jeudi 29 septembre 2011

L'entreprise numérique va sonner à votre porte pour vous raccorder à la ville intelligente

L'entreprise numérique va sonner à votre porte pour vous raccorder à la ville intelligente



Cette semaine, Eric Besson, notre Ministre de l'Industrie (et surtout pour GreenSI) de l'Economie Numérique, vient de valider le déploiement du compteur intelligent Linky dans tous les foyers français soit 35 millions de compteurs intelligents.
C'est le résultat d'un processus de définition et de sélection d'une technologie par le distributeur national ERDF, après une phase pilote en 2010 sur plus de 100.000 compteurs (annoncé). Bien sûr on met en avant dans ce communiqué le compteur, mais c'est l'ensemble de la chaîne numérique du compteur jusqu'au SI de ERDF qui est transformée. Les factures seront établies sans relevés à pied par un agent et pourront exploiter un détail d'information beaucoup plus riche qu'actuellement. C'est une illustration de la transformation numérique d'une entreprise de distribution a laquelle nous allons assister... et même financer!
Donc dès 2013, a raison de 7 millions de compteurs par an, un déploiement technologique qui va durer jusqu'en 2018. Quels sont les enjeux? Dans quelles perspectives technologiques s'inscrit ce réseau intelligent.

Le temps est aux "villes intelligentes", Smart Cities en anglais. Des villes qui grandissent chaque année. Et le phénomène est mondial, puisque depuis 2007 la moitié de la population de la planète vie dans une ville. Pour ces villes énergivores les enjeux sont :


  • la maîtrise des consommations et des pics de consommations y est énorme. Et pour maîtriser il faut pouvoir mesurer, analyser et piloter en temps réel.
  • l'éducation des consommateurs et l'appropriation de sa consommation par chaque habitant est aussi un facteur de maîtrise avec la responsabilisation des acteurs.
  • l'avenir est à la production d'énergie décentralisée, sur votre toit via un panneau solaire ou bientôt avec la batterie de votre voiture électrique qui aura roulé toute la journée et réinjectera dans le réseau sa production. Or l'électricité ne se stocke pas. Le réseau doit équilibrer en permanence sa production avec sa consommation. Et si cette production se décentralise et se répartie sur des millions de producteurs, comment la connaître en permanence sans la mesurer en temps réel.

Linky la partie émergée de l'iceberg "Smart Grid" (réseau intelligent), doit amener une réponse a ces nouvelles problématiques que les responsables de SI engagés dans des projets décisionnels connaissent bien:

  • mesurer en "temps réel",
  • interconnecter numériquement,
  • analyser , anticiper et amener de l'intelligence dans les données,

Du décisionnel, oui, mais appliqué a une masse d'information et en temps réel. C'est ce que certains commence a nommer "Big Data" et que Gartner appelle "Management de l'information extrême", en insistant sur le fait que le volume de données augmente, mais aussi la variété, la vélocité et la complexité des données que les entreprises numériques auront a manipuler.
Les technologies émergentes dans le décisionnel que sont l'analyse en mémoire rendue populaire par Qlickview et l'analyse prédictive, seront de sérieux alliés pour construire la plateforme décisionnelle de demain. Vous remarquerez que je n'ai pas dit l'entrepôt de données de demain, car l'entrepôt n'est pas très adapté au fonctionnement temps réel et cette plateforme aura donc d'autres dispositifs.


Mais en 2011, des villes comme Rennes, Paris ou Bordeaux sont déjà engagées dans l'ouverture de leurs propres données et y associent les opérateurs. 
Construire cette infrastructure pour le seul usage d'ERDF serait une sous-utilisation de cet investissement colossal (4,3 Milliard€).
L"open data", c'est à dire la capacité à ouvrir ces données et en faire bénéficier les services de la ville, d'autres opérateurs, les clients ou toute personne ou entreprise qui peut les utiliser pour produire de la valeur, va certainement être le prochain sujet maintenant.


