vendredi 28 octobre 2011

Les analystes donnent 10 tendances technologiques... la forêt qui cache le retour du roi logiciel

Les analystes donnent 10 tendances technologiques... la forêt qui cache le retour du roi logiciel

Comme chaque année le cabinet Gartner a publié ses 10 technologies stratégiques pour les entreprises en 2012. Celles qu'il conseille de tester dès 2012 pour "se faire la main" car ça risque d'être "tendance" pour nos systèmes d'information.
C'est vrai qu'ils ne sont pas les seuls et Forrester, autre cabinet, a aussi fait son annonce. Cette année on n'a pas encore entendu McKinsey, mais l'an dernier ils avaient volé la vedette à Gartner en annonçant "leurs" tendances quelques semaines avant que Gartner ne lance les siennes. Ce qui avait déclenché un petit débat d'idées, par l'intermédiaire de la page Facebook de McKinsey, où Gartner et d'autres consultants étaient intervenus... au fleuret moucheté! (GreenSI en avait parlé, Les tendances de fond qui balayent les SI des entreprises). Bref, en Automne, la tendance est très tendance. Alors GreenSI ne pouvait résister d'y mettre son grain de sable, euh, de sel.

And the winner is... les tablettes.
Je ne vous vois pas sauter au plafond, moi non plus d'ailleurs. Pas besoin d'être devin pour voir (autour de soi) que les tablettes pénètrent de partout dans l'entreprise et que ce qui manque ce n'est pas un projet mais une stratégie.

Une stratégie pour équiper (ou pas) les agents, et une autre pour porter la présence média et internet sur les terminaux clients. Dans le premier cas le choix relève de l'entreprise et dans l'autre des clients eux même et des parts de marchés de diffusion des différents OS auprès de votre clientèle (donc pour l'instant l'iPad...)

Bien sûr cela veut dire de repenser l'ergonomie des applications pour les amener sur ces terminaux. Pas la peine non plus d'y embarquer toutes les fonctionnalités existant sur un PC. Les applications mobiles sont simples, quitte a faire plusieurs applications.

Le social et les réseaux sociaux sont aussi mis en avant, avec la possibilité d'exploiter cette masse d'information, via des API vers ces réseaux, pour enrichir l'expérience client ou agent et aider à prendre les bonnes décisions en temps réel.
On pense par exemple pour les clients au contenu géolocalisé et aux décisions marketing prises sur le point de vente avec le client. M.LeClient, je vois que le produit que vous voulez est moins cher dans telle enseigne mais je vous fais 20% sur la garantie si vous le prenez dans les 30mn. Cliquez-ici!
Et concernant l'aide aux agents on pense par exemple a des mécanismes d'entraide qui s'appuient sur la localisation géographique des autres équipes. Il me manque une pièce mais elle est dans le camion de l'équipe de Gérard qui est a 500m, au lieu d'aller au magasin principal a 10km. Ou trouve moi la station service la plus proche et la moins chère que l'on a dans le contrat cadre avec la carte carburant. Combien de fois ne vous êtes vous pas dit que si vous aviez telle info juste là et maintenant vous prendriez une bonne décision?

Et avec cet enrichissement de données pourquoi pas connecter aussi les objets et démultiplier encore plus l'information dont on dispose en les interrogeant avec du NFC ou du RFID. Plus précis que la géolocalisation, l'internet des objets. Et plus bavard.

Enfin, Gartner nous parle du Cloud...
Bien sûr tout ceci n'est pas nouveau en terme de technologies. Ce qui l'est c'est l'utilisation des données contextuelles en situation opérationnelle, et cette capacité a s'appuyer sur des réseaux d'agents, de clients ou de machines pour augmenter le degré de liberté de l'action.

Et le cœur de tout ça c'est... le logiciel. Celui avec des algorithmes qui délivrent de la valeur. La technologie est finalement presque une commodité.

Et GreenSI voit le retour en force du logiciel dans les DSI. Pas le développement spécifique d'application qu'on aurait pu prendre sur le marché comme certains métiers nous ont poussé a faire ces dix dernières années. Non. Le logiciel qui modélise et sait donner de la valeur a vos données. Le logiciel qui se protège car il encapsule un procédé innovant pour l'entreprise. Et pour les autres ne vous inquiétez pas le SaaS est là pour ça et prendra le relais de vos développements et TMA sans fin qui vous grignotent 80% de vos budgets.
Alors si vous avez une décision à prendre pour 2012 GreenSI pense que c'est celle de revisiter le logiciel.
De penser la DSI en éditeur
, même si elle s'appuie sur des ressources externes. De chercher les domaines où cette intelligence "pure" peut délivrer de la valeur pour l'entreprise. Nous vivons dans un monde de plus en plus numérique, alors il est normal que les actifs de l'entreprise aussi deviennent numériques.

