vendredi 20 mai 2011

Bientôt le retour des Directeurs Artistiques dans les DSI ?

Bientôt le retour des Directeurs Artistiques dans les DSI ?

"La DSI aux mains des directions fonctionnelles ?" est le thème de la conférence organisée par l'EBG Mercredi 25 Mai. "Quel rôle pour les DSI ?", un sujet de tournage de Techtoctv prévu pour le 27 Juin. "Pour mettre l'IT au coeur du métier, rendons l'IT au métier" un article publié début Mai dans la blogosphere.
Le débat pour la gouvernance de l'informatique dans les entreprises est en train de bouillonner!
C'est vrai qu'a l'heure du "Software as a service" (SaaS), qui offre aux entreprises des applications "clefs en main" qu'il ne reste "plus qu'a" paramétrer, cela sort de l'entreprise les spécifications, la conception, les développements et l'exploitation des applications. C'est aussi le passage d'un mode de projets avec des investissements portés par les DSI à celui de l'achat d'application par utilisateur et par mois donc un coût d'exploitation généralement supporté (ou refacturé) aux métiers. Dans ce contexte on est donc en droit de se poser la question du rôle futur de la DSI. Et dans le cas de l'évolution de ce rôle, des compétences dont elle a besoin pour l'assurer.


Je n'aime pas le débat est-ce que l’informatique doit être à la DSI ou aux métiers? Ce débat me semble dépassé. Sur ces 40 dernières années de développement des systèmes d'information en entreprise, les deux ont démontré leur capacité d'évoluer et de faire évoluer leur fonctionnement. Peut être sans atteindre d'optimum, mais toujours en permettant à l'entreprise de progresser.


La bonne question me parait être comment transformer l'entreprise en entreprise numérique? Car c'est de cela dont il s'agit.
Pour continuer de satisfaire leurs clients, d'en gagner de nouveaux mondialement, de maîtriser leurs coûts de transactions, les entreprises s'adaptent et exploitent l'informatique pour cela. Cette semaine Apple a annoncé un revenu par salarié de $400.000 alors que des sociétés plus "traditionnelles" dans la construction par exemple révéraient d'avoir un quart de ce ratio. Certain y voient une aberration qui n'est pas durable. Ne nous y trompons pas. Ce ratio veut simplement dire que l'entreprise peut développer des actifs informatiques qui ne sont pas comptabilisés dans les effectifs c'est ce que GreenSI appelle l'entreprise numérique. Autre exemple, les plateformes de trading des banques avant Apple ont certainement déjà largement dépassé ces ratios. Leur capacité à agir en temps réel et amener l'information et les outils de simulation aux traders, contribue a augmenter le chiffre d'affaire généré par salarié.


Quand il s'agit de développer ces actifs numériques et d'accompagner la transformation de l'entreprise, la DSI a un rôle à jouer, et c'est l'histoire qui nous le rappelle.
Pour ceux qui se souviennent des débuts de l'internet, les métiers ont prétexté la transformation "e-business" de leurs métier et l'absence de directeurs artistiques à la DSI, pour créer des directions "e-business" et confier les développements des sites webs à des agences de communication qui s'étaient adjoint des profils techniques pour l'occasion. Douze ans plus tard, que reste t-il de tout ça ? Les entités e-business ont été dissoutes et ont rejoint la Direction Clientèle au nom du multicanal. Les sites web sont de plus en plus gérés par la DSI (sans nécessairement changer l'hébergement). Finalement quand les projets sont terminés, le métier n'est pas passionné par la gestion du récurrent et du support de ces actifs hautement technologiques. Le point clef dans la transformation e-business de l'entreprise, était d'injecter les nouvelles compétences dans l'entreprise et de piloter l'impact stratégique des nouveaux business modèles comme dans la grande distribution avec les magasins en ligne ou dans la banque de détail avec les agences en ligne.


Revenons en 2011 avec le développement du Cloud Computing externe. Tout d'abord dans les 5 prochaines années le Cloud Coputing ne pourra pas concerner l'ensemble du SI. Disons au mieux entre 30-50%. D'autre part tous les processus ne sont pas nécessairement éligibles à être positionnés dans le Cloud si on considère des règles de sécurité, réglementaires, de réactivité, de maturité des offres... Cela veut dire que pour la moitié du SI le métier de la DSI n'évoluera pas tant que ça. Une partie du rôle de la DSI sera donc centré sur la maintenance de cet actif.


