dimanche 26 juin 2011

Cloud + Mobilité + Social: l'ère post-PC a commencé

Cloud + Mobilité + Social: l'ère post-PC a commencé

Publié dans GreenSI sur ZDNet.fr
La question de la mobilité prend de l'importance chaque jour avec la vente de smartphones embarquant des applications et un accès permanent a Internet. Plusieurs études convergent pour annoncer un accès mobile a Internet dominant dès 2015 avec 3,5 milliards d'utilisateurs. Le paiement sur mobile va encore plus renforcer l'utilité de ce terminal. Faite un tour sur Business mobile si vous voulez vous en convaincre.
De plus quand on parle de mobilité, on peut y ajouter l'accès Wifi et donc la mobilité dans les bâtiments comme avec les tablettes utilisées pour accéder à Internet depuis son salon ou le milieu de l'usine, et sans allumer son PC. Car c'est de ça dont il s'agit.
Le développement du mobile annonce la fin de l'ère du PC. Ce n'est pas un scoop, mais un angle de réflexion qui doit nous éclairer sur l'évolution des SI.
L'ère post-PC
Quand il est arrivé dans les années 80, le PC avait comme surnom "Slow to Boot". Vous imaginez pourquoi. En 30 ans ça a peu évolué, il faut plus d'une minute pour l'allumer. Or l'instantanéité de l'accès à l'information est aujourd'hui un critère d'expérience utilisateur essentiel, loin devant la puissance de calcul. Une tablette ou un téléphone s'allument en 2s. Peu importe finalement la puissance du microprocesseur si elle ne m'est pas restituée dans l'interface utilisateur. Les tablettes ont d'ailleurs des microprocesseurs et des architectures moins puissantes que celles des PC, mais cette faiblesse relative est compensée par la puissance du graphique, du tactile, des capteurs physiques et par la fluidité de l'expérience utilisateur. L'ère post-Pc a donc commencée, l'icône de la démocratisation de l'informatique d'entreprise et individuelle vit ses derniers jours dans sa "forme" d'origine.
Cloud
La mobilité amenant l'instantanéité d'accès à l'information renforce une autre rupture: le Cloud computing.
Oui, on peut voir le Cloud comme un moyen de délivrer différemment des applications ou de la puissance avec de nouveaux acteurs et de nouveaux business modèles (SaaS, PaaS, IaaS). Mais ce qui est le plus fondamental c'est que c'est le moyen le plus efficace pour rendre disponibles des données et quelques transactions, souvent relativement simples, depuis tous les terminaux mobiles.
Le Cloud pour y mettre des calculs demandant énormément de puissance et n'entrant en interaction avec personne, pourquoi pas. Si on y trouve un meilleur coût et plus de flexibilité qu'en interne, mais ce n'est le sujet. Le Cloud doit servir en priorité à rendre disponible les informations et supporter la stratégie de mobilité. Quelle station service contenu dans le contrat cadre de l'entreprise est la plus près de moi pas exemple. Pas besoin de se connecter a un ERP avec la liste des fournisseurs par catégorie pour filtrer sur carburant puis lire les adresses. L'ERP doit exposer cette liste et l'application mobile fera le reste. Le ROI sera d'ailleurs au rendez-vous si on peut doper l'usage du contrat cadre et éviter dans une station plus chère. On voit bien avec cet exemple que la priorité est a l'exposition des données dans le Cloud et pas la mise oeuvre de l'ERP. Ce n'est donc pas un hasard si les premières applications SaaS sont a destination des commerciaux et de ceux mobiles tournés vers l'extérieur de l'entreprise.
Social
Enfin, la mobilité transforme un ordinateur individuel en un terminal "intime". On prête son PC, on prête moins son téléphone. Et en ce qui concerne les tablettes, une fois que vous avez rentré votre numéro de carte bleu pour être enregistré dans les Apps Stores, on a clairement moins envie de le laisser traîner. Et demain avec les paiements mobiles n'en parlons pas. Le terminal mobile nous ramène donc à la personne et donc au social car cette personne n'est plus seule mais au centre de son réseau.
De son coté le PC en entreprise lui évolue vers le virtuel, la commodité et s'éloigne encore plus des utilisateurs.
De plus cette mobilité amène a de nouvelle formes d'organisation. Qui peut m'aider et se trouve autour de moi? Qui est déjà passé par içi et qu'est ce qu'il recommande? Aujourd'hui réservé au grand public (Foursquare, DisMoiOu...), il n'y a pas de raisons que ces services n'apparaissent pas aussi en entreprise pour amener ces nouvelles formes d'organisations. Les flottes de camions de transporteurs ou les agents dans leur véhicules sur le terrain des distributeurs d'eau, de gaz ou d'électricité ont déjà des réalisations opérationnelles.
L'évolution des SI: Cloud + Mobile + Social
La stratégie mobile ne peut donc plus être pensée seule. Elle est totalement liée à l'évolution du Cloud et du Social computing. Et pour les lecteurs assidus de GreenSI vous ne serez donc pas surpris par l'équation d'évolution des systèmes d'information Cloud + Mobile + Social. Ce sont les trois éléments fondamentaux de l'ADN de nos futurs SI. Ils sont chacun individuellement des éléments de rupture et de transformation majeure de nos entreprises et de leur mode d'organisation.
  • Le Cloud avec la remise en question de la DSI et de la façon de délivrer l'informatique.
  • Le Mobile avec la fin du PC et l'avènement d'une multitude d'accès au système d'information.
  • Le Social avec la remise en question d'une organisation du travail uniquement centrée sur des processus taylorien et la prise en compte des individus dans la capacité de réorganisation de l'entreprise.
Les trois en même temps c'est le SI dont aura besoin l'entreprise qui aura embrasé ces changements qui ne sont que des perspectives différentes sur une même transformation: l'entreprise numérique dans un monde ouvert qui remet l'humain (augmenté) au centre de son organisation et de ses métiers.
 
