samedi 28 avril 2012

Les nouvelles évidences numériques de la Génération Y au lycée

Les nouvelles évidences numériques de la Génération Y au lycée

Green SI a rencontré la fameuse génération Y et s'est intéressé à ses usages de l'informatique et de la téléphonie.
Oh, il ne s'agit pas d'une étude complète sur un échantillon représentatif, mais juste de l'interview d'un seul jeune. Mais un jeune qui a inséré seul le numérique en classe quand l'Education Nationale cherche toujours par quel bout prendre le sujet. Il nous livre en miroir une foule de questions sur notre approche du numérique et nos propres usages.

GreenSI : Bonjour, Yohann. Tu as 16 ans et tu es élève en première S. Tu utilises chaque jour plusieurs terminaux. Est-ce que tu peux nous les présenter et nous parler de tes usages?
J'ai un Windows Phone comme compagnon numérique, un eePC portable quand je suis à l'école, mais j'utilise un ordinateur tour à la maison pour les jeux en ligne ou le travail personnel. Il a deux écrans car c'est plus pratique. Je stocke tout sur un disque dur externe de 1To. J'ai aussi une console de jeux, mais pas dans ma chambre. Toute ma musique est numérique et est sur mon le téléphone pour l'avoir toujours sur moi. Ce qui m'a fait choisir un casque audio pouvant aller sur un téléphone ou en USB.

GreenSI : Tu n'as de tablette?
Non, c'est pour ma mère! Je consulte plus de vidéos que de textes et c'est plus pratique sur un grand écran que sur une tablette. Elle ne me servirait pas et elles sont plus volumineuses à transporter que mon téléphone.

GreenSI : Pas de TV non plus dans ta chambre?
Non, car je la regarde peu et uniquement sur mon ordinateur. Les sites de replay et de VOD me permettent de ne pas rater les quelques émissions que j'aime. J'ai un grand écran de projection qui se déplie dans ma chambre pour regarder des films avec mes amis qui amènent un rétroprojecteur.

GreenSI : quel est le premier terminal que tu utilises le matin? le dernier?
C'est le téléphone. Je regarde les messages SMS de la nuit ou de mes camarades qui sont déjà à l'école pour savoir par exemple si un professeur est en retard ou absent. Ensuite je regarde la météo, les news et le top tweets qui complète bien les news dont les journaux ne parlent pas encore. Tout cela dans la tuile "Maintenant" de mon Windows Phone qui est très pratique.
Avant de me coucher, un dernier regard sur mon téléphone en train de se recharger.

GreenSI: tu aimes bien Windows Phone, pourquoi et quels sont tes usages?
Je dirais la simplicité. Dans un monde où on a un nombre de besoins fini et un nombre d'applications infini, la règle de survie c'est de savoir quels sont tes besoins de façon précise. Ensuite grâce à la page d'accueil tu peux y accéder rapidement. Pour les besoins moins fréquents ou nouveaux, il sera bien temps d'aller fouiller dans un catalogue d'applications.

Mes applications sur ma page d'accueil sont Facebook, Twitter, SMS, google, la météo et le Figaro qui est une application bien organisée: le flash, les dernières infos, les catégories. Je consulte régulièrement les catégories culture, actualités et économie. Un seul journal me suffit.

Un second bon point pour Windows Phone c'est la communication. Encore une fois c'est simple d'accès: une conversation commence par SMS et peut se terminer sur Facebook et MSN, et je trouve tout au même endroit. Je partage mes photos en un clic sur Facebook, Twitter ou via un SMS. La fonction "quoi de neuf?" permet d'avoir les nouvelles de ce qui s'est passé dernièrement avec mes copains.

GeenSI : Et Apple?
C'est cher. On rencontre de plus en plus d'élèves qui disent que c'est une "machine a fric" et dans mon lycée il y a un début de réaction "anti Apple".
Android est populaire, mais encore "bas de gamme" et pas encore aussi fini qu'Apple ou Windows.

GreenSI : tu utilises un ordinateur portable à l'école en première S, qu'est ce qu'il t'apporte comment tu t'organises ?
C'est un Asus que j'ai choisi pour la longévité de sa batterie, son faible poids et son prix, moins cher qu'un portable. C'est un usage d'ordinateur satellite de celui qui reste dans ma chambre. Il a le wifi et quand je rentre mes documents se synchronisent avec Goodsync.
J'utilise aussi Skydrive avec mon groupe de TP, ou mon trinome projet. Comme cela on partage automatiquement les documents avec mes camarades, depuis un PC ou depuis mon téléphone.
Je ne l'utilise que pour le travail en classe et pas pour les jeux. Je prends mes notes de cours dessus depuis la seconde. Cela permet aussi de compléter les informations du cours directement pendant la classe. L'autre jour un professeur ne se rappelait plus exactement le nombre de cellules dans le corps humain, je lui ai proposé de regarder et on a pu vérifier en quelques secondes qu'il y en a 10 puissance 14. Dans un autre cours, en espagnol, on a pu écouter une musique en rapport avec la leçon et la commenter ensemble. Les classes seraient plus interactives si les élèves et les professeurs partageaient plus de contenus numériques pendant les cours.

