, dans la Citée et chez les clients. Un réseau qui saura interagir de façon différenciée avec plusieurs types de profils et pourra "stocker" (en fait ce sera dans le Cloud!) de l'information locale sur qui est venu, est-ce qu'il a aimé, qu'est-ce qu'il y a a coté d'ici... renforçant le coté localisation et mobilité du SI. Que ce soit pour les services aux clients ou l'agilité des opérations. Pour la partie relation clients la capacité à mettre en relation ses clients tout en préservant la confidentialité des données. Et bien sûr les paiements pour les marchands.
Ces 5 prochaines années, la carte NFC est certainement une nouvelle carte dans la main de la DSI pour déployer les services du SI, comme l'internet à pu l'être au début des années 2000. Pas d'urgence a abattre ses cartes dès 2012, en revanche peut être pas une mauvaise idée de s'y préparer.

samedi 3 décembre 2011

Il y a un déjà: l'ERP 2.0 un concept qui se concrétise

Il y a un déjà: l'ERP 2.0 un concept qui se concrétise


IL Y A UN AN DEJA - DECEMBRE
Regarder dans le rétroviseur est intéressant pour apprécier la vitesse des changements et la pertinence des ruptures identifiées. C'est ce que cette rubrique se propose de faire régulièrement
________________________


Il y a un an déjà on sentait que l'ERP allait entamer sa mutation et répondre à l'émergence des Réseaux Sociaux. 
 

La réponse de SAP, leader européen du logiciel, s'était lancé en 2010 dans le partenariat avec Jive un logiciel de réseau social dans le cadrant des leader. Fin Novembre 2011 à la conférence utilisateurs de Birmingham, la rumeur enfle: SAP serait en train d'acheter Jive, à suivre...
Intégrer une plateforme sociale et son moteur de graphe social au sein d'un ERP serait une première. A la clef par exemple la capacité a laisser les utilisateurs mobiliser leur intelligence collective flexible pour traiter les cas particuliers en complément des processus qui savent traiter les cas standards.


De son coté Oracle avec Oracle Applications a lancé son propre réseau social, ciblé pour tenter de rattraper Salesforce qui lui a développé Chatter. Un réseau lancé dans le Cloud un autre retard de SAP qui menace sa domination. Il a aussi fait l'acquisition de RightNow un leader du CRM dans le Cloud. D'où certainement l'acquisition annoncée de weekend de la société SuccessFactor  spécialiste du progiciel RH et basée en Californie pour accélérer son offre Cloud.
Intéressant de constater la similitude entre ces deux approches, l'une partant du CRM l'autre des RH, deux domaines prioritaires pour les applications en SaaS.


Progiciels et de gestion et Réseaux Sociaux, l’accostage a commencé... et la migration dans le Cloud aussi!

Pour vous replonger dans ces tendances telles que perçues il y a un an, je vous laisse re-découvrir quatre articles : 


dimanche 27 novembre 2011

La DSI condamnée a innover... ou disparaître (partie 2): son "business model"

La DSI condamnée a innover... ou disparaître (partie 2): son "business model"

Après une première partie sur l’obligation de la DSI de mettre l’innovation technologique et métier dans ses objectifs (Partie 1) ce second volet aborde l’innovation nécessaire dans la gouvernance de la DSI

Depuis son origine la DSI a été pensée sur un modèle de solidité, de sécurité (voire parfois de fermeture) et de long terme.
Un modèle industriel qu’elle se fixe en objectif dans tous ses métiers. Même si le degré d’aboutissement de cette maîtrise est loin d’être identique entre la gestion de projet, l’exploitation du datacenter ou le support utilisateur.
C’est là que la gouvernance des SI, démarche de pilotage qui concerne l’ensemble des responsables (et pas uniquement la DSI), entre en jeu et promet avec ses référentiels, ITIL ou CoBIT par exemple, de viser à une certaine perfection de l’exécution et un alignement avec la stratégie de l’entreprise.