Toutes les réponses pour y parvenir ne sont bien sûr pas écrites et même toutes les questions ne sont pas encore posées. Mais de les aborder de façon globale avec cette trilogie est peut être un moyen d'éviter de prendre des décisions sur un seul de ces sujets et de se trouver rapidement au bord du Grand Canyon, donc de l'impossibilité d'avancer sans faire demi tour en mettant au rebus les investissements réalisés:
  • A quoi bon refondre son infrastructure aujourd’hui, même sous la bannière du Cloud privé, si demain elle ne me délivre pas de façon sécurisé toutes mes données partout et tout le temps?
  • A quoi bon déployer des moyens mobiles si il ne me permettent pas de bénéficier de la souplesse d'organisation offerte par le social et l'entreprise 2.0?
  • A quoi bon s'engager dans l'entreprise 2.0 si la frontière de l'entreprise ne me permet pas d'atteindre ses clients et tout son écosystème?
Oui, mais comment GreenSI sait qu'il y a le Cloud, le Mobile et le Social derrière ce Grand Canyon?
Et bien tout simplement parce qu'il y a un aéroport au Grand Canyon et vous pouvez y louer un avion pour le survoler. Pour les plus pressés vous pouvez partir de Las Vegas là où tous les vendeurs de solutions vous annoncent a grand renfort de publicité qu'ils ont trouvé le chemin, et que vous le verrez vous aussi quand vous aurez signé et après deux ans de projets.
Trouvez le temps pour prendre de la hauteur et comprendre que ces trajectoires doivent être convergentes. Ce monde est en construction est vous en êtes un acteur. A minima prenez garde a la façon de créer des liens entre les équipes qui s'occupent de ces sujets si elles sont différentes.

dimanche 12 juin 2011

ChromeBook, le fer de lance de la stratégie 100% Web de Google dans les entreprises