GreenSI : quels sont tes freins à l'usage d'un ordinateur en classe aujourd'hui?
Ce qui manque c'est le Wifi dans les classes. En fait il y en a dans l'école, mais il est réservé aux profs... qui n'ont pas d'ordinateurs. 
Aujourd'hui on est 4 a utiliser un ordinateur, il n'y a que 6 prises de courant dans la classe. La bataille pour l'accès aux prises n'a donc pas encore commencée, mais elle pourrait venir...

GreenSI: quand tout ça ne marche pas comment tu fais?
Beaucoup de fonctions sont redondantes, par exemple je peux aussi envoyer un SMS ou téléphoner avec mon ordinateur. Cela permet de se débrouiller le temps de trouver le problème. 
Ensuite je m'appuie beaucoup sur les forum (ex. www.monwindowsphone.com) où  je peux expliquer mon problème et chercher des solutions.
Sinon il y a aussi une entraide dans la classe où les deux bons en informatique aident les autres. Jusqu'à présent je m'en sors.

GreenSI: et au niveau de la sécurité?
Je sais que ce n'est pas bien, mais la sécurité c'est secondaire pour les jeunes. Une fois qu'on a un antivirus on ne s'occupe plus de rien. De toutes façons ce que j'ai en numérique n'a pas de valeur et n'intéresse personne. Et si je le perds et bien tant pis.
Mes fichiers sont cependant sauvegardés sur mon disque externe.

GreenSI: comment tu vois l'avenir? Qu'est ce qu'il faudrait développer?
Aujourd'hui les échanges d'information sont très faciles et pourtant en ce qui concerne les cours, la plupart des communautés sont payantes organisés par des entreprises. Il suffirait pourtant comme sur Wikipedia que chaque élève contribue et on pourrait améliorer les contenus collaborativement. Entre copains du lycée et pourquoi pas d'autres lycées. Je suis prêt à donner mes cours numériques gratuitement et j'aimerai travailler avec d'autres élèves sur des synthèses pour préparer mon Bac l'an prochain.

Certains professeurs se mettent à l'informatique et en tout cas dans ma classe tous acceptent que les élèves aient des ordinateurs en cours, mais les échanges avec eux se limitent à la clef USB. Les espaces partagés de l'école sont très peu utilisés. Il y a donc beaucoup de progrès à faire.

Aussi pourquoi mes livres sont encore au format papier et pèsent plus de 10kg? Ils sont fournis par l'école. Si je veux l'un des rares livres scolaires numériques qui existent je dois l'acheter à nouveau, pourquoi?

A l'avenir j'aime l'idée de Microsoft de pouvoir via Zune, partager des fichiers, musiques ou films entre la XBox, l'ordinateur et le téléphone. Je voudrais des interfaces encore plus simples qui savent ce que je veux faire.

GreenSI : merci, Yohann, et bonne chance pour ton Bac!

Vous avez peut-être déjà le même à la maison!
Alors sans attendre que des bataillons de Yohann débarquent dans les entreprises, GreenSI remarque que certains usages et certaines "nouvelles évidences" émergent.
Elles rappellent des débats dans l'entreprise comme le BYOD ou la "consumerisation" de l'informatique :
  • Le premier point est certainement cette confiance absolue en la technologie, qui doit marcher, être simple, et se charger toute seule de la sécurité. Pas besoin de les convaincre d'utiliser un agenda électronique pour mieux le partager, comme on le fait encore avec certains en entreprise, mais ça doit marcher. Pas Geek mais Pratik.
  • La communication règne en maitresse et est partout, ceux qui n'ont pas de téléphone laissent des sessions de jeux en ligne ouvertes pour en utiliser la messagerie instantanée.
  • Ensuite, les frontières travail domicile qui s'estompent, ou qui se déplacent comment sur les deux écrans, l'un pour travailler et l'autre pour communiquer avec MSN et jouer... en même temps.
  • Au contraire on recherche la continuité numérique des données entre les terminaux et la capacité à avoir un terminal adapté à chaque ergonomie. Le travail et le domicile ne sont finalement que deux situations ergonomiques différentes sur les mêmes données et pour la même personne.
  • Les préférences des utilisateurs peuvent quitter le rationnel comme le choix de la marque ou du ressenti, ce qui peut amener à accepter les choix des utilisateurs sans chercher à les mettre dans une matrice d'arbitrage validée par les achats...
  • L'importance de l'interface
  • Il faut savoir filtrer les informations pour survivre au déluge d'information, et laisser une place a la personnalisation des filtres
Et pour terminer, on est à l'aube de repenser nos modes de travail et de collaboration dans la société de l'information. L'Education Nationale a certainement du boulot, mais ce ne sont pas les seuls. Et si on ne le fait pas, d'autres Yohann s'étant approprié le numérique s'en chargeront sans nous dans quelques années et sans nous demander notre avis.