Mais force est de constater qu’en 2011, dans un environnement économique de plus en plus ouvert, toujours plus incertain, demandant plus de réactivité et où la technologie est au premier plan de l’innovation, ce modèle butte sur certaines limites. Et la gouvernance n’est pas toujours une garantie de bien faire. Combien de projets n’ont pas abouti alors que tout était sur les rails. Et réciproquement je connais des projets qui sont devenus des succès pour toute l’entreprise alors qu’ils avaient été refusés par le processus de gestion de portefeuille et ont été portés directement par les utilisateurs qui y croyaient! Et la contrainte des délais de livraison met parfois la DSI hors-jeu contre des adversaires qui ne respectent justement pas cette fameuse gouvernance...

Et d’ailleurs là où avant les métiers visaient eux même la perfection avec des spécifications très précises et parfois sans fin, on peut maintenant aborder des compromis en fonctionnalités pour aller plus vite ou plus simplement. C'est pour GreenSI une façon d’expliquer que l’iPad puisser trouver un marché dans l’entreprise (commerciaux, VIP...) alors qu’il est très inférieur en performance à un ordinateur portable. Le compromis fait par l’utilisateur étant de renoncer à un clavier et a des suites bureautiques perfectionnées dont il n’a finalement pas toujours besoin pour avoir plus de confort en ergonomie, légèreté et en mobilité. Si les ERP avaient été conçus comme des iPad avec des petites Apps peut être qu’ils seraient plus « légers »...

Dans ce contexte GreenSI pousse l’idée que l’innovation à la DSI doit aussi se penser en termes de refonte de son business modèle et pas uniquement en innovation technologique ou intégration de la technologie dans les processus métier comme cela a été abordé en partie 1.

Revenons aux fondamentaux: La responsabilité de la DSI est de construire, de faire fonctionner et de gouverner les systèmes d’information dont l’entreprise a besoin pour réaliser ses objectifs. Pour assurer cette responsabilité avec une pression croissante de la réduction des coûts, elle s’est appuyée sur de multiples fournisseurs pour conseiller les métiers, concevoir les applications, les héberger et les maintenir. Mais ces partenaires sont eux-mêmes sont confrontés à l’évolution de l’économie et des technologies avec le développement du SaaS et plus généralement du Cloud Computing. Leur offre est certainement parfois en voie d’obsolescence et ils doivent eux même s’adapter ou disparaître. Le suivi des indices boursiers de ces fournisseurs est sans appel: le logiciel et les services en BPO stagnent, le SaaS explose et les fournisseurs classiques de l'informatique chutent (étude Martin Wolf M&A Advisor).

Dans le même temps les frontières du SI évoluent considérablement : 

  • Vers l’humain en accompagnant la circulation de toujours plus d’information dite « déstructurée » comme avec les réseaux sociaux de l’entreprise 2.0, la mobilité et la porosité entre la vie professionnelle et privée. Que ce soit un salarié, un partenaire, un prospect ou un client.
  • Vers l’extérieur avec le développement de l’entreprise numérique où de nouvelles chaînes numériques font circuler l’information toujours plus loin, sans rupture, parfois jusque chez le client.
Pression économique sur les coûts, vitesse accélérée, nouvelles frontières, fournisseurs moins pertinents… il semble urgent de reconsidérer les activités de la DSI et de faire évoluer son modèle !

Bien sûr la DSI doit toujours faire fonctionner une partie du SI en mode industriel et le propos de GreenSI n'est pas de tout changer. En revanche de nouvelles "zones agiles" du SI doivent fonctionner dans un mode nouveau a établir. Ces zones doivent être identifiées en fonction des enjeux de chaque entreprise.

Pour cela GreenSI suggère quatre domaines où la DSI doit redéployer ses ressources et ses contrats:

  • Gouverner l’ensemble du système d'information de l'entreprise, jusque chez le client, dans le SaaS, sur Internet ou sur le terrain en mobilité. Ne pas se laisser dépasser par des métiers qui montent leur site web, ou lance une application SaaS par exemple. Trouver par la sécurité, l’authentification et surtout le dialogue le moyen de les réintégrer si c’est déjà le cas. 
  • Capitaliser sur sa double connaissance de l’entreprise et de la technologie pour mieux intégrer à son offre les points forts du marché et carrément les commercialiser en interne de l’entreprise 
  • Renforcer le rôle l’architecture qui va devoir construire un SI supportant l’extension de l’entreprise numérique, l’ouverture de ses données (« open data ») et la croissance de ses flux d’information (« big data ») 
  • Accompagner ce changement de posture par un marketing de la DSI et de ses services, pour accélérer ce changement de posture et poursuivre l’amélioration de l’image de la DSI en interne et en externe. 
Après tout, après avoir connu le mainframe, le client serveur, l’internet et maintenant le cloud + social + mobilité, quoi de plus naturel que le changement pour absorber tant d’évolution? Et que la conduite du changement comme moyen!