ChromeBook, le fer de lance de la stratégie 100% Web de Google dans les entreprises

Publié dans GreenSI sur ZDNet.fr

Dans un lieu généralement réservé aux soirées parisiennes, a deux pas de la Porte de StCloud, Google Entreprises recevait jeudi dernier une centaine de DSI pour leur démontrer la pertinence d'une stratégie 100% Web. Non loin de là, dans son vaisseau amiral d'Issy les Moulineaux, un autre acteur faisait aussi son numéro de séduction sur le thème Office365, sa suite bureautique en ligne. On ne peut s'empécher de penser que la coïncidence du calendrier n'est pas fortuite.  La guerre du prochain poste de travail en ligne, incluant tous les outils collaboratifs, la bureautique et la communication unifiée est bien engagée, et la France est l'un des champs d'affrontement de leur stratégies respectives.

undefinedAmit Singh, le VP Global Sales de Google Entreprise (et ancien Executive d'Oracle) avait fait le déplacement de Californie avec quelques ChromeBook dans ses valises. Exposées sur des bornes, elles nous ont permis de toucher le portable qui boot sur ChromeOS, le nouvel OS de Google. En fait je ne sais plus si on peut encore parler d'OS car comme la machine ne fait quasiment plus rien, on a l'impression de lancer son navigateur Chrome et d'utiliser ses services en ligne Google Apps. La différence par rapport a un autre portable c'est que même les paramètres de session son en ligne, donc si on se fait voler son ChromeBook en levant la tête vers les nuages pour vérifier que le Cloud est toujours là, on en rallume un autre et une fois le login terminé, on retrouve son tableur dans l'état dans lequel on l'avait laissé!
Enfin c'est la démo qu'on a eu je n'ai pas essayé. Donc clairement simplification de la gestion du parc matériel.

Sinon sur la stratégie, Amit a partagé avec la salle celle de Google dans le monde des entreprises, en anglais, car c'est bien connu que c'est la langue intime des DSI. Pour lui la vitesse est ce qui fera la différence entre les entreprises qui vont survivre et les autres, pour Google mais surtout pour ses clients. La stratégie 100% Web est celle qui permet de se concentrer sur ses clients, de capitaliser sur les millions d'information que l'on peut capturer. Elle se caractérise en quatre points:
  • Tout est dans le navigateur... Chrome bien sûr!
  • La scalabilité est sans limite
  • Tout est accessible de partout (multi-terminal)
  • Tout devient "intelligent", entendez analyse de données en masse, de l’auto complétion lors de la frappe a du décisionnel temps réel pour aider à décider.
Au niveau des téléphones sous Androïd présentés, une console de back-office permet de les faire sonner ou de les désactiver à distance. Là Google est clairement sur le terrain de RIM avec son produit BES - BlackBerry Enterprise Server - qui a assuré la domination de ses smartphones dans les entreprises. Donc encore une fois des arguments censés plaire aux DSI qui sont confrontés à une gestion de terminaux de moins en simple et des contraintes de sécurité de plus en fortes (puisque ces terminaux ont de plus en plus de données). La croissance d'Androïd, qui encore derrière Apple, fera le reste pour renforcer la position de Google. Car Androïd est pour l'instant le seul a rivaliser avec Apple, alors que RIM est pour l'instant KO avec ses Blackberry dans les chiffres d'accès à Internet (en attendant sa tablette Playbook bientôt en France). Et pour ne pas l'oublier, les DSI ont pu repartir avec un petit Androïd vert pour mettre sur leur bureau.