En ce qui concerne l'autre partie, la DSI va devoir recruter les "directeurs artistiques" qui ont fait défaut il y a 12ans avec l'e-business. Mais pas ceux dont on avait besoin il y a 12 ans pour orchestrer la production d'un site web faisant appel a de multiples compétences graphiques. Des directeurs artistiques de demain sont ceux qui vont être capable d'orchestrer la transformation numérique de l'entreprise avec les métiers. Qui comprennent l'ecosystem (les technologies, leurs fournisseurs, leur impact et leur opportunités), et qui savent les faire rentrer dans l'entreprise et conduire le changementQui savent assembler l'ensemble des composants nécessaires mais sans chercher les intégrer fortement mais plutôt orchestrer leur rôles successifs. Et surtout pendant la phase de récurrent continuer de s'assurer que la pièce est bien jouée.


Car ne croyons pas que les métiers soient si enclin que ça à changer leur façon de faire, SaaS ou pas SaaS. D'ailleurs le SaaS permet un peu de paramétrage mais est par essence un modèle totalement standard dans lequel de nombreux métiers n'ont pas voulus être enfermés ces dernières années. Il y a donc une forte chance que la question de la future plateforme d'intégration des applications SaaS et de développement d'applications spécifiques, se pose rapidement. Elle incluera a minima l'annuaire, l’accès aux application avec l'identification et l'authentification des salariés, clients ou partenaires, et peut être des bases de données dont l'entreprise veut maîtriser l'hébergement.


En plus de cette nouvelle compétence, la DSI doit développer ses capacités de veille et ne plus attendre qu'une SSII vienne lui présenter le dernier projet qu'elle a réalisé avec une nouvelle technologie. Car dans ce modèle, il y aura de moins en moins de projets et sa source actuelle d'idées neuves va se tarir. Elle doit remonter plus en amont et se "connecter aux sources de ces technologies", qu'elles viennent des grandes plateformes de l'internet grand public (Amazon, Google, Facebook, Bing...) de leur ecosystem ou des start-ups qui innovent.


La DSI doit aussi mettre en place des maquettes et des "choses à montrer" aux métiers, et pourquoi pas pour cela mettre en place un laboratoire commun avec les métiers. La question de place de l'informatique me semble donc être plus celle de qu'est-ce que l'on fait ensemble.


La DSI va donc évoluer avec une pression plus ou moins forte selon les secteurs, mais elle est  loin d'être reprise par les métiers et intégrée a chaque métier. Ce serait un retour en arrière et une façon non optimale de mobiliser les ressources et compétences de l'entreprise pour réussir sa transformation numérique tout en assurant la continuité de ses opérations. Enfin vous pouvez ne pas être d'accord...

vendredi 13 mai 2011

Google et Amazon, la rupture c'est la continuité, pour construire le monde numérique de demain

Google et Amazon, la rupture c'est la continuité, pour construire le monde numérique de demain


L’actualité informatique des dernières semaines a été riche. Tentative de rachat de Skype par Facebook, puis Google (qui aurait fait semblant pour monter les enchères ?) et finalement Microsoft qui emporte le morceau. Elle rappelle que l’évolution de l’informatique se joue dans les services grand public comme l’analyse souvent GreenSI. Il permet aussi de lever le voile sur le modèle informatique de rupture qu’essayent de mettre en place Google et Amazon, sur les traces d’Apple avec Facebook qui regarde le spectacle. Action!
Première étape à la conférence Google I/O mercredi où se sont pressés des milliers de développeurs malgré le prix d’inscription ($450), des places vendues en 59mn le jour de la mise en vente. Un prix qui finalement aura été vite amorti grâce au généreux cadeau a chaque participant d’une tablette Galaxy Tab 10.1! Google se rappelle que pour avoir des applications plein l'Android Market il faut des développeurs. Bien joué!
Et justement Google y annonce qu'Android cartonne dans les mobiles, le tsunami annoncé l’an dernier a bien atteint la côte (100 millions smartphones compatibles dans le monde et 400 000 terminaux Android sont activés chaque jour)... mais Apple se porte toujours bien! Bonne nouvelle car le marché est plus gand que prévu finalement et largement pour deux.

undefinedLa domination sur le mobile de Google/Android étant acquise, la seconde offensive c’est Google Music un magasin dans les nuages qui permet d’y stocker sa musique, en attendant de pouvoir l’acheter et de négocier avec les majors pour cela. Mais surtout de pouvoir l’écouter de partout et de synchroniser instantanément toutes ses « playlists » sur tous ses terminaux.