mercredi 25 avril 2012

Google Drive, une rumeur qui devient réalité et qui change la donne

Google Drive, une rumeur qui devient réalité et qui change la donne

C'est fait, la rumeur qui court sur le web depuis quelques semaines est confirmée: Google sort Google Drive, votre espace de stockage et de partage. 5Go gratuit et des offres payantes pour augmenter le stockage (le téraoctet étant à $50 par mois, un prix compétitif), une application disponible sous Androïd et bientôt sous iOS.

Nombreux sont ceux qui se demandent d'ailleurs depuis au moins 4 ans pourquoi Google n'avait pas déjà sorti ce service. Certaines applications comme G-drive permettaient déjà d'utiliser un compte Gmail pour simuler un espace de partage d'au moins 7Go... avec le risque que Google décide un jour d'en bloquer l'accès et que vous ne perdiez vos documents.



Certainement parce que dans la vision de Google de la  bureautique en ligne, qu'il a quasiment inventé avec les Google Docs, il n'y a pas besoin de partager de fichiers puisqu'ils sont toujours et tout le temps accessibles dans le Cloud ;-)

Mais bon, les mauvaises habitudes ont la vie dure et le concept de fichier inventé avec les premiers ordinateurs ne va pas encore disparaître. Et puis le succès de Dropbox ou Boxnet était là pour le rappeler et pointer une opportunité qui passait sous le nez de Google. Surtout qu'au-delà du paiement mensuel pour du stockage en ligne au dessus du quota gratuit (et certainement très fidélisant), le partage de documents en ligne est clairement une tendance forte pour répondre au multi-terminal et multi-plateforme.

iCloud, SkyDry, le nuage d'Amazon avec ses ebooks et plus modestement Evernote l'application préférée de l'auteur de ce blog, sont des succès qui facilitent notre vie dans un monde numérique qui dévore ("digivore") de plus en plus de documents et de supports: photos, musiques, livres, films, supports de travail collaboratif...

Le point clef est le multi-plateforme et la synchronisation de documents entre toutes les plateformes (PC, iPhone, tablette...). Car avec des terminaux devenant de plus en plus intelligents, mobiles et simples à utiliser, ils deviennent nos compagnons multiples qui stockent de l'information, là ou Google reposait uniquement sur le stockage dans le Cloud. Enfin presque puisque les plus férus de technos pouvaient installer Google Gear permettant de synchroniser ses mails et ses documents pour les consulter quand... il n'y a plus de réseau. Car la faille du Cloud c'est bien sûr le réseau, et ce n'est pas prêt de changer de suite malgré les progrès de la 3G et surtout du Wifi.

Google Drive est donc perçu par Green SI comme une confirmation du modèle Cloud + Mobile, où les terminaux jouent un rôle de plus important. Certains parlent encore dans les DSI d'un simple terminal banalisé pour accéder aux applications dans le Cloud. Green SI pense que c'est exactement l'inverse qui va arriver et que les terminaux vont se spécialiser par usage et devenir encore plus intelligents.
Et pour les lecteurs assidus de GreenSI qui connaissent le paradigme Cloud + Mobile + Social par cœur (Cloud, Mobile, Social, l'ère post-PC a commencée) quand on a Cloud + Mobile il ne manque plus que Social. Vous comprenez donc tout l'intérêt de Google Drive pour organiser le social autour du partage de document. C'est une des briques importante des outils de l'entreprise 2.0 que les réseaux sociaux ont relégué au second plan ces dernières années, mais qui va revenir avec force. Il faudra bien stocker et partager la connaissance.
On peut donc imaginer des fonctionnalités avancées pour des fonctions sociales autour des documents. Et c'est ça qui change la donne en plus des coûts de stockage tirés vers le bas mais réservés à ceux qui ont de gros volumes, la majorité utiliseront les 5Go gratuits.
Certaines fonctions sociales sont déjà annoncées et cela ressemble aux fonctionnalités de Google Docs pour créer des documents à plusieurs, des fonctions de recherche, des discussions. Le stockage des pièces jointes de Gmail directement dans Google Drive est aussi certainement quelque chose qui sera plébiscité par les utilisateurs. Mais on peut imaginer que comme Google Plus organise les conversations autour du partage venant principalement du web, ou pourra organiser la collaboration autour des documents fabriqués ensemble. Donc GreenSI pense qu'il y a encore beaucoup d'innovation potentielle dans ce modèle. Google Drive semble être un coup de maître de Google...