D'autres réseaux intelligents existent déjà par endroits ou se créent pour le gaz, l'eau ou les transports. Certains comme IBM voient même à l'avenir l'intégration de ces réseaux et un pilotage beaucoup plus global des villes. Ils imaginent déjà des centres de commandes des opérations de la ville sous la forme de plateforme centrale de supervision et de collaboration de toutes les activités de la ville. La ville de Rio de Janeiro est engagé dans ce type de projet.


La ville est donc un ensemble interconnecté de logements et de bâtiments qui vont devenir intelligents avec l'irrigation de ces réseaux numériques. Mais la ville est aussi sociale, car les réseaux d'habitants se développent et avec l'internet, peuvent eux aussi réagir en temps réel et adopter des comportements collectifs coordonnés. Que ce soit en utilisant des plateformes générales comme Facebook ou Twitter, ou des réseaux sociaux de proximité comme www.maresidence.fr ou dans une certaine mesure Foursquare. Ces réseaux sociaux pourront par exemple être mis à profit pour stimuler des économies d’énergies dans des communautés.


Le déploiement de Linky et de ses services associés est donc une opportunité de suivre en direct et près de chez vous, le développement des villes numériques et des entreprises numériques qui en fourniront les infrastructures et les services.On devrait y voir des applications concrètes du décisionnel extrême (Big Data, temps réel, prédictif), de l'ouverture des données (Open Data), et de l'utilisation opérationnelle de réseaux sociaux. Alors ouvrez l'oeuil et le bon!

vendredi 23 septembre 2011

Open Source, un modèle à suivre pour l'entreprise numérique

Open Source, un modèle à suivre pour l'entreprise numérique

Pour GreenSI c'est en 2000 avec l'expression "click & mortar" que la prise de conscience de la transformation numérique de l'entreprise s'est révelée. C'est à dire la prise de conscience de:
  • sa capacité à produire, distribuer, commercialiser ses produits et services,
  • via la relation numérique qu'elle peut développer avec ses prospects, clients, fournisseurs et partenaires.
Ce n'est pas nouveau pour l'industrie de la musique, du film ou la banque, où des produits sont déjà totalement dématérialisés, mais a terme toutes les entreprises seront concernées. Même celles qui semblent aujourd'hui très "mortar" comme dans le BTP, la logistique ou les utilités. Et pour s'en convaincre on pourra consulter les travaux du Cigref sur le sujet de l'entreprise numérique ("L'entreprise numérique - Quelles stratégies pour 2015?").

Et vous vous en doutez puisque c'est un sujet GreenSI, cette transformation n'est pas sans impact sur le système d'information. Dans ce paradigme le SI "se fond" dans cette entreprise numérique et en assure les communications et la circulation de l'information, jusqu'à en être inséparable.
Enlevez iTunes (application) et Internet/3G (réseau) a Apple et les ventes d'iPad et d'iPhone vont chuter car ces équipements redeviendront de simples machines. Belles, certes, mais ce ne seront que des machines quand même. Et ce n'est certainement pas un hasard si le modèle économique tourne aussi autour d'iTunes, point de passage obligé (sans "jailbreaker") du contenu, des applications et des paiements.

Ce qui interpelle GreenSI aujourd'hui c'est la mutation de la DSI dans une entreprise numérique. Car son SI devient encore plus un moyen de production et est intimement lié à l'entreprise. Cette interrogation remet le logiciel sur le devant de la scene, a un moment où l'infrastructure "monte dans les nuages" et devient une commodité que l'on commande avec sa carte bancaire sur un serveur Amazon ou Azure. Le logiciel représente un actif (immatériel) majeur de l'entreprise numérique. 