A ce stade il n'y a aucun doute, Google Entreprise, qui annonce être la division de Google ayant la plus forte croissance, est clairement en train de vouloir rentrer dans les DSI et y met les moyens. La suite de la soirée fut une démonstration où "le DSI était le héros", félicité à chacun de ses choix (Google) par son DG et son Directeur Commercial qui veulent une informatique simple, rapide et pas cher mais qui ont des besoins flous, compliqués et n'ont jamais le temps. Ça vous rappelle peut être quelqu'un ? La Directrice juridique de Google France est aussi venue nous rassurer sur la réversibilité et sur le fait que contractuellement on pouvait attaquer Google en justice si il perdait une donnée. Je vois déjà la tête de mon juriste qui s’appelle David quand je vais lui annoncer qu'on va s'attaquer à Goliath. Cela dit je connais un cas de bras de fer au changement unilatérale de conditions contractuelles par Google pour ses API cartographiques et le client a réussi à les refuser et rester avec son contrat d'origine.

Puis ce fut le tour de la séquence émotion, avec 3 DSI qui ont vécu cette belle histoire et ont pu raconter leur expérience d'un monde 100% Web. Enfin presque, parce qu'il faut un peu de temps pour passer du 100% lourd au 100% léger, et même si le 100% léger s'active très vite et se facture au mois, il faut un certain temps pour dégager le 100% lourd qui continue a nous coûter, surtout quand il n'est pas encore amorti. Ces DSI ont pu nous confier que même si ils ont regardé l'email en ligne au départ, c'est le collaboratif qui est LA "killer application" qui plait aux utilisateurs (Google Site et tableurs partagés en temps réel).

En tout cas bravo a ces DSI et notamment Pol Evlard, DSI de Malakoff Méderic, le Président de leur club utilisateurs, et... mon ancien patron (le copinage n'est pas interdit dans les blogs!) Bravo, non pas pour leur choix Google, mais pour leur clairvoyance deux ans avant tout le monde d'avoir cru en l'avènement d'un monde 100% Web où toutes les applications sont en ligne. Mes discussions après la plénière avec plusieurs participants m'ont confirmé que ceux qui avaient décidés d'être là ce soir, était engagés dans cette voie quitte à jeter tout ce qui est "inutile" dans leur parc applicatif actuel. A suivre donc.

Mais pourquoi fichtre vouloir mettre son poste de travail en ligne?Et bien parce qu’il sera l’outil de collaboration avec l’écosystème de chaque entreprise, toujours plus éclaté, mais aussi avec les clients, ses partenaires, ses fournisseurs. Parce que de nouveaux modes d'organisation se développent comme le télétravail où le salarié est chez lui et a besoin d'accéder aux ressources de l'entreprise. Mais aussi parce que peut être que demain il voudra venir dans l'entreprise avec sa propre machine dans laquelle l'entreprise "elle devra y séjourner" de façon sécurisée pendant les heures de bureau. Les services collaboratifs en ligne seront le liant entre la multitude postes de travail qui vont déferler dans l’entreprise, du PC fixe, au portable en passant par les smartphones et les tablettes. La stratégie de Google avec Androïd est d’ailleurs très intéressante pour comprendre cette tendance et donne a Google une autre carte à jouer que Microsoft essayer avec Windows 7 mobile.

Et si ces services collaboratifs sont en ligne, alors la sécurité (y compris lors du boot de vérifier que c'est le bon programme qui se lance et éviter le phishing) et la configuration du terminal, ne sont plus que ce que l'on demande a notre terminal ChromeBook. Le reste, c'est dans les nuages, y compris les outils d'administration des terminaux. C'est peut être l'argument qu'il manquait pour accélérer le développement du Cloud dans les DSI et Google est certainement en train de marquer des points pour sa crédibilité dans les entreprises. Mais ne crions pas victoire trop vite, car dans un autre registre, celui des ERP, Microsoft commence a peine a être considéré par les DSI comme un vendeur "sérieux" aux cotés de SAP, Sage ou Oracle, alors que son offre existe depuis plus de 10ans. La route de la considération est parfois longue...
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Le ChromeBook est annoncé en France pour dans quelques semaines et même si certain pouvaient le croire en début de soirée, non, les DSI devront attendre comme tout le monde et ne repartiront pas avec leur ChromeBook sous le bras. Enfin pas moi, en tout cas. Mais si vous voulez voir ce que ça donne, allez sur www.jolicloud.com et réinstallez un vieux PC Vista avec JoliCloud qui est lui aussi basé sur Chromium. C'est ce que j'utilise depuis 6 mois ça marche très bien.