Pour en savoir plus sur Google Drive: http://drive.google.com/

dimanche 15 avril 2012

L'OpenData à l'honneur à Nantes en Mai

L'OpenData à l'honneur à Nantes en Mai

Du lundi 21 au vendredi 25 mai 2012 c'est la semaine européenne de l'Open Data à Nantes avec des ateliers, 3 conférences, et entre 300 à 400 personnes attendues. 
L'enjeu de cette conférence est déterminant car il doit positionner l'Open Data, d'un sujet de spécialistes avec quelques premières implémentation, à la démontration concrète de sa valeur ajoutée pour tous.

Pour cela des ateliers ouverts au grand public et animés par une vingtaine d’entreprises, associations, écoles, collectivités… pour débattre, enrichir (cartopartie), manipuler des données (hackaton) et découvrir des projets.

  • Comment faire émerger un plus grand nombre d’usages autour des données ouvertes?
  • Comment élargir les publics réutilisateurs ?
  • Comment pérenniser les applications et services déjà existants ?
Ce sont les questions qui se posent après les premières expérimentations depuis 2010 (voir Open Data tendance de fond pour les SI des collectivités?)
Mais au-delà des acteurs publics, tout le monde peut produire des données ouvertes.
Et si les entreprises, les associations, les communautés se mettaient à ouvrir grand ou co-produire leurs données ?
Des initiatives sont lancées comme celle du livre blanc commun de Suez Environnement, SNCF, Le groupe La Poste et le Groupe POULT sur les enjeux et opportunités pour l'entreprise (A lire çi-contre).

En attendant cet évènement que GreenSI ne pourra pas rater, regardons si ce n'est déjà fait, l'excellente vidéo de présentation de l'ouverture des données réalisée par LiberTIC.


samedi 14 avril 2012

Les applications du SI vont voler en "écl' Apps"

Les applications du SI vont voler en "écl' Apps"


Regardez les enfants dans un magasin de TVs, ils cherchent tous à toucher l'écran et faire défiler les images... Le multi-touch et les petites applications sont devenus la norme de l'expérience utilisateur. Le choix des applications par les utilisateurs, leur lien permanent avec Internet et leur utilisation en mobilité sont autant de ruptures par rapport aux applications de l'entreprise.
Et si elles sont là pour durer, l'entreprise et son SI vont devoir s'adapter pour exploiter cette appétence des utilisateurs et répondre à leur nouvelles attentes. Des utilisateurs qui peuvent être des personnels de l'entreprise, mais aussi et surtout des clients ou des citoyens. D'ailleurs pour Morgan Stanley Research, c'est le début d'une nouvelle ère pour l'informatique Post-PC, celle où le nombre d'utilisateurs et d'équipements raccordés fait encore x10, comme le montre le graphique ci-dessous. Pour l'entreprise aussi, le nombre d'utilisateur du SI augmente et va continuer à croître, comme le nombre de terminaux d'accès, en nombre et en formes.





"The App Effect" est un ouvrage collaboratif produit par Sogeti qui nous raconte comment la révolution mobile est en train de façonner nos usages et comment elle va impacter durablement nos entreprises. Cet ouvrage, en anglais ou neerlandais, peut être téléchargé (gratuitement contre un tweet) à l'adresse donnée en fin d'article.
Green SI y a sélectionné quelques idées de ce livre qui vont impacter l'évolution des SI:
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  • L'effet de surprise: attention à l'innovation qui traverse les secteurs, et qui peut être une menace comme devenir une opportunité
  • L'immédiateté: la réactivité devient la norme pour l'utilisateur
  • Les "gadgets": et les mises à jour logicielles permanentes des Apps
  • Le graphique: moins de texte, plus d'images et de mouvements, c'est la règle du tactile
  • La personnalisation: un nouveau comportement numérique exacerbé
  • La surcharge d'information: il est temps de travailler sur les filtres informationnels
L'effet de surprise c'est l'histoire d'Apple qui ne connaissait rien à la musique avant de devenir le premier magasin de musique en ligne avec iTunes. C'est toujours Apple qui ne connaissait rien non plus à la téléphonie et n'avait aucune expérience de travail avec les opérateurs de téléphonie avant de devenir le premier fournisseur de téléphones et de changer les règles de cette industrie, laissant agonissant BlackBerry et Nokia, deux leaders il y a encore 4 ans.
Dans un monde numérique où les biens sont dématérialisés, les frontières traditionnelles des industries n'existent plus. Votre système d'information devient donc un vaisseau amiral pour débarquer dans d'autres industries et réciproquement attendez vous à voir d'autres industries débarquer sur ce que vous croyez être "chez vous". La DSI est defacto un acteur du développement ou de la résistance de l'entreprise. Kodak a disparue pour avoir hésité à troquer ses films chimiques contre des disques durs dans le Cloud, pour stocker à vie les photos des consommateurs (Kodak ou la lente inadaptation à une vérité qui dérange)