Et peut être de penser ce retour du logiciel via un eco-système. Il y a des compétences et de l'innovation dans l'open source et les start-ups? Et bien faites les rentrer à la DSI!
Par exemple comme des briques pour aller plus vite, voir acheter des composants et les librairies pour établir un framework de développement rapide et même fait appel a des start-up pour du co-développement.
Choisissez vos SSII sur leur capacité a connaître cet eco-system et vous amener cette connaissance des briques logicielles disponibles sur le marché et que vous pouvez compléter. Ce n'est qu'une question de savoir partager les risques et les bénéfices donc de mettre un peu de neuf dans le business modèle de la DSI. 


Finalement, rien de bien nouveau dans les tendances des analystes. 
On retrouve nos 3 axes Cloud, Social et Mobilité qui doivent être conjugués dans tous les projets. Challengez vos métiers. Tu veux telle fonction, comment tu la décline en mobilité, comment exploitera t-elle la force des réseaux et au fait tout sera dans le Cloud.
Mais ce qui semble plus important c'est que le logiciel est en train de se lever à nouveau à l'horizon pour les DSI. Il aura fallu une révolution et un déluge de données et de connectivité pour le revoir. Mettez vos lunettes de soleil, le roi revient et il va briller.

dimanche 23 octobre 2011

Il y a un an déjà Cloud, Social et Mobilité, laissaient imaginer de nouvelles architectures SI

Il y a un an déjà Cloud, Social et Mobilité, laissaient imaginer de nouvelles architectures SI

IL Y A UN AN DEJA - NOVEMBRE
Regarder dans le rétroviseur est intéressant pour apprécier la vitesse des changements et la pertinence des ruptures identifiées. C'est ce que cette rubrique se propose de faire régulièrement
________________________


Il y a un an déjà des consultants éclairés prônaient déjà des architectures de SI compatibles avec le monde en train de se dessiner : Cloud, Social et Mobile. 
 

Cloud: qu'il soit public ou privé il deviendra mixte avec une architecture pensée pour Internet (WOA - Web Oriented Architecture), le rassemblement autour de HTML5 et le déclin de technologies comme Silverlight. Une recherche d'occurrence sur Google en France montre que le terme SOA stagne et qu'HTML5 gagne en visibilité. Depuis, les premiers sites ou applications totalement html5 ont été lancées sur tablettes (ex. Financial Times)... même si cela ne plait pas trop a Apple qui ne veut pas que l'on court-circuite iTunes et ses API de paiement et d'abonnement avec des "applications dans le navigateur".
Social: les réseaux sociaux internes ou externes se développent, et plus qu'une mode, ils constitueront une ossature d'échanges interpersonnels au sein de communautés, plus performante que l'email dans de nombreux cas. Le SI pour garder sa fonction stricto census de "système d'information" ne peut que s'y intégrer et les exploiter puisque l'information s'y échange et y circule avec des volumes impressionnants. Des volumes (Big data) rendus possible par le stockage dans le Cloud, et des besoins de recherche et d'accès a cette information stimulés par la mobilité.
Déjà des grands éditeurs ont annoncé leur réseau social intégré a leur ERP, que ce soit Salesforce (Chatter) ou Oracle (Oracle Social Netork) il y a 2 semaines.
Mobile: le développement des tablettes et des smartphones dynamisé par Apple ne va pas s'arrêter avec le décès du plus grand des geeks, enfant troublions peu aimé des DSI (en général). Déjà en son temps avec le Macintosh il venait rompre la belle homogénéité des parcs de PCs. La tablette s'est imposée comme un terminal d'accès à Internet et déjà s'insère dans le SI pour certaines entreprises. Androïd se développe mais lui même éclaté entre plusieurs versions et de nombreux terminaux. La mouture Androïd 4 annoncée cette semaine va aider à la réunification mais elle prendra bien plusieurs années. Bienvenue dans un monde multi-OS et multi-terminal qui fait exploser le besoin d'accès mobile au SI.