Le seul hic du 100% Web et de la soirée, c'est la capacité du réseau a délivrer ses services. C'est vrai que le Chef Hèlène Darroze nous a fait des petites choses succulentes 100% légères lors du coktail dînatoire. Mais sans avoir assez de capacité pour satisfaire la demande d'une foule de DSI affamés par tant de découvertes.
La soirée s'est donc terminée au kebab du coin; l'informatique bien grasse a coté de chez nous n'est pas encore prête de disparaître!
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samedi 11 juin 2011

Intranet : du roi fainéant au roi soleil, les entreprises 2.0 témoignent

Intranet : du roi fainéant au roi soleil, les entreprises 2.0 témoignent

Cela fait plusieurs moi que GreenSI essaye de décrypter les ruptures du modèle Intranet des entreprises. Un outil pensé 12 ans auparavant devant la montée en puissance de l'Internet et en réponse a ses standards ouverts. Pourquoi ne pas utiliser les standards de l'internet en interne? Balayant ainsi la multiplicité des interfaces offertes par chaque application et unifiant l'accès à l'information. Le concept était né, la Direction de la Communication et la DSI s'en sont emparés.

Mais depuis 12 ans l'Internet n'est pas resté figé. Il est passé du contenu top-down, au contenu produit par les internautes et aux réseaux sociaux. Des catégories de Yahoo!, au moteur de recherche Google qui maintenant s'appuie sur les informations des réseaux sociaux pour filtrer et trouver la pertinence dans ce flux continue d'information. Un flux que l'on doit renoncer a vouloir tout classer et tout lire, par exemple comment visionner 45mn de video chargées sur Youtube chaque minute?
Pendant ce temps et suivant la voie inverse, à chaque refonte, l'intranet est allé vers plus de gouvernance et de reprise en main par des hiérarchies, des chartes graphiques, des processus de création d'espaces et de publication allongés.

L'entreprise elle a aussi développé la collaboration mais principalement autour de l'email, un outil qui est allé trop loin dans l'intrusion et dans sa non pertinence. Les premiers aventuriers ont d'ailleurs commencé a aller chercher les nouveaux outils du Web 2.0 pour travailler, comme 12 ans auparavant. Ca craquelle de partout et les nouvelles pousses qui essayent de se développer amènent une nouvelle vigueur. Ne la gâchons pas!

Il est donc temps pour l'intranet, ce roi fainéant endormi au milieu de nos organisations, rejeté par de plus en plus de salariés (en off) et dont le trafic n'augmente plus depuis plus de 2ans, de se remettre en question et de remettre du panache dans sa souveraineté. De muter en roi soleil qui peut à nouveau éclairer les chemins de la collaboration dans l'entreprise.