Cette semaine l'Open World Forum 2011 a été l'occasion de faire le point sur le développement de l'OpenSource et de sa pénétration dans l'entreprise. Longtemps décrié, aujourd'hui cette nouvelle forme de marché et d'économie du logiciel présente bien des avantages pour construire ces entreprises numériques. Car si pour le "mortar" les infrastructures que sont les ZAC, les routes et les péages... sont bien connus de tous, pour l'entreprise numérique les standards, l'interopérabilité, les modèles économiques et de propriété intellectuelle sont certainement encore à inventer.

Et si l'Open Source était finalement une source d'inspiration pour réussir cette transformation vers l'entreprise numérique?


Open: c'est le logiciel ouvert mais surtout partagé.
N'est ce pas une réponse à l'édition de logiciel qui n'offre plus la garantie d'une perenité de ses investissements? Car avec le recul, nous voyons que tous les jours les éditeurs sont secoués par des fusions, des acquisitions et des calculs tactiques pour dominer un segment, doper leur cours de bourse... sans prendre en compte l'intérêt de leur clients. Les coûts marketing et commerciaux explosent alors qu'ils ne délivrent aucune valeur in fine aux SI des entreprises. Les mises à jour sont souvent des projets majeurs, très coûteux, loin des promesses du début d'une mise à jour permanente. Et que les éditeurs de taille moyenne ont souvent un modèle économique qui repose sur du service délivré sur une base de clients captifs... a un prix difficilement négociable. 
Le dogme de la force du progiciel standard par rapport au développement logiciel spécifique serait-il en train de s'éroder et le développement spécifique de reprendre le dessus?

GreenSI pense que oui!!!
Si le développement sait, comme l'Open Source, tirer partie des économies d'échelle liée au développement en commun et à la mobilisation de communautés.
Et si un open source comme OpenErp, né dans un garage du Sud de la Belgique (tinyERP), a pu en 8ans  se développer, s'adapter aux dernières évolution technologiques comme le Cloud, malgrè des moyens limités, alors que des poids lourds de l'édition ERP sont omni présents, c'est que c'est faisable, non?

Communautés: la capacité d'innovation d'un eco-system est supérieure à celle de ses membres. 
Ne cherchez pas la démonstration de cette assertion, c'est une hypothèse, mais cela ressemble quand même a du bon sens.
Mieux que les autres modèles logiciels, l'open source a su tirer partie de ses communautés pour les tests et la promotion du logiciel. Les cycles de production peuvent être réduits et la qualité du code améliorée. D'une certaine façon la communauté open source est une entreprise numérique 2.0, sans hiérarchie forte, reconfigurable, organisée en mode projet... L'open source peut clairement être un modèle et une source d'inspiration pour la production de logiciel de l'entreprise.

D
'ailleurs la diffusion dans les entreprises, des méthodes agiles comme Scrum, s'inspire d'une approche similaire en mettant en avant les individus et non les processus ou les outils. Son impact dépasse la DSI puisqu'elle redéfinie la relation traditionnelle MOE-MOA et fait émerger une communauté interne d'utilisateurs qui fixent les priorités.
La vitesse d'évolution du logiciel demande une réactivité que peu d'entreprises peuvent encore sourcer totalement en interne. Elles sont condamnées à s'associer avec les compétences clefs a un moment donné... ou a ne plus innover. C'est dans ce contexte qu'une approche par communauté prend tous son sens.Le point de départ peut être l'association avec des start-up pour retrouver l'agilité d'une informatique en communauté. L'entreprise amène son besoin, ses usages, un amorçage financier, la start-up son énergie, ses compétences et son goût du risque, qui lui permet de franchir des étapes que l'entreprise n'aurait jamais passées seule... où alors après de nombreux comités d'engagement!
Mais GreenSI pense que ce stade n'est qu'une première étape vers la formation d'une communauté plus large incluant d'autres entreprises qui vont développer en commun les briques logicielles de l'entreprise comme l'open source depuis 20ans. Peut être au niveau sectoriel, peut être par grande fonctionnalités, après tout les coopératives et les mutuelles sont des modèles économiques qui ont fait leur preuve.
La force du modèle est dans l'adoption de standards communes facilitant in-fine l'assemblage de ses entreprises numériques dans leurs échanges quotidiens.
Les freins, dans la contractualisation de ce partage de R&D et des droits d'usage. L'open source y a déjà répondu avec ses licences libres. Une licence dédiée à l'entreprise est certainement à élaborer.