Car la grande révolution de ces dernières années c’est aussi la multiplication des terminaux. La Ford-T des ordinateurs, le PC a vécu. Maintenant le « terminal » pour ne plus parler de PC, se décline en fonction de l’ergonomie attendue (smartphone, tablettes, grand écran, TV, console de jeu) et pourquoi pas de son humeur (il parait que les Geeks choisissent leur terminal soigneusement avant l’aller se montrer dans des conférences. A quand le terminal assorti a la cravate?) Et dans l'entreprise cette vague de terminaux est un véritable cauchemar pour les responsables d'exploitation
L’annonce majeure de Google, c’est la continuité sur les terminaux Androïd de l’accès à sa musique, personnalisée selon ses goûts, mais aussi a tous ses services en ligne. Une sorte de persistance de ses données personnelles incluant ses musiques (ou ses films après ses photos avec Picassa). Et çà Google adore car il a déjà le business modèle pour les valoriser par la pub (AdSense et AdWords), même si il semble évident qu'il va aussi se rémunérer un jour sur le service d’hébergement des données (et oui la gratuité aura une fin).
Parions d’ailleurs qu’Adwords deviendra vite Adprofiles car avec l’enrichissement de ces données personnelles, on passera de l’achat de mots, à l’achat de profils: Cible moi les ménagères de moins de 50 ans et non celles qui ont des mails de voyages dans Gmail ou ont tapé "voyage au maroc" dans Google. C’est peut être pour cela que Facebook, , embusqué derrière une agence de relations publiques qu'il paye essaye de discréditer Google sur la gestion des données personnelles et a mené une véritable campagne anti-Google. Car n’oublions pas que Facebook de son coté est clairement positionné sur la valorisation des profils d’internautes que l’on peut acheter sur sa plate forme pour effectuer des campagnes. Quel monde impitoyable cette Silicon Valley…
Mais revenons a cette rupture dans les fondations du monde numérique de demain : la continuité de ses données sur l’ensemble des terminaux.
Cette notion de continuité se retrouve sur toute une chaîne d’équipements de consommation de l’information et de services en ligne.
  • Je veux passer de la console de jeu au téléphone, c’est ce que Windows 7 permet si les développeurs exploitent ces possibilités.
  • Je veux passer du téléphone à la tablette. C’est ce que RIM essaye dans l’entreprise avec sa tablette PlayBook  et ses téléphones, grâce gamà son serveur de synchronisation BES (Blackberry Enterprise Server).
  • Je veux passer de la tablette, ou du Kindle a mon PC et c’est là que la stratégie de Google ou Amazon entrent en jeu.
  • Je veux passer de mon PC à mes écrans, car le PC se connecte maintenant a plusieurs écrans qui sont utilisés pour déposer des documents et se rapprocher du fantasme collectif de ces murs d’images rendus célèbres par le film Minority Report.
  • Et parmi ces écrans, un écran se distingue celui de la TV qui fait l'objet de toutes les convoitises d'Apple et de Google pour y raccorder leur boîtiers, pour encore une fois y assurer la continuité
Google vient donc de poser une pierre majeure de ces fondations, mais il reste encore des terminaux a conquérir et des passerelles à construire. Aussi, il n’est pas seul dans cette stratégie. Amazon est aussi à la manoeuvre.

Amazon, le grand père du e-commerce, qui est aussi un distributeur de musique et même de livres électroniques (plus de 400.000 titres). Sa force de frappe est décuplée par ses affiliés qui vendent depuis leurs blogs ou directement dans la Marketplace. Une musique que l'on peut aussi stocker sur un disque en ligne lancé fin Mars: Amazon Cloud Drive.
Amazon a aussi un terminal, le Kindle, dans sa troisième version, qui permet d’acheter un livre sans quitter son salon et même d'écouter sa musique en le lisant. Ce qui d’ailleurs me fait doucement sourire quand j’entends que nos députés s’excitent pour le prix unique du livre à l’heure de cette mondialisation des infrastructures. Si quelqu’un a un Kindle avec un compte ouvert dans le magasin anglais (amazon.co.uk) je ne vois pas trop comment il pourra acheter depuis Paris a un autre prix que celui du magasin anglais... à moins de brider les gentlemans en voyage en France, on vois déjà les titres des journaux à Londres!
La maîtrise d'un seul terminal c'est un peu faible vous allez dire et bien Jeff Bezos le patron d'Amazon a annoncé, de façon énigmatique, une famille entière de tablettes... sous la dernière version d'Android contrairement au Kindle. Coté Google, l'annonce des Chromebook avec les deux premiers vendus par Acer et Samsung vont aussi dans cette logique de part de marché Android versus iOS et Windows.