C'est l'histoire racontée par cette présentation lors du Forum RSE qui s'est tenu le 9 Juin à l'initiative d'Infopromotions en 3eme journée de la rencontre annuelle des responsables de communication interne. Espérons que le message est passé et que la transformation va s’accélérer.
Le chemin est certainement encore long, mais les premières entreprises qui se sont engagées dans la voie de cette transformation ont un témoignage qui éclaire les autres. Entre autres étaient présentes a ce forum:
  • Devoteam qui a présenté WeeZ, sa social business platform, la mutation de son intranet refondu en réseau social et l'illustre de façon très pédagogique avec ce petit film montrant la réalisation d'une offre commerciale dans ce nouveau paradigme
  • Alcatel-Lucent qui après avoir déployé son réseau social Engage, se retrouve avec déjà 1/4 de son contenu de la Home page produit par le réseau social. Fini les discussions a n'en plus finir sur le % d'espace réservé en Home a chaque sujet, filiale, direction... les intranautes ont tranché !
  • France Telecom qui est très avancé sur la compréhension de l'immersion des réseaux numérique dans le tissu social des entreprises
  • Pernod SA  qui a osé le Pernod 2.0 en associant le nom de sa marque a celle de la transformation, à l'image des "e" de l'e-business d'antant
  • Dassault Systems où les modèles de profils riches prolifèrent et enrichissent les échanges, l'intranet d'il y a 12ans a complètement disparu remettant le salarié au milieu du dispositif
  • Lyonnaise des Eaux qui développe progressivement les quatre briques essentielles de la collaboration (Contenu, Doc 2.0, RSE et Processus collaboratifs) pour mieux les unifier dans l'intranet du groupe
Le délégué général de l'AFCDP (Association Française des Correspondants à la protection des données à caractère personnel) est venu rappeler qu'il y avait cependant des limites et des gardes fous a ne pas franchir, mais la réaction semble irréversible, alors préparer vous-y!

Déjà publié sur GreenSI pour aller plus loin : 

vendredi 3 juin 2011

La place de l'intranet 2.0 entre la DSI, les RH et les juristes

La place de l'intranet 2.0 entre la DSI, les RH et les juristes

L’intranet 2.0 modifie complètement les modes de fonctionnement dans l’entreprise.
Une vidéo de 15mn que je trouve intéressante pour comprendre les aspects non techniques de l'évolution demandé à l'intranet... et en premier lieu d'ouvrir le groupe des Directions qui vont l'animer.


La position de :
- Pierre Milcent (@milcent) - IBM
- Frédéric Poulet(@fredwpt) - CM de Pernod
- Victor Waknine (@babaya59) - Mozart consulting
- Fabrice Frossard (@Fabricefrossard)



Aller voir le site

jeudi 2 juin 2011

L'informatique: un écosystème en profonde mutation

L'informatique: un écosystème en profonde mutation

Les titres de l'actualité commencent à donner le tournis aux Directions des SI. Ils sont tous porteurs de changement et de chamboulement des technologies impactant les systèmes d'information et finalement ils semblent annoncer la reconfiguration de l'industrie informatique toute entière. Les quelques projets aux avant postes rencontrent des éléments déchaînés, que le reste des troupes encore à leur poste en exploitation ou en maintenance a du mal à croire. Mettons un coup de projecteur sur ces discussions de cantine ou d'after-hour autour d'une bière pour profiter de la sécheresse du moment.


Coté poste de travail ça commence a être la cacophonie. Pendant que les adeptes de la virtualisation veulent engager les investissements d'une nouvelle infrastructure virtualisant à la fois l'OS, les applications et les serveurs, pour réduire nos équipements a des terminaux basics (voir la DSI face à la consumerisation de l'informatique) la guerre fait rage sur le front des terminaux.
Les ventes de PCs chutent en Europe (voir le marché s'est pris une claque), finalement l'iPad se vent mieux que prévu et pire pour ceux qui pensaient vivre encore longtemps dans un monde uniforme, il ouvre le champ a une vaste concurrence de tablettes avec des processeurs ARM, concurrents de ceux d'Intel, où quelques noms commencent à émerger dans les ventes. Dans ce contexte les eePC ultraportables, que l'on avait peut être enterrés un peu trop vite, sont remis à l'ordre du jour par Intel avec une version UltraBook qui serait une synthèse entre le portable et l'eePC et surtout un processeur plus puissant (voir Intel sort l'UltraBook).

On en perd son latin car chaque génération (6 mois) amène un terminal plus puissant dans les mains des consommateurs alors que l'entreprise de son coté veut un terminal moins puissant. Parce que franchement si la virtualisation se termine avec une machine hyper puissante et aucune exploitation de ses capacités par les applications, GreenSI pense qu'on a perdu la raison. Allez tient, qui reprend une petite bière ?