L'immédiateté, le graphique et la personnalisation correspondent à une nouvelle façon de construire les applications. On a toujours prôné l'implication des utilisateurs en amont et les méthodes RAD, mais avec les Apps, le découpage même des applications et de l'information demande de maquetter avec eux en conditions opérationnelles c'est à dire en mobilité bien souvent. La bonne information et le bon lien sur chaque écran pour créer cette expérience utilisateur enrichie et naturelle.
Ne nous y trompons pas les applications telles que nous les avons conçues par le passé sont à oublier, avec leurs menus infinissables, leurs écrans chargés de données et leur absence de graphisme, elles sont l'inverse de ce qui est attendu. De plus la façon de penser leur cycle de vie change aussi. Google nous avait déjà habitué aux versions "béta permanentes" avec une seule règle la vitesse de mise en oeuvre des fonctionnalités. Avec les "gadgets" les mises à jour sont permanentes et limitées, toute la chaîne de recette et de mise en production est a repenser. Comme on ne pourra pas tout refaire, les habillages risquent de refleurir comme au début du web pour maquiller les mainframes.


Enfin la surcharge d'information est une réalité mais n'est pas le problème. Car dire qu'il y a plus de données dans un monde numérique est une évidence. Le vrai problème c'est le manque de filtre. Quand je cherche une station service j'ai besoin d'avoir le choix entre les 3 plus proches de là où je me trouve, pas la liste des 1253 fournisseurs de ma carte entreprise dans la catégorie carburant...
The App Effect, aborde beaucoup plus de ruptures ou de changements, notamment ceux en lien avec la culture numérique et le social. Mais ces 6 effets mis bout à bout, demandent déjà à la DSI de revisiter ses approches pour accompagner les métiers dans la construction et la mise en place de ce vaisseau amiral numérique dont elle va avoir besoin pour mener son développpement.
Green SI tente ici sans prétention une première liste à explorer :
  • oubliez les applications et leurs frontières d'aujourd'hui, elles vont voler en "écl'Apps"
  • séparez le code qui n'a pas de contact avec l'utilisateur (et mettez le dans des services - le retour de la SOA!) de celui qui gère l'interface utilisateur et va arriver dans les Apps,
  • sortez les données des applications, la plupart des Apps les consomment sans les modifier et sans frontière
  • imaginez les Apps avec vos utilisateurs
  • imaginez les services et règles de gestion avec le métier,
  • montez la plateforme de mise à jour permanente, de provisioning et de suivi des utilisateurs
  • ....
 
L'ouvrage peut se trouver içi: http://theappeffect.org/ Bonne lecture!
Sur le même sujet mais il a 10 mois à relire sur Green SI : Cloud, Mobilité Social, l'ère post-PC a commençée

dimanche 8 avril 2012

Réseaux sociaux d'entreprise : fini le buzz, place aux usages

Réseaux sociaux d'entreprise : fini le buzz, place aux usages


Article publié dans le supplément Le Monde.fr du 27 Février 2012
Une synthèse pour montrer les liens qui commencent à surgir entre Entreprise 2.0 et le Social Business, en B2B et B2C.


Après une période de tâtonnements, les réseaux sociaux trouvent leur place dans les entreprises. A l'articulation entre la structuration des échanges internes et la communication avec les communautés qui gravitent autour de l'organisation.


Comme toutes les nouveautés, l'adoption des réseaux sociaux d'entreprise  - RSE - suit une courbe dite du « Hype Cycle ». Elle est caractérisée par une extrême visibilité au moment du lancement de la technologie (2007-2009), puis l'atteinte d'un pic et la chute quand commencent à sonner les trompettes des premières désillusions. Mais ce n'est qu'à partir de ce moment que les entreprises les plus tenaces découvrent les usages qui les mènent vers ce qu'on appelle le « plateau de la productivité ». C'est-à-dire le moment où la technologie est rentrée dans les usages courants et améliore l'efficacité de ses utilisateurs, voire de l'entreprise toute entière.