Open Data: un monde d'API qui stimule la créativité
Les développements de l'internet montrent l'importance des API pour "consommer" des services. Un achat sur un site marchant est une expérience continue pour l'utilisateur alors qu'il fait appel a de nombreux acteurs (marchand, banque, livraison, satisfaction), tous présents via des API tout au long de la navigation.
Google Map ou Mappy, gratuits dans le grand public, se sont imposés dans les entreprises. Ils offrent des contrats qui pour quelques centimes, fournissent la capacité d'enrichir les applications de son SI avec des cartes rémunérées "a l'appel de service". C'est l'un des nouveaux modèle économique de l'entreprise numérique et il se passe au coeur du SI. Car demain la DSI vendra aussi ses API à l'acte aux autres acteurs de son écosystem.

L'évolution vers un monde d'API ouvertes est donc une tendance forte. Les projets d'open data, ouverture des données des services publics mais aussi du privé, qui fleurissent, vont dans ce sens.
Pour l'entreprise c'est un peu le stade ultime de la SOA dans un monde totalement ouvert. Il n'y a plus d'applications mais une myriades de services, internes ou externes, que l'on assemble pour délivrer l'application attendue par les utilisateurs. Et directement dans le navigateur vous diront les bons architectes ;-)
C'est aussi pour les SI les plus agiles, une source de revenus, en tout cas de nouveaux modèles économiques à inventer.
L'open source peut aussi amener dans ce paradigme la standardisation nécessaire pour accélerer cette évolution et réduire la trop grande puissance que certains pourraient tirer du contrôle de certaines API clefs.

En conclusion, penser 'Open', 'Communautés' et 'Open Data', c'est un bon début pour imaginer dès maintenant votre entreprise en numérique

samedi 10 septembre 2011

Il y a un an : un gadget Apple dans le Système d'Information? Tu n'y penses pas!!

Il y a un an : un gadget Apple dans le Système d'Information? Tu n'y penses pas!!

IL Y A UN AN DEJA - SEPTEMBRE
GreenSI a un peu plus d'un an. Pour marquer ce jalon une nouvelle rubrique de circonstance apparaît : "Il y a un an déjà". Regarder dans le rétroviseur est intéressant pour apprécier la vitesse des changements et la pertinence des ruptures identifiées. C'est ce que cette rubrique se propose de faire.


Il y a un an l'iPad n'existait qu'en version 1 et se vendait déjà bien. Peu imaginaient sa trajectoire. En 2011 on estime a 45 millions les ventes de l'iPad 1 et 2 et Apple est devenu une des premières capitalisation mondiale. Aujourd'hui l'iPad et l'iPhone sont rentrés dans l'entreprise, parfois en passant par la case DG, souvent par la case second téléphone des salariés les plus fortunés.
Leur impact sur l'entreprise et la stratégie d'accès à son système d'information est donc bien réel :
  • Nouvelles interfaces tactiles
  • Nouveau format tablette
  • Nouvel OS et nouveau navigateur pour challenger Microsoft
  • Nouvelle conception de la distribution des applications (AppStores)
Je vous laisse re-découvrir deux articles : 
iPad Strategy : pourquoi les SI des entreprises sont concernés