Coté serveur, la pillule du Cloud commence a passer dans les DSI. Même si certains de ses partisants font peut être un peu de zèle en parlant de "néphophobie" (voir la peur du cloud de Louis Naugès) et donc en mettant les résistants dans la catégorie des "malades". Ces derniers ont accepté l'idée que le Cloud privé est peut être une étape intermédiaireindispensable pour faciliter l'adaptation des opérations et surtout laisser les offres du marché monter en professionnalisme. Les benchmarks entre sites montrent qu'il y a des écarts importants sur les performance.

La table ronde EBG de la semaine dernière sur l'informatique aux mains des maîtrises d'ouvrage à laquelle je participai, fut riche d'enseignements sur l'adaptation demandée à la DSI (voir la Synthèse par Fabien Grenet sur son blog) : la DSI reste le partenaire du Métier mais doit s'adapter et faire monter à bord les nouvelles compétences dont elle à besoin. Moins techniques et plus dans le conseil, l'intégration et l'accompagnement des changements. Le retour des Directeurs Artistiques dans les DSI comme GrenSI lançait l'idée il y a quelques semaines. Un livre blanc de l'EBG détaille d'ailleurs les retours d'expérience de 30 entreprises (livre blanc EBG).

En tout cas coté offre Cloud et prestations, c'est la guerre totale qui est engagée a coup de rachats et d'annonces fracassantes. Pour ne citer qu'EMC qui tenait salon la semaine dernière sur sa stratégie Cloud & Big Data au Musée des Arts Décoratifs (il fallait oser!), avec VCE sa joint venture EMC-Cisco-VMware, les partenariats sont prêts pour offrir les plateformes scalable (Vblocks) dont les entreprises ont besoin pour créer leur Cloud privé. Le rachat de VMware quelques années plus tôt refletait d'ailleurs une bonne anticipation de ce marché. Et cette semaine l'annonce du rachat de briques logicielles (réseau social SocialCast, et il y a un an la messagerie Zimbra) pour aller chatouiller les Amazon, Google, Azure et autres LotusLive avec une offre complète d'applications est une tendance à suivre. Amusant d'ailleurs de constater que finalement VMware, l'un des deux leaders de la virtualisation avec Citrix, est déjà en train de passer à l'étape suivante le Cloud...

Quoi qu'il en soit, il n'y a pas un jour sans une annonce autour du Cloud. Son impact sur l'environnement de la DSI est réel. On le découvre au fur et mesure que l'on met le doigt dans le modèle: gestion de projet, sécurité, changement de versions, facturation à l'usage, gestion de capacité... tout doit être repensé! Par exemple quand on lance un développement sur une plateforme EC2, la justesse des algorithmes et du code en terme d'échange et capacité de traitement demandés, influence fortement la puissance requise et donc le prix du service. Plus facile de "pricer" une application maintenant car impossible de savoir à l'avance le coût de traitement. On ne peut que l'estimer et vérifier la facture une fois réalisé. Un peu comme avec la téléphonie d'entreprise avant les forfaits. Les discussions vont donc bon train dans les DSI sur ce modèle si différend qui semble si fragile. Tu me repasses les cacahuètes, merci.

Coté applications c'est le calme avant la tempête. Les "legacy" seront là pour longtemps comme souvent en informatique, et vont mobiliser des ressources qui ont la connaissance de leur maintenance. Mais l'écart de coût qui va se creuser entre l'ancien et le nouveau monde, va créer une tension importante sur les budgets et les arbitrages. Car les unités de valeurs ne sont plus les mêmes. Là où on comptait en millions on compte maintenant en centaines de k€! Pour 1M€ en Octobre, vous allez choisir le Niem upgrade de votre ERP a périmètre isofonctionnel, ou la mise a jour de tout votre CRM incluant le Social CRM et le développement assuré des ventes ? Certes c'est souvent du récurrent et non de l'investissement, donc sur plusieurs années pas toujours moins cher, mais cela marque les esprits et plait bien aux Directeurs Financier.