Mais comme il y a peu de chance que la DG vienne voir le DSI à la machine à café avec un nouveau modèle à lui proposer. Alors pourquoi ne pas l’engager progressivement dès aujourd’hui, et le proposer une fois les premiers résultats au rendez-vous ?

samedi 12 novembre 2011

Social CRM: la relation client se déplace sur Internet... et le SI la suit !

Social CRM: la relation client se déplace sur Internet... et le SI la suit !



La relation client se déplace sur Internet: 
Vous vous en doutiez. Rien qu'en regardant autour de vous la pénétration de l'internet fixe, de l'internet mobile et même des premières bornes internet qui fleurissent... dans les magasins.
Que ce soit pour le choix, pour la vente ou pour le service après vente, les usages de l'internet se développent. Même dans le secteur public, la relation citoyen se développe sur Internet et offre par ce canal une nouvelle opportunité de participation du citoyen à la vie de la Cité.
Bien sûr tout ceci ne va pas à la même vitesse pour tous les produits et pour toutes les industries, ni pour tous les pays. L'étude des chiffres clefs 2011 de la FEVAD - la Fédération de la vente à distance - nous éclaire sur les niveaux de vente sur internet par rapport aux canaux physiques.
Le tourisme et les loisirs mènent la transformation en montant, avec 10,7€ milliards, ce qui représente 19% du chiffre d'affaire total réalisé sur Internet. Et la France n'est pas dans les plus mauvais élèves européens en ce qui concerne la pénétration de l'usage "achat sur Internet" (56%) même si l'accès Internet ne concerne encore que 74% des foyers.

La numérisation croissante de notre économie est donc en route. Et même si certains sont concernés plus tôt, toutes les entreprises et tous les produits et services le sont à terme. 
Le rapport de McKinsey "Internet matters" (en echo a Nicholas Carr "IT doesn't matters" article polémique sur l'informatique d'entreprise) démontre que sur 13 pays, Internet représente déjà 3,4% du PIB et surtout 21% de sa croissance dans les 5 dernières années.


Stoppons ici les chiffres. L'internet en tant qu'Espace numérique entre les clients, consommateurs, citoyens et les produits et services des entreprises est une réalité.
Mais au delà de la vente, c'est toute la relation et la présence numérique des entreprises qui est entraînée. Une tendance que la DSI ne peut pas ignorer car le SI client risque aussi de basculer, même si elle n'est pas toujours associée par le marketing aux différentes initiatives (création de pages Fans sur Facebook ou Google+, outillage de veille Internet...)
Au début de l'Internet la présence numérique les entreprises était simple. Des sites webs sur lesquels les moteurs de recherche, les bandeaux de publicités et les emails, y ramenait les prospects ou les curieux. Mais 10 ans plus tard, ce dispositif est de moins en moins efficace a coût constant :
  • D'abord les clients passent de plus en plus de temps sur les réseaux sociaux ou médias sociaux, des espaces privés détenus par quelques leaders mondiaux (Google+Youtube, Facebook pour ne citer qu'eux), et de moins en moins sur les sites des entreprises.
  • Même si l'email est toujours plébiscité par le grand public, son avenir marketing n'est pas assuré car il marche de moins en moins. Sans parler de sa sécurité (spam, phishing) qui le rend suspect. Comment pouvez vous faire confiance à l'offre alléchante de votre banque si vous ne savez même pas si c'est elle qui vous écrit...
  • Enfin les moteurs privilégient le contenu, et encore plus celui qui est partagé dans les réseaux sociaux, maintenant indexés ... en temps réel!
Autrement dit, le site web statique de présentation de votre entreprise et de ses produits, mis à jour tous les mois, a peu de chance d'être à la une de Google. Faite le test... 