Pour vous replonger dans ces tendances telles que perçues il y a un an, je vous laisse re-découvrir quatre articles : 
Le secret de ceux qui survivront? Une architecture orientée web
Le télétravail est en train de pousser le poste de travail dans les nuages
Le point sur la maturité des réseaux sociaux
iPad objets de rupture dont devrait se soucier les DSI


GreenSI n'est finalement pas étonné que Mark McDonalds, VP Gartner, lors du symposium "Reinvent IT" à Orlando la semaine dernière annonce que "Mobile, Social, Cloud et Big Data" sont les 4 technologies clefs a retenir avec des applications métiers concrêtes pour 2012.

samedi 15 octobre 2011

Pour BigBlue le Cloud sera orienté métier

Pour BigBlue le Cloud sera orienté métier

Cette semaine, grâce a une rencontre sur Twitter, GreenSI a pu se faufiler à la réunion d'annonce privée du SmartCloud par IBM dans un grand hôtel Parisien.
Le Cloud n'est pas nouveau chez BigBlue. Depuis plusieurs années IBM a des offres d'infrastructure, de postes de travail ou d'outils collaboratifs en ligne avec la suite Lotus Live.
Mais jusqu'a présent on restait dans les services communs à toutes les entreprises. Certe on pouvait choisir de les héberger dans un Cloud public ou privé ou une variante, mais on restait sur de l’infrastructure "générique".
Ce qui est nouveau dans l'annonce du 12 Octobre c'est la volonté de remonter jusqu'aux applications et même dans les processus métiers de l'entreprise. Approche intéressante qui nous éclaire un peu sur les chemins du Cloud, qu'il soit public, privé ou mixte, sur lesquels les entreprises vont s'aventurer.


Pour IBM le premier cas d'usage est la réduction des coûts via le PaaS - Plateform as a Service. Pour un hébergeur ou une entreprise qui a un datacenter efficace, ce n'est pas une nouveauté. Mais ce n'est pas à la portée de tout le monde d'arriver aux économies d'échelles et au niveau d'automatisation qui permettent cette réduction drastique des coûts et de proposer un paiement à l'usage. A 7centimes de l'heure (nouveau tarif en baisse) et un taux d'utilisation des PC de 40% ça ramène le PC virtuel sous XP accessible de partout a 245€ par an, énergie comprise. On comprend l'intérêt de s'appuyer sur des acteurs spécialisés qui vont poursuivre sur cette route de la compétitivité.
Autre élément essentiel et certainement différenciant, le moteur d'automatisation qui permet de provisionner les machines virtuelles. L'annonce d'ISAAC (pour IBM Service Agility Accelerator for Cloud), est une évolution qui permet d'automatiser cette gestion avec des temps de création très faibles pour répondre à la demande de gestion des grands parcs. Provisionner des milliers de machines en quelques minutes. A suivre aussi.

IaaS et SaaS correspondent au second et troisième cas d'usages qui permettent l’accélération du "time to market" et l'accès immédiat à une application
. C'est le positionnement depuis l'origine de Salesforce/Force.com, depuis peu d'Oracle Public Cloud (Oracle adopte le Cloud et s'en va-t-en guerre contre Salesforce, mironton, mironton, mirontaine...) et devient le coeur des batailles qui vont s'engager pour la domination du Cloud public pour entreprises.


Enfin le dernier cas d'usage est pour l'entreprise de devenir elle même opérateur de Cloud
. Sa valeur ajoutée ne réside pas dans l'infrastructure pour laquelle elle peut s'appuyer sur un partenaire pour la construire, mais sur sa capacité à offrir des services métiers. Cette idée au départ étrange puisqu'elle éloigne l'entreprise de son coeur de métier en s'engouffrant dans les services en ligne, n'est finalement pas si saugrenue quand on regarde le parcours d'Amazon. Libraire au départ, Amazon revendent la capacité non utilisée de ses datacenters dans les premières offres de PaaS, et devient ainsi un acteur majeur de l'informatique. Maintenant en sortant le Kindle, il maîtrise toute la chaîne numérique entre son client et ses magasins. Création de valeur? Bien sûr.

Alors pourquoi n'avons nous pas aussi dans nos entreprises des gisements de valeur qui dorment et qui pourraient s'ouvrir au monde via des services en ligne?


L'annonce d'IBM qui a retenu l'attention de GreenSI, c'est SmartCloud Solutions, le "Software & Business Process as a Service" incluant des solutions métiers facturées à l'acte de gestion. L'exemple cité par Fady El Kaddoum, le responsable des offres Cloud computing chez IBM France, est Coremetrics. Une solution analytique de trafic web, acquise un an plus tôt. L'offre Cloud de Coremetrics permet d'acheter un minimum de 1million de transactions pour optimiser ses campagnes CRM online. Donc paiement à l'usage du logiciel, mais non pas au nombre d'utilisateurs mais à la valeur retirée dans le processus métier. 