De plus le développement du Cloud, avec d'une part la disponibilité d'applications en SaaS (les ERP arrivent sur le SaaS en ce moment) et d'autre part la contrainte de pouvoir tourner dans un environnement Cloud privé, va mettre la pression sur les éditeurs pour adapter leur offre. On peut imaginer que tous ne vont pas suivre et que la période qui arrive va voir une accélération du vieillissement prématuré de nombreuses applications. Et puis pour ceux qui auront raté le train, le rachat d'une offre Cloud sera la seule porte de sortie autre que le dépot de bilan ou de se faire racheter leur base de clients. Ce qui va amener encore plus d'instabilité dans les offres. Allez, on leur souhaite bonne chance et on trinque à la santé des éditeurs!

Le nouveau venu dans l'entreprise, le collaboratif, commence a faire la différence entre les entreprises qui savent tirer partie de la fluidité des interactions entres salariés et celles qui en sont encore à l'email. La messagerie est donc toujours omniprésente mais maintenant récriée. Certains annoncent même qu'elle doit disparaître pour le salut de l'entreprise comme Thierry Breton le patron d'Atos. Rendez-vous est pris dans 3 ans. Dans tous les cas de nouvelles façons de partager l'information et la connaissance se développent. Les réseaux sociaux, les "bases documentaires 2.0" qui exploitent les standards collaboratifs de l'internet (wiki, blogs, tags, votes...), les communications avancées allant vers le temps réel et incluant la video, ... Le modèle d'une l'entreprise flexible plus facilement reconfigurable, sachant exploiter la transversalité et l'innovation, est aujourd'hui facilité par le système d'information. Et l'intranet, candidat pour unifier ces évolutions, se métamorphose (voir l'intranet est mort, vive l'intranet).

undefined Enfin l'entreprise ne s'arrête pas à la porte de son firewall. Elle construit sa présence et ses actifs sur internet en relation avec ses clients et ses partenaires. Au départ avec des sites web, qui sont devenus avec la montée en puissance du trafic internet, des magasins générant une partie de son chiffre d'affaires. Maintenant elle investit dans les réseaux sociaux avec ses propres applications pour engager la relation toujours plus loin avec ses influenceurs, prospects ou clients (voir il est temps de mettre du social dans votre relation clients). Et surtout maîtriser la problématique de la gestion de ses données, car Facebook c'est bien pour attirer le chalant mais ensuite l'entreprise veut rester propriétaire de sa relation avec ses clients et ne pas s'en faire déposseder.

Le développement de base de données massives par capture d'information dans cet univers de plus en plus numérique, vient compléter le système d'information traditionnel et changer les réflexes d'une DSI qui a pensé sa gouvernance et sa sécurité à l'intérieur d'un château fort. Donc exit le moyen age, nous entrons dans la Renaissance, les murailles tombent, les châteaux s’embellissent, les créneaux deviennent parure, la créativité peut jaillir.

L'informatique a toujours évolué et s'est toujours renouvelée. Est-ce que la transformation actuelle de son écosystème (technologies, éditeurs, intérgateurs, entreprises) est plus rapide qu'avant? Peut être. Mais ce qui est sûr c'est que les entreprises qui ne se préparent pas à leur adaptation risquent de rencontrer des difficultés tant la transformation actuelle semble radicale et totale dans l'écosystem. Non seulement les fondamentaux changent, mais ceux qui vous ont vendu la quincaillerie actuelle ne seront peut être plus là demain pour la reprendre. Et coté humain, les métiers et compétences de demain ne sont peut être pas ceux d'aujourd'hui, avec des transferts certainement massifs vers cette nouvelle industrie du Cloud en construction. En tout cas, c'est de ça dont on parle en quittant son boulot en ce moment. Bon, c'est pas tout ça les copains, je vais rater mon train.

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