Moins de structure et plus de contenu, ça veut dire des projets de sites web s'appuyant sur une gestion de contenu multimédias, simple a mettre en oeuvre, par plus d'utilisateurs dans l'entreprise que les simples "webmasters" et permettant aux internautes d'interagir et de produire du contenu. Donc un véritable système de circulation d'information entre les clients, consommateurs et les salariés en charge de la relation. Fini les "cathédrales numériques" en flash, superbes, pensées par des artistes, mais inadaptées à l'indexation et désertées par les internautes qui cherchent l'interactivité.

De plus, ces clients apprennent vite à utiliser ces nouveaux canaux. Et sans que l'entreprise ne les aient sollicitées, les premières réclamations et demandes d'information surgissent sur les réseaux comme Facebook ou Twitter. Et là les entreprises habituées à fixer elle même les règles (dont le numéro de téléphone a appeler, ...) sont un peu déboussolées. Elles peuvent prendre le parti de ne pas y répondre mais le risque d'insatisfaction et de contagion, si l'internaute est influent, n'est pas négligeable.



Heureusement des outils surgissent pour "écouter les réseaux". Ainsi ces demandes pourront être capturées et redirigées  (par mail !) vers "le bon" canal, par exemple le centre d'appel. Mais là ou ça se complique, c'est qu'il y a rarement le numéro de téléphone de l'internaute. La réponse doit donc se faire sur les réseaux sociaux, et les employés du service client équipés d'outils pour publier, au nom de l'entreprise, les réponses et engager le dialogue avec les insatisfaits mais aussi les ambassadeurs de l'entreprise qui sont prêt à la défendre.
Le client a donc réussi a amener l'entreprise sur son terrain (Internet) et avec ses outils (réseaux sociaux, blogs...)... et finalement à imposer à l'entreprise d'y déporter aussi son système d'information client.
Car si la tendance annoncée au début se vérifie, ce n'est pas deux ou dix réponses par semaine, mais des centaines par jour qui vont se produire sur les réseaux. Et les jours de crise, dix a cent fois plus!
 Les outils d'écoute et de réponse sur les réseaux sociaux sont en fait le SI Client de l'entreprise déporté sur Internet et accessible par des téléconseillers formés sur ce nouveau canal. Et tout ce que nous avons appris dans la mise en place d'outils de Gestion de la Relation Clients - GRC, doit être réappris sur ce nouveau système ou le téléphone, l'id client unique et la traçabilité des échanges ne sont plus la règle.
L'internet devient la norme et le téléphone l'exception ou réservé pour le cas particuliers, les actes plus complexes. Il va donc falloir maintenant gérer des profils multiples des internautes et engager la relation avec les outils choisis par le client, pour ne citer que ces deux choses. Nos front-office deviennent des back-offices, la GRC doit être repensée et adaptée.

Cette transformation c'est ce qui se cache derrière le buzz word "Social CRM", l'usage des Médias Sociaux pour l’animation de la relation et de l’engagement Client. Les directions marketing s'y engagent avec les directions de la communication mais la DSI est aussi concernée. L'enjeu pour elle c'est la construction progressive et l'urbanisation des futurs systèmes de gestion clientèle, de marketing et de ventes. Alors allez vite déjeuner avec votre Directeur Marketing préféré(e), découvrez ses plans, et dites lui qu'il aura besoin de vous... il ne le sait pas encore! Banner: (468X60)

dimanche 6 novembre 2011

La DSI est condamnée à innover... ou à disparaître (Partie 1)

La DSI est condamnée à innover... ou à disparaître (Partie 1)