Le CRM est certainement LA priorité pour monter progressivement une offre dans SmartCloud Solutions
car il correspond a un besoin des entreprises taillé pour le Cloud. En effet dans un monde demandant plus d'agilité, avec plus de partenaires et où la relation se déporte massivement sur Internet, le Cloud amène une véritable réponse a ces nouvelles formes d'organisation CRM pour capturer et satisfaire des clients avec une présence multi-canal et un accès multi-terminal.

On l'aura compris la cible prioritaire d'IBM c'est pour l'instant les très grands comptes, ceux qui ont des logiciels spécifiques onéreux qu'ils pourraient troquer contre des services métier en ligne a un coût variable. Peut être que l'ouverture de 
SmartCloud Solutions aux partenaires à l'avenir, marquera un développement vers des cibles d'entreprises plus petites. En tout cas pour l'instant IBM reconnait que tout le monde apprend en marchant et que la compagnie veut être en première ligne pour ce développement.

Sans aucun doute IBM va poursuivre sa politique d'acquisition d'éditeurs de logiciels
et les intégrer dans ses solutions SmartCloud au fur et à mesure de la montée en charge des besoins des entreprises.
Un conseil en passant pour HP: se dépêcher si ils veulent  encore renforcer leurs positions dans le logiciel d'entreprise comme annoncé dans leur stratégie cet Été car les "pépites" vont rapidement disparaître et IBM ne sont pas les seuls à y avoir pensé...
Avec le développement des offres métiers, on peut même imaginer qu'a terme, l'ensemble des processus de l'entreprise soient offerts par ce type de solutions (3-5 ans ?) que l'on pourrait appeler "ERP On The Cloud"!
Et d'ailleurs la semaine précédente le salon Solutions, où tous les ERP présentaient leur évolutions, a permis de constater que le Cloud (avec le social et la mobilité) est une tendance qui impacte fortement leur business modèle a base de licences. Des licences de moins en moins appréciées par les entreprises et surtout les PME qui hésitent a investir en amont et préfère un paiement a l'usage.

Finalement ce qu'on peut lire dans une telle annonce pour les SI des entreprises et collectivités et qui nous éclaire un peu la route (en se disant que si IBM s'y engouffre c'est qu'ils ont du y réfléchir !):
  • le PaaS est un début mais la suite du chemin dans les nuages passe pour tout le monde par la case métier. Certainement le CRM et le collaboratif mais GreenSI pense aussi que la relation fournisseurs est un bon candidat,
  • la construction d'un environnement métier complet dans le Cloud est une vrai option stratégique de transformation de son SI, à la fois technique, fonctionnelle et économique,
  • que le choix d'un éditeur est une décision de plus en plus critique sur sa capacité à traverser cette prochaine mutation. Certe IBM, Oracle et autres seront là pour racheter les éditeurs en difficultés et les embarquer dans leur Cloud, mais ce n'est pas sûr que les investissements des entreprises soient préservés
Alors si vous envisagez une aventure dans les nuages pour votre SI métier, regardez à l'horizon car maintenant il y a un gros nuage bleu qui vous fait signe, il aurait pu s'appeler BigBlueCloud mais préfère être Smart.

mercredi 12 octobre 2011

Oracle adopte le Cloud et s'en va-t-en guerre contre Salesforce, mironton, mironton, mirontaine

Oracle adopte le Cloud et s'en va-t-en guerre contre Salesforce, mironton, mironton, mirontaine

Pas facile d'être audible cette semaine que l'on retiendra comme celle de la mort du père de tous les Geeks...

 
Manque de chance pour Oracle, c’était la semaine d'Oracle Open World 2011 à San Francisco. La grande messe annuelle d'Oracle où se rendent ceux qui veulent savoir à  quelle sauce ils vont être mangés après avoir investit des millions dans les plateformes et produits d'Oracle. Heureusement GreenSI s'est intéressé au sujet.

Ce fut l'occasion de montrer dès la Keynote de Larry Ellisson que le rachat de Sun n'était pas un caprice d'enfant gâté mais qu'il y avait bien une stratégie pour avancer dans le hardware, optimisé en fonction des usages. Entre autres, une machine Oracle Exalytics, pour délivrer de la business intelligence "in memory" grande tendance du moment depuis que Qlickview a ouvert cette voie (il y a maintenant plus de 4ans) et dans laquelle tous s'engouffrent. Ceci positionne bien Oracle pour aborder le "BigData", c'est à dire la capacité a gérer la croissance exponentielle des flux d'information de nos SI ou de l'Internet.
Une formule utilisée comme titre d'une conférence "Cloud + Big Data = Massive Change + Massive Opportunity". On y croit a GreenSI!
Et si cela ne suffisait pas pour comprendre la (nouvelle) légitimité d'Oracle dans le hardware, Michael Dell en personne y faisait une conférence juste après Mark Hurd, l'ancien patron qui a redressé HP avant d'être remercié, et maintenant chez Oracle.
Mais pour GreenSI le point clef de cette conférence ce n'est pas le hardware. Sun nous a habitué à l'innovation et ils continuent à en produire maintenant que la société a été repeinte en rouge du sol au plafond.