Et c'est au pied de ce plateau que sont les RSE en 2012, avec l'ambition de construire (ou re-construire) l'entreprise 2.0. Un modèle émergent d'organisation et de management qui saura mettre à profit les RSE, mais aussi les technologies sociales, pour développer son activité. Pour cela, il va falloir à la fois réinventer la collaboration DANS l'entreprise, et organiser en externe la collaboration DE l'entreprise.


Le réseau social comme plateforme de collaboration

Quand il est disponible pour tous les salariés sur leur poste de travail, comme l'est un téléphone, le RSE amène la capacité à organiser dynamiquement des communautés. Il est à la disposition des métiers. Un appel d'offres est lancé ? Une manifestation doit être organisée ? Les salariés concernés vont rejoindre la communauté. Partage de documents, de liens, boîte à idées, liste de tâches... l'intelligence collective de la communauté va être mobilisée pour produire et faire avancer l'entreprise. 
Et contrairement à l'e-mail que l'on subit, les interactions sur un RSE sont choisies. Je ne commente que si je le souhaite et si celui que je commente appelle les commentaires. Au sein des premières organisations ayant adopté des RSE, au travers des multiples retours d'expérience communiqués par ces entreprises, on constate que ces réseaux se développent usage par usage. Avec, pour bénéfices, le décloisonnement, la vitesse de circulation de l'information et l'innovation.
Mais ces résultats ne sont au rendez-vous que si les collaborateurs sont volontaires et engagés, sinon le RSE reste un simple outil sur le bureau du salarié qu'il n'utilise pas et ça, finalement, ce n'est pas nouveau non plus. Les wiki par exemple, ces documents construits à plusieurs pour modéliser la connaissance de l'entreprise, existent depuis plus de 10 ans et pourtant peu d'entreprises ont réussi à les tenir à jour.
La politique RH et le management sont donc essentiels comme carburant pour faire marcher le bus RSE. La motivation ne se décrète pas. Les entreprises en grande transformation ont certainement un avantage pour cette prise de conscience, le RSE s'inscrivant alors dans un programme de transformation plus large. L'accompagnement, et plus particulièrement la formation des animateurs de communautés, vos salariés, est un autre atout pour réussir cette transformation.


Le « social business » comme organisation

Ouverture du dialogue avec les parties prenantes de l'entreprise, initiation d'un dialogue citoyen quand on assure un service public, ou simplement relation avec ses clients, consommateurs et prospects, l'entreprise est en lien permanent avec son environnement. Un environnement où se construisent aussi des réseaux sociaux (Facebook, LinkedIn, Twitter...) et où beaucoup de technologies convergent vers le même concept : l'ouverture (Open Graph, Open Data, Open Source...).
Pour l'entreprise, la première décision d'ouverture consiste à choisir sa plateforme de RSE sur Internet, et non de la développer en interne. L'ouvrir à d'autres sera ensuite beaucoup plus simple. Les animateurs de communautés vont aussi à l'avenir certainement voir leur rôle évoluer vers l'animation de communautés externes. Et pour reprendre l'analogie avec le téléphone, ils n'apprécieraient pas d'avoir deux combinés sur leur bureau, un pour les appels internes et l'autre pour les appels externes. C'est ce lien entre l'interne et l'externe qui va permettre au modèle d'entreprise 2.0 de créer et d'animer un véritable écosystème autour de l'entreprise.

Dans le « business to business », donc les services aux entreprises, la continuité de la relation entre les experts d'une entreprise et ceux de ses fournisseurs ou clients est naturelle. Si vous êtes le spécialiste des membranes de filtration d'eau, il y a de fortes chances que vous ayez des clients aussi experts du sujet. L'animateur de la communauté interne sur les technologies du traitement de l'eau produit donc déjà du contenu de nature à intéresser les spécialistes chez les clients de l'entreprise. Une sorte de blog permet de pousser l'expertise de l'entreprise, représentée par des salariés ambassadeurs qui peuvent ainsi créer et animer des communautés externes. Les échanges sur ces communautés à leur tour deviennent un contenu intéressant pour comprendre les attentes du marché et la perception technique des produits de l'entreprise. On voit donc bien comment la communauté interne nourrit la communauté externe qui, à son tour, l'enrichit.