Amazon a aussi une avance considérable avec le modèle du Cloud computing. Même Salesforce le précurseur des applications en SaaS, reconnaît s’être inspiré des onglets d’Amazon pour penser l’ergonomie de son application.
Là où Google reprend l’avantage c’est dans ses ambitions dans la domotique, puisqu’il annonce aussi Android@Home, la plateforme qui permettra de connecter les objets de la maison. Donc encore plus de terminaux pour lesquels il faudra assurer la continuité des données. Je rentre dans ma chambre, mes équipements me reconnaissent, jouent ma musique et règlent la température de la pièce.
Méfions nous cependant car en 2008, Microsoft prenait aussi le contrôle de la maison avec notamment PC Windows media et un programme @Home. En 2011 on attend toujours.

Google c'est aussi la maîtrise du mode offline et on pourra écouter ses musiques récentes quand le réseau sera coupé. Certainement une utilisation d'un cache intelligent et non une réplication des données systématique. La gestion des données des terminaux sera certainement un enjeu de taille car ne révons pas il en restera et il faudra bien les gérer et les sécuriser.

Google c'est aussi une expérience forte dans le traitement des données en masse pour "les faire parler",depuis le moteur de recherche, en passant par la reconnaissance des visages de Picassa et les modèles prédictifs. Un gage que cette continuité des données sera certainement intelligente.

La bataille ne fait que commencer et Apple est toujours en tête de la création de valeur si on en crois Wall Street. Mais n’en doutons pas, si cela commence dans le grand public, ce sera aussi une rupture pour les SI des entreprises quand elles devront s’y connecter ou s’y fondre. A moins d'aller vivre sur une autre planète...


POUR ALLER PLUS LOIN : analyse d'Amazon très bien faite par Faber Novel


vendredi 6 mai 2011

L'intranet est mort, vive l'intranet! (version 2)

L'intranet est mort, vive l'intranet! (version 2)


Cette semaine j'ai préparé les Rencontres annuelles des responsables communication interne qui auront lieu sur Paris du 7 au 9 Juin 2010. Que ce soit chez Sodexo, Alcatel Lucent, Bouygues Telecom, ou la MACSF, le constat est unanime, les outils de la communication et au coeur du dispositif, le "roi Intranet", sont en train de se métamorphoser sous la pression de son principal acteur:l'utilisateur! J'ai pensé que c'était le bon moment pour réactualiser un article ancien de GreenSI et aider les responsables intranet à se projeter avec l'évolution de cette application.


La tendance d'évolution des intranets ces 5 dernières années est l'ajout de services pour rendre le salarié plus efficace, lui rendre service justement.

Sur le plan de la gouvernance, la Direction de la Communication où souvent sont nés les intranet, a petit à petit laissé droit au chapitre à d'autres Directions Fonctionnelles, dont la DSI pour l'intégration au poste de travail et aux applications, et à la DRH pour les services pratiques de gestion des congés par exemple.Ainsi la collaboration entre Directions s'est organisée pour rendre cohérente et enrichissante l'expérience utilisateur.


Mais à l'heure des révolutions populaires et des réseaux sociaux, l'utilisateur se trouve cantonné à un rôle individuel où d'autres ont pensé et produit pour lui ses lectures et son efficacité, sur un poste de travail vissé à son bureau avec un intranet non mobile.
Et pourtant ce même utilisateur rentré chez lui, est amené a produire du contenu lui même et non plus uniquement le lire (blogs, commentaires, photos, vidéos,...), a activer son réseau pour échanger et s'informer (réseaux sociaux, fils d'information,...). D'ailleurs avant d'arriver chez lui, il avait déjà commencé dans les transports cette recherche d'information via son téléphone portable ou smartphone. Et pour ceux qui n'ont pas de poste de travail au bureau et donc n'accèdent pas à l'intranet (fracture numérique), ils ont souvent un téléphone portable, même personnel voire un ordinateur à domicile qui leur permettrait de le faire. La situation peut donc lui sembler donc paradoxale, non ?


Ne nous y trompons pas, l'intranet centré sur l'information "corporate" et les services transactionnels unilatéraux n'attire plus!
Les salariés y prennent ce qu'ils doivent y prendre et puis c'est tout. Leur ouvrir par défaut la page de l'intranet pour les "forcer à lire" ne marche plus. Ces pages sont vites refermées. 
D'ailleurs des responsables intranet vous confirmeront que 
le trafic sur leur intranet stagne. Il peuvent le booster un peu en accélérant la cadence de publication de l'information et en faisant des animations, mais cela retombe une fois l'opération "Saint Valentin" ou "Semaine du Goût" terminée.