Non, le point d'inflexion dans la stratégie d'Oracle c'est le Cloud!
Oui, Oracle se lance dans le Cloud public, même si son CEO a toujours été farouchement contre ce concept (je vous conseille cette video de 2008 What the Hell is Cloud Computing). Ne dites jamais "fontaine je ne boirais pas de ton eau"...

Donc Oracle Public Cloud est sur les rails.
Et comme on attend Fusion, le middleware d'intégration des multiples rachats d'Oracle et d'implémentation de la SOA, depuis plusieurs années, et bien cette suite d'applications sera mise à disposition sur le Cloud en SaaS, histoire de faire taire les mauvaises langues. Reconnaissons à Larry Ellison l'intelligence d'avoir compris où va le marché quitte a passer un moment difficile plein de contradictions (c'est fait). Et si vous êtes dans le clan de ceux qui doutent encore du Cloud, dites vous que vous venez de perdre un membre de prestige cette semaine...
Mais une telle stratégie n'est pas pour plaire à Salesforce, les anciens d'Oracle qui ont monté leur boîte, confortablement installés sur les applications CRM dans le Cloud Public depuis leur origine.
Car l'ERP Oracle Applications qui va migrer vers le Cloud c'est un danger à l'horizon pour Salesforce. Et d'ailleurs Marc Benioff le charismatique patron de Salesforce a été délicatement "écarté" pour son intervention prévue à la conférence. Au pied levé dans la journée, il a du louer un restaurant en face du centre de convention pour y rassembler ses fidèles et continuer de prêcher sa bonne parole. Celle des applications "multitenants" c'est à dire mutualisées entre plusieurs sociétés. Un discours qu'Oracle attaque en mettant en avant la virtualisation des environnements de chaque société au nom, entre autres, de la protection des données. Un discours qui résonne bien chez les DSI.

Et quand Oracle annonce aussi un réseau social Oracle Social Network, la coupe est pleine pour Saleforce qui a lancé il y a un an son propre réseau social, Chatter, intégré a ses applications SaaS.

Pour Salesforce, Oracle commence a devenir un partenaire "génant". 
D'ailleurs quand il y a quelques années Salesforce communiquait largement sur la performance de la base de données Oracle sous le capot de Salesforce, il est très difficile aujourd'hui de savoir ce qui s'y passe. Salesforce a visiblement developpé toute la technologie pour transformer le champion des bases SQL en une base NoSQL adaptée au SaaS et qu'il veut revendre avec Database.com. Mais quand on soulève le capot c'est visiblement du bleu que l'on trouve maintenant et plus du rouge...

La riposte de Salesforce est aussi sur le PaaS avec son acquistion de Heroku qui permet d'héberger maintenant plusieurs langages dont Java (The Beauty of Heroku. The Power of Java™ comme ils l'annoncent). Un enjeu important pour les entreprises pour ne pas se faire piéger dans des développements dans le Cloud, certes, mais non pérennes. Java est aussi au coeur des enjeux de l'acquisition de Sun par Oracle.

C'est donc officiel maintenant, Oracle (+ de 20Milliards de CA) s'en va-t-en guerre contre Salesforce (un peu moins de 2Milliards de CA). Les prochains mois vont être intéressant pour vérifier la mise en oeuvre opérationnelle de la stratégie d'Oracle et des annonces. Mais dès maintenant la bonne nouvelle c'est que cette bataille entre Oracle et Salesforce c'est pour le Cloud, le Mobile et le Social qu'elle aura lieu. Et ça GreenSI aime bien comme stratégie informatique...


dimanche 9 octobre 2011

Infobésité: il faudra bien se résoudre à repenser l'email en entreprise

Infobésité: il faudra bien se résoudre à repenser l'email en entreprise

La première réflexion que l'on peut avoir c'est pourquoi a t-on trop de mails et trop d'information ?
Le livre "The New Normal" de Peter Hensen, professeur à la London Business School, est sans appel sur la numérisation de la société. Nous avons passé les 20 dernières années a découvrir et nous émerveiller devant le numérique qui grignote tous les domaines: échanges, photos, videos, presse... C'est a chaque fois quelque chose de nouveau, adopté au départ par une petite poignée d'individus
Les 20 prochaines années le numérique sera juste "normal". Il sera l'usage majoritaire.