Le cas du B2C (« business to consumer ») est un peu différent. Contrairement aux entreprises habituées à utiliser des outils dédiés, le grand public est plus enclin a employer... des plates-formes génériques, qui plus est multiples. A savoir Facebook, Copains d'avant, voire Twitter. L'entreprise doit donc pouvoir y assurer sa présence. Et, là encore, une fois les demandes standards traitées par des conseillers clientèle, ce sont les experts qu'il faut parvenir à mobiliser pour répondre aux attentes ou questions plus spécifiques.

Dans les deux cas, le lien entre l'interne et l'externe est essentiel pour permettre au modèle d'entreprise 2.0 de créer et d'animer cet écosystème.  

mardi 3 avril 2012

RIM: les premières annonces vont dans le bon sens pour les entreprises

RIM: les premières annonces vont dans le bon sens pour les entreprises

Research in Motion a annoncé lundi  2 Avril qu'il mettra à jour son logiciel BlackBerry Enterprise Server pour soutenir les terminaux Apple iOS,  donc l'iPhone et l'iPad, ainsi que des terminaux sous Google Android sans préciser les versions. La nouvelle est reprise par les sites d'information dédiés au monde Apple, tant cette annonce est quand même "une révolution" comme aurait dit un certain Steve.

undefinedUne révolution pour RIM qui est dans une mauvaise passe et qui cherche a se recentrer sur le monde de l'entreprise d'où elle tire depuis l'origine la majorité de ses revenus (voir les liens de la Saga RIM à la fin). Car RIM jusqu'a présent adorait tout faire tout seul, réseau, terminaux, OS, applications... C'est parfois la marque de fabrique de certains pionniers qui ont forgé de nouveaux usages comme le "push mail" ou l'addiction des cadres à un téléphone.

Or cette annonce d'une première solution multi-plate-formes BlackBerry Enterprise Server est une ouverture pour amener dans le monde Apple l'expertise de RIM en matière de gestion et de sécurisation de flottes de terminaux, où seule une approche grand public (dont Do It Yourself) est proposée avec iTunes. Les DSI ont besoin de pouvoir administrer, au moins en partie, leurs flottes de milliers de terminaux mobiles et ne peuvent compter que sur les utilisateurs, surtout quand ils sont répartis sur plusieurs sites ou pays et parfois perdent ou se font voler leurs terminaux contenant les données de l'entreprise. Cette gestion se faisant à partir d'une console web pour distribuer les logiciels, gérer les politiques, les stocks, la sécurité, l'activation du verrouillage, la réinitialisation des mots de passe.
Des fonctions plus proches de l'OS comme le push seront plus difficile à proposer mais c'est déjà un bon début.

Une révolution pour Apple qui bénéficiait, aussi depuis depuis l'origine de la société, d'un univers relativement fermé avec un contrôle total sur la chaîne de distribution des applications en ce qui concerne iOS. Les réactions vont être intéressantes.

Enfin une révolution dans l'entreprise avec l'annonce «balance BlackBerry" une technologie qui permettrait l'utilisation du BlackBerry à la fois pour le travail et pour des fins personnelles, en assurant la confidentialité de données personnelles et la sécurité des données de travail. Et si le BYOD (Bring Your Own Device) devenait vraiment une autre façon de voir les terminaux et leur raccordement au système d'information? C'est le pari de cette nouvelle technologie.

Ces annonces vont donc dans le bon sens pour l'entreprise et avaient été anticipée par GreenSI dans son dernier article, car circulaient sur les forums depuis quelques mois. Le seul hic pour l'instant étant encore la disponibilité de l'ensemble interopérable (annoncée dans l'année). On peut d'or et déjà aller sur le site www.blackberry.com/mobilefusion pour les premières versions. Apple et Google Android n'ont pas encore trop de cheveux blancs a se faire, puisqu'il s'agit de répondre de suite à stopper le risque de perdre des clients entreprise, mais la bataille pour l'entreprise va vraiment commencer...

BES : le schéma ci dessous rappelle l'infrastructure BES qui entre autres, crypte chaque paquet individuellement avant d'être envoyé sur Internet ou les sites opérateurs.

 Pour retrouver sur ZDNet les autres épisodes de la Saga RIM:

dimanche 1 avril 2012

BlackBerry dans la tourmente, la saga continue!

BlackBerry dans la tourmente, la saga continue!