Mon message est donc d'être vigilant avec les projets de refonte d'intranet qui n'amèneraient pas une avancée par rapport aux nouvelles attentes des salariés. A quoi bon faire un investissement qui ne stimulerait pas les usages et n'aurait pas plus de valeur aux yeux des salariés. Le ROI d'une telle opération serait nul. L'essort des "web TVs" qui correspond au développement du multimédia (dans toutes les applications) est peut être une des rares nouveautés qui peuvent être valorisées. Mais la nouvelle attente des salariés sera fort simple: je veux être au centre de intranet, quand j'en ai envie et c'est moi qui choisi!


A coté de cet intranet traditionnel qui stagne, deux domaines se développent rapidement en terme de trafic, quand les entreprises les mettent en place :
  •    les réseaux sociaux d'entreprise (RSE),
  •    la gestion documentaire collaborative (nuages de tags, wiki, espaces projets, géolocalisation, ...)
Des échanges avec des sociétés qui ont mis en place des RSE me fait dire que si le trafic intranet actuel est la base 1 (en nombre de pages lues), le potentiel amené par le RSE est au moins 3 et celui par la gestion documentaire au moins 5. Donc plus de 8 fois plus de pages lues en dehors de l'intranet traditionnel, le rêve pour une Direction de la Communication qui a compris comment être présente dans ces nouveaux espaces de dialogue. 
Enfin la collaboration de demain se fera avec les clients et les partenaires. Quelle idée saugrenue de vouloir mettre les communautés et la gestion documentaire collaborative dans le cœur de l'INTRAnet, là où elle est inaccessible de l'extérieur a pour des questions de sécurité, et non dans un extranet sécurisé accessible depuis n'importe quel ordinateur. 


L'avenir de l'intranet est donc bien d'ajouter ces briques RSE et gestion documentaire avancées, mais pas nécessairement sur la même plateforme.
D'ailleurs coté logiciel, l'ergonomie pour retrouver des documents et les partager est radicalement différente d'une ergonomie pour échanger, entrer en relation et échanger des idées. La première met en avant les documents, les catégories et les mots clefs, gère des droits stricts, la seconde les personnes, leur réseau, leur compétences. Les études sur les logiciels de collaboration faites par Useo montrent qu'il n'y a actuellement pas de logiciel leader dans tous les domaines et chacun a ses avantages et ses inconvénients.
Si vous devez refondre votre intranet ne cherchez donc pas la plateforme unique, qui fera tout moyennement. Privilégiez plutôt une démarche modulaire adaptée:
  • développez vos communautés ("des vrais") y compris avec des réseaux externes,
  • développez votre gestion documentaire collaborativey compris avec vos partenaires externes,
  • puis unifiez et sécurisez le tout pour vos salariés avec votre intranet actuel. Utilisez pour cela des mécanismes simples de syndications comme les flux RSS simples ou sécurisés ou tout autre "liant" permettant un couplage faible.
Et la page portail d'accueil alors ?
L'entreprise de demain n'aura pas nécessairement une page portail imposée a tous les utilisateurs pour les obliger à lire de dernier communiqué et se sentir bien dans son entreprise ?
 Et bien non. L'utilisateur choisira lui même son point d'accès privilégié en fonction de son métier et pourra depuis ce point (cette page), suivre ce qui se passe ailleurs, y compris sur les communautés et sites externes. L'intranet de demain sera ubiquitaire et moins centré sur un portail unique. Est-ce qu'on a tous la même page d'accueil pour aller sur Internet? On peut bien choisir. Alors pourquoi l'imposer en entreprise; surtout quand cela peut nuire a l'efficacité puisque qui mieux que le salarié connait les outils et l'information dont il a besoin tous les jours ?



Choisissez donc les logiciels leaders dans chaque domaine pour bénéficier de leur rythme d'innovation continu et ajoutez les à votre CMS (Content Management System) qui supporte votre intranet actuel. Il fera bien encore l'affaire quelques années, on ne lui en demande pas tant que ça. Enfin, la création de contenu étant devenue décentralisée, elle sera accessible en mobilité comme la consultation des principaux contenus. La mobilité est donc un critère de choix des plateformes, surtout la plateforme sociale.
En résumé pour votre feuille de route gardez en tête que l'intranet de demain c'est 3 fonctions aux ergonomie différentes (CMS, Doc2.0, RSE), unifiées par des flux RSS et avec la puissance de la Mobilité, que je résume en une formule facile a retenir qui plaira aux matheux... enfin j'espère!