Revenons donc a nos emails et à nos informations. La bonne nouvelle c'est que c'est donc normal que leur volume augmente! On parle de Zettaoctets a l'échelle mondiale (10 puissance 21). La mauvaise nouvelle c'est que nous n'y sommes pas préparés et nos outils de communication sont encore a l'age préhistorique de la première messagerie électronique.

Il va donc falloir commencer a mettre en place des outils pour faire face à "l'infobésité" et pour désencombrer sa boite mail. Et les DSI sont en première ligne pour aider l'entreprise a sortir du "bourbier numérique" dans lequel elle est en train de s'enfoncer...
Avec des conséquences humaines importantes (l'email cité comme facteur de stress en entreprise)

Ce n'est pas la fin du mail, même si certains l'annonce. C'est son recentrage sur les cas d'usages où il est efficace et adapté: la communication personne a personne sécurisée en mode asynchrone. Très efficace aussi pour les alertes qui en sont un cas simplifié.

Mais ce qui est important c'est surtout son remplacement là où il est inefficace:
  • il n'est pas fait pour le synchrone: préférez la messagerie instantanée
  • il n'est pas fait pour l'édition concurrente: préférez un wiki a des échanges sans fin pour corriger un texte
  • il n'est pas fait pour les processus collaboratifs: préférez une gestion de formulaire pour valider vos notes de frais
  • il n'est pas fait pour publier des documents: préférez les bases documentaires avec une gestion de droits adaptée. Utilisez l'email pour alerter uniquement... sans pièce jointe!
  • c'est un destructeur massif de connaissances car une fois les échanges achevés ils ne peuvent être capitalisés par l'entreprise et sont détruits avec le départ de chaque salarié. Ce qui est paradoxal car en cas d'enquête juridique ils sont "aspirés" en premier par les enquêteurs alors que l'entreprise n'a pas le droit de le faire elle même.
Une règle que GreenSI aime bien: si après avoir lu et traité un email vous devez le garder, pire l'archiver, c'est suspect! Un email doit pouvoir être détruit... Posez vous la question régulièrement et détectez vos comportements non collaboratifs, c'est redoutable.

Oui il a trop d'information et ça ne va pas s’arrêter.
Alors nous devons perdre notre habitude de vouloir tout lire!Est-ce que cela a encore un sens de vouloir regarder toutes les videos YouTube? En 2009, chaque minute, il se chargeait 24h de video sur YouTube. En 2011 c'est 48h. Une vie ne suffit plus. Vous avez compris le problème!

Donc a moins d'interdire mondialement de produire du contenu numérique, notre salut réside dans le filtrage intelligent et l'acceptation que l'exhaustivité est un concept obsolète dans un monde numérique.
On ne pourra plus TOUT traiter mais on devra traiter ce qui a du sens POUR MOI. Avec une marge d'erreur bien sûr, bienvenue dans un monde où la statistique est la seule certitude que vous pourrez avoir. Vous ne serez pas sûr d'avoir raté un email ou une info, mais vous aurez mis en place un dispositif, plus ou moins sophistiqué pour en être plus ou moins confiant.

Pour filtrer on peut s'appuyer sur des algorithmes intelligents. C'est la voie prise par Google avec sa "priority box" ou le traitement du spam. On y retrouve la compréhension naturelle des algorithmes mathématiques qu'a Google dans son ADN issu de l'Université de Stanford. Et ce sera la seule issue pour l'évolution des messageries. Microsoft n'a pas fait évoluer Outlook de façon radicale mais des start-ups l'ont fait pour lui avec des produits complémentaires plus intelligents pour classer et traiter ses mails.

Il existe cependant une seconde voie que la machine, c'est l'humain. Tout simplement.

 Par exemple un réseau d'experts qui fait de la veille sur un sujet va plus rapidement qu'un néophyte identifier l'information pertinente. Alors pourquoi vouloir le faire soi même quand on est néophyte et ne pas juste suivre ce réseau. Ainsi on peut supprimer le bombardement de newsletter qui arrivent dans nos boites mails et aller dans les réseaux sociaux chercher les bonnes personnes a suivre.
De même pourquoi tout stocker si d'autres stockent et classent collaborativement a notre place ou si je peux poser une question sur un réseau et avoir une réponse dans la journée. 
Les usages de la collaboration 2.0 sont déjà là et vont certainement encore se développer. De toutes les façons, on n'a pas le choix.