vendredi 9 septembre 2011

Préparez vous aux émeutes numériques dans la rue du commerce

Préparez vous aux émeutes numériques dans la rue du commerce

HP a décidé de se recentrer sur le logiciel d'entreprise et de se retirer de la production de tablettes. Enfin, c'est ce que GreenSI avait compris il y a deux semaines car depuis cette annonce par son CEO Leo Apotheker, fondateur de SAP, finalement la séparation avec sa division PC ne serait plus si brutale, WebOS serait même poursuivi et mieux de nouvelles tablettes seraient produites!
Mais pas en Europe, histoire d'honorer les contrats fournisseurs. Excités par l'odeur du sang d'un HP blessé, les concurrents comme Dell et Samsung ont multiplié leurs annonces pour en tirer avantage.
Ce que GreenSI en retiendra c'est que nos investissements technologiques sont peu de choses, au grès des annonces et des changements de stratégie de nos fournisseurs bien aimés...


Ce cafouillage médiatique aura eu une conséquence irréversible: nous venons de franchir le point d'inflexion de la courbe de domination d'Apple. HP en bradant à $99 ses centaines de milliers de tablettes invendues a testé la résistance de la courbe d’élasticité de prix comme dirait un économiste. A ce prix la, tout le monde achète!
Les distributeurs ont écoulé leurs stocks en quelques heures. Début de réaction en chaîne? Motorola a baissé de 100€ sa Xoom en Europe pour se mettre en dessous des 550€ pour une 32Go. Les nouvelles versions arrivent rendant obsolète les produits actuels ce qui présage de nouvelles réductions. Et puis le 8 octobre Amazon devrait arriver avec le Kindle 4... La convergence vers les 250€-400€ semble engagée accélérant sa vitesse d'entrée dans l'entreprise, au moins via les salariés qui vont se les acheter.


Mais revenons sur la grande braderie HP. Cette semaine Rue du Commerce, le distributeur web, a décidé d'organiser une vente de 1000 tablettes au prix toujours canon de 99€ (et oui le dollar est a 1€ dans la distribution!). Annoncée quelques jours avant, beaucoup ont admiré l'attitude suicidaire de cette société qui allait livrer ses serveurs et son site a l’émeute numérique qui allait découler de la vente d'une si faible quantité de machines. Et 9mn avant la vente on a eu la confirmation via Twitter de l'état d'euphorie qui regnait chez RDC


Le 7 a 7 heure (et quelques minutes de retard), ce qui devait arriver arriva: en 2mn le site n'était plus disponible. Ceux qui avaient réussi a mettre une tablette dans le panier n'ont pas toujours pu la payer... bref énormément de frustration, pour rentrer, pour la prendre, pour payer. Et pourtant en regardant les url on pouvait deviner des serveurs dédiés dans le Cloud.


Et comme ceux (peu nombreux) qui avaient acheté se dépêchaient de partir au boulot, les milliers de frustrés faisaient entendre leur voix sur les réseaux sociaux dont Twitter. A tel point que RDC en a été réduit a envoyer des emails aux chanceux pour leur demander d'aller manifester leur enthousiasme... et démontrer qu'il y avait bien eu une vente et pas juste une énorme opération de publicité!
Pas très apprécié comme méthode de manipulation et beaucoup de déçus ont juré sur Twitter de ne plus revenir chez RDC. Les geeks ont cependant la mémoire courte...



Les réseaux sociaux ont aussi joué un rôle important avant la vente car ne voyant rien (retard de mise en ligne) tout le monde commençait a crier à la machination. Et pour les plus malins les liens directs vers le produit (en court circuitant la home) ont aussi été échangés dans des forums.
RDC venait d'essuyer une belle émeute numérique qu'elle avait bien cherché. Le petit jeu mis en ligne pour se défouler sur le dernier client n'a peut être pas amusé tout le monde. En plus, même le lien vers le lot de consolation plantait... Ce serait super si un représentant de RDC pouvait partager avec nous sa vision de l'intérieur.