Après l'annonce Vendredi de mauvais résultats trimestriels et des pistes d'une nouvelle stratégie, de nombreux analystes ont annoncé la sortie de RIM du marché grand public. Ce matin RIM dément ces "rumeurs" via son blog officiel.
Et pourtant la conférence du 29 mars semblait sans équivoque : « nous prévoyons de nous recentrer sur le marché des entreprises et de capitaliser sur nos forces dans ce segment ». Que penser maintenant ?
GreenSI qui adhère à la thèse de l'abandon du marché grand public et a repris "la rumeur" dans son dernier billet ( BlackBerry dans la tourmente... c'est le moment d'acheter! ) voudrait revenir aux faits pour essayer d'y voir plus clair. Car c'est de la stratégie d'un des opérateurs de (certaines) DSI dont on parle. Et donc l'impact de cette Saga est loin d'être neutre pour les entreprises et ne se passe pas que sur le marché grand public :
  • Le "push mail" a assuré le développement rapide de RIM et d'une infrastructure sécurisée importante qui a séduit les entreprises (B2B) mais n'est plus aujourd'hui la fonction magique de communication dans un monde de messageries instantanées et où Twitter s'intègre à iOS5. Le tactile est passé par là pour renforcer le besoin d'un navigateur et d'applications sur les terminaux. Et l'infrastructure reconnue pour sa robustesse a planté 3 jours en fin 2011, signe d'un temps qui change.
  • La société s'est éparpillée sur deux marchés (B2B et B2C) certainement grâce au succès auprès du grand public de ses terminaux à claviers idéaux pour les SMS... et les forfaits SMS illimités de nos chères têtes blondes. Innover sur deux marchés aux attentes différentes coûte plus cher, c'est un fait. Et quand l'innovation est tirée par Apple, Google, Samsung et Amazon il vaut mieux être en bonne santé et avoir du cash pour investir.
  • Ce qui rapporte à RIM c'est la commercialisation des services aux entreprises et ce depuis l'origine de la société.
  • Le marché grand public est en train de lui échapper depuis l'arrivée de l'iPhone et des terminaux Android, notamment HTC qui en trois ans grâce au grand public a des ventes équivalentes à RIM qui développe son marché depuis 1984. Le marché Canadien résiste encore mais les Etats-Unis sont déjà perdus avec plus de 50% de terminaux Android.
  • La future version de son OS BlackBerry 10 qui devrait rivaliser avec ses concurrents a été repoussée et aucune date n'est annoncée. Et dans un monde dominé par le Cloud, l'OS du terminal n'est que la moitié du sujet et RIM n'a pas encore de réponse sur les services comme iCloud.
Compte tenu de ces éléments, le pouvoir de persuasion de RIM va devoir être grand pour que GreenSI avale que son avenir s'écrit avec les lettres B2C. Et c'est sans compter sur Microsoft qui va finir par arriver sur ce marché avec Windows8, une alliance Nokia sur les Windows Phones et des licences Windows8 à d'autres constructeurs.
Le "démenti" de la "rumeur" rappelle plutôt la saga HP de l'an dernier avec WebOS. Or maintenant nous savons que tous les démentis n'y ont rien fait, la tablette HP est devenue une exception bradée qui n'est plus en magasin, HP s'est centré sur le marché entreprises et les salariés de WebOS ne savent toujours pas sur quel pied danser.
Ne nous laissons donc pas endormir par RIM.
La seule chose que l'entreprise souhaite entendre c'est sa stratégie sur ce marché alors que certains produits comme sa plateforme  BES - Blackberry Enterprise Server - vont dans le bon sens mais pas assez loin pour percer dans le nouveau paradigme de la mobilité en entreprise:
  • ouvrez BES pour piloter d'autres terminaux et résolvez le problèmes des flottes d'iPads et d'iPhones actuellement non administrées,
  • adoptez Android et ne nous emmenez pas dans un nouvel OS BB10 fermé qui sera une évolution risquée pour les DSI
  • distribuez des tablettes Android compatibles avec votre plateforme... celles de Samsung ou Asus au hasard.
  • proposez des solutions au "BYOD - Bring Your Own Device" pour que les salariés puissent utiliser leur BB personnels (et leur tablette) sur le réseau de l'entreprise de façon sécurisée pour tous
Et rappelez vous que la règle dans l'industrie informatique c'est que les revenus viennent du service et non des terminaux.

Ces derniers servent a tisser des liens forts avec les utilisateurs mais pour cela il faut plus qu'un terminal. Même Google a besoin d'un "store" et a lancé GooglePlay (anciennement Android Store) la semaine dernière pour contrer Apple et Amazon. Par contre le "store" des entreprises reste à inventer et les acteurs du poste de travail risquent de le faire avant vous, alors au boulot!

Stoppez les démentis et trouvez vous rapidement  un Directeur Marketing, car laisser ce poste vacant dans un monde dominé par l'offre va finir par ne pas faire très sérieux. Et en l'attendant, dites vous que quand on a un logo formé avec deux BB entrelaçées, ce n'est pas la peine d'aller chercher plus loin son ancrage dans le B2B...


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