Ce qui va manquer dans les années à venir alors c'est le poste de travail "unifié" qui va permettre de suivre ses flux, synchrones et asynchrones, mails (ceux qui restent), ses alertes, son réseau et ses conversations, depuis la même interface et avoir la capacité de poursuivre ou engager l'échange que ce soit une réponse, un commentaire ou une nouvelle idée.
Et comme sur Twitter, ce poste de travail sera conçu en gardant en tête que l'exhaustivité est un concept a oublier (vous avez 2345 messages!) et que l'intelligence des filtres et les statistiques sont la seule planche de salut (les 10 messages à lire ce matin). Sur Twitter vous lisez les tweets régulièrement mais pas tous. Si quelque chose est important elle devrait revenir car d'autres vont la retweeter, sinon c'est que ce n'était pas important.
Et bien sûr ce poste de travail sera mobile et multi-plateformes.

Dans le grand public c'est clairement la stratégie de Facebook (qui a ajouté les emails aux conversations) et de Google (qui a ajouté les conversations Google+ aux emails). Ces deux sociétés dont les revenus sont tirés par la publicité n'ont comme objectif  que de vous "capturer" sur leur plateforme pour que vous ne la quittiez plus. L'intégration des échanges et donc le point névralgique pour vous retrouver tous les jours... et mieux vous connaître.

Dans les entreprises on attend toujours.
Lotus Connection 3.0 comme évolution de la messagerie Lotus Notes est un début de réponse. Mais n'est pas encore suffisamment ouvert a un environnement nécessairement hétérogène. Des outils agrégateurs ou des réseaux sociaux existent en entreprise, mais compte tenu du poids de l'emails une solution partant de la messagerie serait plus facile a faire passer auprès des utilisateurs. Rappelez vous qu'en entreprise les utilisateurs sont encore rivés a leur souris dans un monde où le tactile est de plus en plus présent. Cela va donc prendre du temps et de la gestion du changement...

dimanche 2 octobre 2011

Tunis 2.0 dommage pour le salon mais l'energie et les idées restent intactes

Tunis 2.0 dommage pour le salon mais l'energie et les idées restent intactes


Tunis 2.0, plus de 700 inscrits, 40 conférenciers, devait se tenir le 30 septembre et 1er octobre. Juste avant le début de l'évènement, c'est par des emails et un message laconique que le comité d'organisation devait annuler. On ne peut s'empêcher de penser que c'est pour une sombre histoire de détournement d'argent...

"Nous, comité provisoire, sommes dans le regret de vous annoncer que l'événement initial Tunis2.0 est annulé. Nous n'avons plus de nouvelles du correspondant Tunisien en charge de la réalisation de l'événement."


Ce salon se proposait d'aborder largement sous l'étiquette 2.0, plus marketing que structurante, l'apport des nouvelles technologies pour transformer le business, le gouvernement et la société. Un sujet cher à GreenSI.
Même si le point de départ n'est pas le même, dans un pays qui a mis à l'honneur la révolution par le peuple et où les compétences informatiques y sont présentes, ne doutons pas que ce coup d'envoi aurait été un exemple pour nos collectivités et entreprises.

Rien n'est perdu car l'énergie des participants est intacte et Twitter et Facebook sont devenus ce dimanche un salon virtuel d'échanges d'idées et de présentations. Si on devait encore démontrer la capacité de réaction des réseaux sociaux ce serait un exemple de premier plan.


Tant pis pour le "bad buzz" généré par l'annulation. Cette énergie et ces idées sont toujours présentes au delà de l'évènement physique annulé, et sont sources d'inspirations pour nous tous. La Tunisie présente un potentiel de développement extraordinaire et est certainement une chance pour l'informatique européenne.

En attendant qu'un évènement web prenne le relais, GreenSI a décidé de sélectionner des contenus et des idées de Tunis 2.0 et les proposer a ses lecteurs. Notamment ce qui traite de la transformation.
Tunis 2.0 les médias sociaux ds le maghreb v14

Internet , Révolution et Démocratie : La Tunisie , de la Révolution Numérique à la Démocratie Électronique

Nous avons tous vécu la période pendant laquelle la majorité écrasante des médias traditionnels tunisiens était sous la main du pouvoir . Par contre Internet , malgré les tentative de le contrôler, était un espace public et ouvert à tout le monde.
Explications dans ce document d'Aymen Amri : Doc sur Scribd

samedi 1 octobre 2011

Et pourquoi ne pas déployer les liseuses Kindle d'Amazon en entreprise?

Et pourquoi ne pas déployer les liseuses Kindle d'Amazon en entreprise?