Bienvenue dans l'entreprise numérique, un nouveau monde qui demande:

  • la flexibilité du SI pour répondre a des demandes ponctuelles. Une flexibilité qu'il est certainement difficile de fournir seul, ce qui remet le Cloud au premier plan des priorités.
  • la vente commence avant sur les réseaux sociaux, se poursuit sur votre site et perdure ensuite sur les réseaux sociaux. Il n'y a plus de frontière entre l'informatique de vos clients et celle de votre SI. Et contrairement aux émeutes de Londres la mobilité n'était pas présente dans ce scénario, mais cette relation entre SI inclue bien sûr les accès mobiles
  • la capacité d'analyse et de réaction est en temps réel pour identifier les "meneurs" et engager le dialogue avant que la rumeur n'enfle ("ah, bon les employés de RDC se seraient servi en premier!" ou les fuites d'information...
  • une coordination étroite entre entre tous les acteurs: marketing, communication, vente et informatique, voir un effacement de frontière et une redistribution des tâches entre les métiers

Peut être vous dites vous que l'entreprise numérique est réservée au e-commerce et que dans l'industrie et les services "ce n'est pas pareil".
Tous les secteurs seront concernés au fur et à mesure de la numérisation des transactions. Et ces phénomènes de "crises numériques" peuvent se produire sur des marchés financiers, des échanges entre entreprises...
La messagerie est aussi une zone d'engorgement de dérapage non maîtrisée des échanges entre salariés qui peuvent "partir en vrille" par exemple quand tout le monde répond a tout le monde pour dire qu'il ne faut pas répondre a tout le monde... ça vous rappel du vécu ;-)
Alors si vous ne voulez pas être mis au tapis à la première crise, identifiez vite les émeutes numériques qui peuvent s'abattre sur vous et préparez votre entreprise numérique à y faire face.

vendredi 2 septembre 2011

Et si Salesforce.com changeait de nom pour SocialBusiness.Cloud?

Et si Salesforce.com changeait de nom pour SocialBusiness.Cloud?

Cette semaine Salesforce, le leader des solutions SaaS de gestion de forces de ventes a tenu a San Francisco son évènement annuel Dreamforce 11 (#df11) et rassemblé cette année plus de 45.000 personnes ! Le Moscone Center, centre de conférence de San Francisco, a trouvé un remplaçant à Steve Jobs, en la personne de Marc Benioff, pour délivrer une vision de l'industrie informatique a une foule recueillie...

En 2004 lors de son introduction en bourse Salesforce.com avait alors raflé le symbole CRM ("ticker") pour sa quotation au New York Exchange (et non au NASDAQ comme la majorité des star-ups). Le CRM - Customer Relationship Management était alors a son plus haut et annonçait une vision plus large que le "SFA - Sales Force Automation", positionnement initial de Salesforce, en incluant l'ensemble de la relation avec le client dont le marketing et les services.
Depuis le départ l'offre de salesforce.com est totalement basée sur Internet. Huit ans plus tard l'internet est une plateforme et le Cloud est devenu un modèle "sérieux" qui plait aux entreprises. L'internet est passé pour les entreprises du ".com" au ".cloud", une façon de mettre en avant la révolution architecturale, et notamment la scalabilité, qui se cache derrière les applications dans le Cloud sur cette plateforme Internet.

Aujourd'hui, après cette nouvelle convention DreamForce 11 et une activité 2011 qui a vu nombreuses participations et acquisitions - et l'arrivée de plus de 1000 salariés - Salesforce est prête a changer de nom et embrasser la vision de son CEO Marc Benioff autour des "Social Entreprises".

Alors qu'est ce qu'une "social entreprise" et pourquoi salesforce (dot com) est prête à devenir "Social Business Dot Cloud" ?

L'entreprise sociale reconnait le profil social de ses clients. Elle ne se contente plus de la connaissance interne 360° du client mais s’intéresse aux relations de ce clients avec son environnement numérique, de plus en plus utilisé (Facebook, Youtube....)
Pour cela elle sait mobiliser ses partenaires, écouter et analyser le web, marketer ses produits, engager la relation, vendre, servir et collaborer avec ses clients. En interne elle s'appuie sur le développement de ses réseaux sociaux.