L'innovation technologique doit permettre à l'entreprise de commercialiser des produits ou des services plus performants, ce qui peut aussi demander de changer ou d'améliorer les processus de fabrication de ces produits pour atteindre les mêmes objectifs. Et dans un monde où les produits et services intègrent de plus en plus de numérique et les processus reposent de plus en plus sur le système d'information, il n'y a donc aucun doute sur le fait que la DSI est au coeur de l'innovation.
C'est du moins ce que je pensais en arrivant à la soirée "Innovation IT" organisée au Muséum d'Histoire Naturelle par CIO et IBM la semaine dernière. Quelle bonne idée de rassembler des DSI dans un lieu aussi magique que la grande galerie de l'évolution qui retrace les trésors d'innovations qu'il a fallu a la nature depuis des millions d'années... et celle des Buffon, Cuvier, Lamark, Darwin pour arriver à les décoder!
Mais quand sur les 3 invités sur le podium je réalise qu'il n'y avait qu'un seul DSI et deux Directeurs qui avaient l'informatique "sous leur coupe", j'ai commencé a ranger mes certitudes dans ma poche.
Et là où tout s'est effondré c'est quand l'un des deux Directeurs explique que l'innovation c'est quelque chose de très sérieux pour sa société et de très structuré avec en point d'orgue la remise de trophées... que la DSI n'a jamais gagné. Il s'est ensuite rattrapé un peu, en avouant que 60% des trophées déposés ne sont possibles qu'avec de l'informatique. Mais l'image de l'innovation trop sérieuse pour être confiée à l'informatique restera.
Heureusement, la charmante Directrice Générale d'Amaline Assurance (Groupama), dont l'offre Amaguiz est ciblée low-cost et high-technology (boitiers de géolocalisation dans les  voitures pour payer l'assurance au kmn près), nous a donné la clef de la soirée: 
  • "son DSI préféré était dans la salle", montrant la symbiose qu'il devait y avoir entre le métier, le marketing et l'informatique pour développer en partant de zéro un nouvel acteur sur un marché concurrentiel et encombré comme l'assurance
  • Amaline avait d'ailleurs décidé d'internaliser toute son informatique pour être plus réactif, surtout quand on vend beaucoup par Internet... tordant le coup a un certain nombre d'idées reçues sur l'externalisation de l'informatique innovante

Donc vous l'aurez compris, il y a encore du boulot à la DSI pour être reconnue sur le thème de l'innovation. Car même si certains ont réussi à ce que l'on pense aussi au SI quand on pense à l'innovation dans l'entreprise, ça à l'air d'être l'exception qui confirme la règle.


Et pourtant malgré la crise, les grandes entreprises misent à nouveau sur l'innovation. C'est du moins le résultat de l'étude mondiale du cabinet de conseil Booz & Companydes 1.000 sociétés cotées dont le budget en R&D a été le plus élevé en 2010. 68% d'entre elles ont augmenté ce budget en 2011 (en moyenne de 9,3 %).
L'innovation est partout dans l'eco-système technologique de la DSI (cloud, tablettes, décisionnel temps réel, ...). A tel point que des dizaines de produits innovants dans la téléphonie sont rangés dans la boîte commodités, tellement l'iPhone a su préempter ce thème. Il ne reste donc aux DSI plus qu'à en faire des innovations pour le métier.
D'ailleurs la deuxième édition de l’étude mondiale IBM sur les DSI (Global CIO Study 2011) souligne que DG et DSI partagent les mêmes priorités pour le futur et le rôle du DSI est de plus en plus indispensable dans son entreprise en tant que « leader de l’innovation ».
Le thème de l'innovation est donc très porteur en ce moment pour la DSI et plusieurs autres conférences se rangent sous cette bannière, comme la prochaine conférence du club CIO.net qui va aborder "DSI et Innovation dans l'entreprise" a son prochain congrès annuel le 21 Novembre.
Enfin rassurez vous il y a même des DSI qui portent l'innovation, comme Richard Valenti dans le groupe d'assurance vie Generali. Un DSI qui a mis en place un laboratoire d’innovation en collaboration avec la direction marketing et un processus innovation avec un budget spécifique. Cela permet de tester et produire rapidement des idées d'amélioration de produits a fortes composantes technologiques pour aller plus vite que la concurrence. Et il n'est pas le seul.
Ce qui semble clair c'est que la DSI est condamnée à innover et à participer à l'innovation de l'entreprise. Mais comment s'y prendre, quelles idées pousser en premier, quels impacts sur la gouvernance du SI ? Autant de questions qui stimulent GreenSI et vous propose de les aborder dans une seconde partie à cet article, qui sera publiée après la conférence CIO.net.  
En attendant, redécouvrez les produits de votre entreprise, allez voir ses clients, faites vous passer pour eux si ce n'est pas déjà le cas... car l'innovation n'a de valeur que pour eux!


Si vous voulez savoir la suite, la partie 2 est sortie: ICI !