Amazon, leader de la distribution en ligne, a présenté mercredi à New York sa première tablette multimédia: le Kindle Fire.


De nombreux articles ont été publiés pour saluer cette sortie et y voir un sérieux concurrent de l'iPad grâce à son prix plancher: $199. Certaines mauvaises langues disent même qu'Amazon vendrait a perte (coût évalué a $50 de plus). Ce qui n'a d'ailleurs pas beaucoup de sens puisque ce terminal va générer des revenus d'achats de livres. La rentabilité doit donc être vue sur le couple matériel+logiciel, sur sa durée de vie, comme pour les opérateurs de téléphonie qui subventionnement les terminaux et se rattrapent sur les forfaits.

Le Kindle Fire est certainement une rupture sur le marché des tablettes. Il y aura un avant et un après 15 Novembre (si la sortie est maintenue) :
  • un prix plancher autour de $200 qui va durablement infléchir la courbe vers le bas. HP avait déjà montré qu'on pouvait vendre des centaines de milliers de tablettes à $99 en quelques heures. La Playbook vient d'annoncer $200 de remise...
    Il va falloir être très créatif chez Apple pour sortir et justifier un iPad3 qui resterait au dessus de $600. Peut être la raison pour laquelle cet objet qui devait sortir fin d'année a été décalé au premier semestre.
  • une confirmation du format 7" comme le Samsung Galaxy tab. C'est un paris, mais si il marche ce format est clairement plus pratique en mobilité que le 10" de l'iPad. Il rentre dans une (grande) poche!
  • un navigateur (Silk) qui optimise les traitements entre le terminal et le serveur... dans le Cloud AWS d'Amazon. Et je vous invite a lire le billet de Louis Naugès sur le sujet car c'est une vrai rupture: "Amazon Silk, le premier navigateur Cloud"
  • et enfin une baisse de prix pour les Kindle de type liseuses ($70). Ils sont des conteneurs de livres numériques très pratiques, mieux qu'une clef USB qui n'a pas d'écran. Et deviennent même tactiles avec les modèles plus chers. Pourquoi ne pas commencer à imaginer des usages en entreprise?
GreenSI a testé la liseuse Kindle depuis sa version 3 sortie en 2010. Après 1 an d'usage elle s'avère très pratique en situation opérationnelle:
  • Pour lire en plein soleil ou en plein air, sa performance dépasse celle des tablettes. Sa batterie tient facilement la semaine
  • Sa connectivité Wifi lui permet de rafraîchir son contenu via le store d'Amazon. Elle a même un email auquel on peut envoyer des pièces jointes que l'on retrouvera sur le terminal quelques minutes plus tard.
  • Son OS se met à jour, même si ce n'est pas encore aussi simple qu'avec iTunes. Les mises à jour amènent de nouvelles fonctions enrichissant la lecture comme le partage de signet sur les réseaux sociaux
  • Plusieurs open source permettent de faire des conversions de formats de livres électronique (ePub...) y compris des formats très utilisés en entreprise comme le PDF.
  • Le moteur de recherche intégré permet de retrouver rapidement des textes de façon transverse par rapport livres. On peut mettre des signets et aller directement aux pages clefs. Enfin un écouteur permet d'écouter le texte, le Kindle étant muni d'une synthèse vocale, si les conditions ne nous permette pas de lire (disponible qu'en anglais)
  • Enfin le magasin en ligne d'Amazon permet même de convertir les chefs d'oeuvres littéraires que l'on aurait écrit et de les mettre en vente. Amazon reverse les droits. Des auteurs inconnus auraient déjà fait fortune...
Il est donc possible aujourd'hui d'imaginer une chaîne de production de documents, relativement automatisée, qui métrait a jour le contenu des liseuses Kindle.

Il ne reste plus qu'a décider qu'un Kindle, contrairement a un PC, n'appartient pas a quelqu'un mais est en libre service, et voici un moyen de gérer et de diffuser de la documentation. Mais surtout d'avoir un terminal très ergonomique que tout le monde sait prendre en main. Moins fragile et moins consommateur d'énergie qu'une tablette.

Documentation technique dans les usines, documents qualité, livres en libre service dans les bibliothèques,... les usages professionnels existent déjà. Mais on peut aussi imaginer des usages collaboratifs avec le partage de signets et le fait que les livres du Kindle sont aussi lisible depuis un PC, un iPhone et même un iPad. Amazon met un point d'honneur a être présent sur tous les terminaux, décuplant la capacité a toucher plus de personnes.

Alors si en plus le prix baisse le 15 Novembre, qu'est ce qu'on attend pour faire rentrer les liseuses dans l'entreprise?