Pour les lecteurs de Green SI on retrouve les idées brossées depuis un an sur ce blog à savoir:
  • l'importance du développement des réseaux sociaux internes pour préparer la capacité de l'entreprise à s'ouvrir aux réseaux externes ("les community managers ce sont vos employés, mais chut, ils ne le savent pas encore"),
  • l'importance du Social CRM pour aller au delà du CRM actuel... et le conseil de privilégier les investissements sur le "social" et non de remettre une nouvelle couche de peinture sur votre CRM,
  • le Cloud est LA plateforme de collaboration ultime avec les clients et les partenaires. Les CRM actuels deviennent des "back office" de cette plateforme pour des tâches de gestion, mais de plus en plus d'interactions se font en ligne,
  • la stratégie collaborative d'IBM autour du "Social Business". La différence que j'ai perçue est qu'IBM avait fait jouer un groupe de Gospel à Paris alors que Salesforce a mobilisé le groupe Metallica pour mettre de l'ambiance dans son congrès ;-)
Ce qui est peut être plus affirmé maintenant par rapport à il y a un an, c'est que Chatter est clairement positionné comme un concurrent de Jive et BlueKiwi et non une extension sociale du CRM. Dommage ça perturbe certains clients qui ont peur de réduire en miettes leurs investissements passés dans le développement de leurs réseaux sociaux internes.

Mais la plateforme cible de demain aura trois composantes Cloud, Social, Mobile (que GreenSI préfère a Social, Mobile, Local qui ne représente qu'une vision marketing oubliant l'infrastructure). Marc Benioff aurait-il oublié cette dimension Mobile dans sa stratégie? Et passer si près de la Social Mobile Entreprise?

Et bien non, bien sûr. Il a confié à Seesmic, société de notre entrepreneur tricolore Loic Lemeur, le développement de la mobilité, via une prise de participation réalisée en début d'année. Seesmic, devenu le laboratoire mobile de Salesforce, est en marche et Dreamforce11 a été l'occasion de voir pour la première fois "Seesmic CRM" le produit sur iOS et Android (Mango annoncé). Il permet de plonger les utilisateurs de Salesforce dans une nouvelle relation mobile et temps réel avec leur environnement. Le business modèle gratuit pour l'instant est annoncé comme un service payant au dessus de salesforce ($10 par utilisateur).
Notons fièrement que dans les archives de GreenSI un article décrivait ce scénario Seesmic en septembre 2010 - Social CRM le challenge de l'intégration temps réel en entreprise)

Enfin le rachat de Heroku (plateforme Ruby et framework Ruby-on-rail) a amené la compétence pour mettre Java sur la plateforme as a service PaaS de salesforce. Ainsi plus besoin pour les entreprises d'aller chez Microsoft ou Amazon pour faire tourner ses applications Java dans le Cloud. L'ouverture de cette plateforme PaaS est donc un élément clef de la stratégie de salesforce qui va devenir plus généraliste et éviter de rendre sa plateforme propriétaire ce que les investissements des entreprises n'aiment pas trop. Java en sort aussi renforcé comme choix dans les développements. A Salesforce maintenant de ralier la communauté des développeurs et de stimuler l'adoption de ces standards ouverts dans son éco-system et notamment chez les intégrateurs.

Donc oui, Saleforce.com a toutes les cartes en main pour réaliser sa vision et devenir leader du Social Business.
Elle n'est pas seule, bien sûr mais, peut vraiment préténdre à être la première Social Business Dot Cloud company. et réserver dès maintenant le ticker SBDC au NYSE

Une société qui ne se définit plus par la "négation du software" (rond rouge barré dans son logo actuel) mais par un positionnement affirmé dans le Cloud, avec la couleur bleu des nuages.

Enfin, ce n'est qu'une suggestion, logo compris, cela clarifierait grandement les choses, au moins pour Green SI...