mardi 30 octobre 2012

Gartner dévoile ses prédictions 2013 et sa vision de l'IT

Gartner dévoile ses prédictions 2013 et sa vision de l'IT


undefined
Un peu avant le beaujolais nouveau et avec autant de régularité, Gartner nous délivre ses "prédictions" (SPA pour Strategic Planning Assumptions) qui devraient diriger l'action des DSI pour planifier l'évolution de leur SI et se préparer à une informatique toujours plus intégrée avec le business.

GreenSI s'est attaché a regarder les tendances structurelles de l'industrie dans laquelle évoluent les SI et les DSI, plustôt que les tendances technologiques elles même (bigdata, cloud, mobile...), largement couvertes dans de nombreux autres billets tout au long de l'année et dont voici la liste présentée par Gartner au symposium ITxpo 2012 à Orlando la semaine dernière :


Pour en finir avec les tendances technologiques et concernant les hypothèses relatives à l'organisation du SI, son marché, ses risques et ses opportunités, voici ce que GreenSi peut tirer de l'analyse de Gartner.

Globalement l'informatique mondiale avance a deux vitesses selon si on est sur une zone en croissance (l'Asie) ou en crise (l'Europe), c'est à dire que la société ou les clients servis y sont principalement localisés. Chaque zone mettra a profit les tendances qui jouent sur l'accélération du business, l'innovation ou la rationalisation.
Et pour tout le monde deux gros nuages à l'horizon (non je ne parle pas du Cloud):
  • la pénurie de compétences pour mettre en oeuvre certaines tendances
  • et bien sûr celui de la sécurité dans un monde plus ouvert et plus complexe.
Le marché mondial des compétences et du sourcing est donc en profonde mutation, à la fois pour délivrer les promesses des nouvelles tendances technologiques mais aussi à cause du contexte économique mondial :
  • Des soubresauts sur l'emploi IT en Europe : d'ici 2014 la majorité des recrutements en Europe seront le fait de sociétés basées dans la zone Asie ayant une croissance à deux chiffres et un besoin fort en compétences. En même temps les états européens auront voté des lois qui pénaliseront l'offshore et le réduiront de 20% d'ici 2016.
  • La consolidation du marché IT se poursuit: d'ici 2014, 20% des sociétés du top 100 des fournisseurs de services IT auront disparues
  • Le bigdata freiné par le manque de compétences: d'ici 2015 l'évolution des bigdata va demander 4,4 millions d'emplois mais seulement un tiers pourra être fourni a cause d'une pénurie de compétences dans le décisionnel et l'analyse des données
  • La Chine c'est maintenant: d'ici 2015, 3 des 5 plus grands fournisseurs de terminaux mobiles seront Chinois, ZTE en pôle position...
  • Le retour du logiciel embarqué: Jusqu'en 2014, les besoins de développement de nouveaux logiciels embarqués dans des machines plus intelligentes (distributeurs, équipements médicaux,...) vont augmenter de 25%
Une sécurité qui doit être renforcée sur tous les fronts :
  • BYOD : D'ici 2014 les équipements amenés par les employés au bureaut (BYOD) auront un taux d'infection en virus et malware double de celui des machines contrôlées par l'entreprise.
  • Pertes de données : D'ici 2017, 40% des contacts de l’entreprise (CRM, annuaires... ) auront été recopiés sur Facebook ou dans les applications collaboratives mobiles sur les smartphone, a l'insu de l'entreprise et ses politiques
Windows 8, ce n'est pas pour tout de suite dans l'entreprise :
  • Jusqu'en 2015, 90% des entreprises n'engageront pas de déploiement massif de Windows 8
  • Une migration complète des applications d'entreprise sous Windows 8 (pour bénéficier de ses capacités tactiles et de son interface) prendra 10 ans
Et toujours des technologies informatiques de rupture qui peuvent être exploitées pour repenser totalement des applications et imaginer de nouveaux usages:
  • D'ici 2016 les équipements intelligents que l'on porte sur soi (lunettes, chaussures, tatouages, ...) vont créer un marché de $10 milliards
  • D'ici 2015, 40% des entreprises du "Global 1000" utiliseront la "gamification" comme un moyen de transformer les processus et de dynamiser les opérations
undefined
Donc au delà du buzz sur les technologies toujours enclines a attirer l'attention et motiver de nouveaux projets, Gartner attire l'attention des DSI sur des évolutions structurelles de l'industrie auxquelles il faudra répondre à court ou moyen terme et dans lesquelles tout l’écosystème IT va être entraîné. En complément la gestion des compétences et le sourcing de compétences est certainement un sujet a marquer dans un coin de son agenda. Et pour ceux que cela intéresse, la version européenne du sommet c'est à Barcelone que ça se passera début Novembre.

Alors ouvrez l'oeuil et le bon, ou achetez en avant première des lunettes à réalité augmentée reliées directement à GreenSI pour ne pas quitter le decryptage des tendances SI ;-)

dimanche 28 octobre 2012

Qui sera le chef des "big data", la DSI ou le marketing ?

Qui sera le chef des "big data", la DSI ou le marketing ?


undefinedPas une semaine ne passe sans une conférence ou un petit déjeuner qui n'aborde le "big data", en mineur ou en majeur. Tendance déjà identifiée par The Economist en 2010 qui en avait fait un dossier spécial fameux: "The data deluge".

Certains crient à l'imposture car le décisionnel, "BI" de son petit nom anglais pour Business Intelligence, existe depuis belle lurette. Et les datawarehouse qu'il a mis en place traitent déjà des volumes importants de données avec des techniques de "data mining" plus performantes que les outils classiques de bases de données.

Mais ceux qui défendent ce nouveau concept de "big data", mettent en avant qu'en plus du collosale volume de données qui se profile à l'horizon avec le développement d'internet et des objets connectés, le big data aborde aussi un traitement de données hétérogènes et souvent issues de flux temps réels qui vont rapidement mettre a genoux le BI et demander de nouvelles techniques d'analyse.

GreenSI est plus enclin à penser que le big data est une perspective long terme qui ne concerne pour l'instant de façon pratique que peu de domaines et d'industries. Une intuition confortée par plusieurs appels téléphoniques récents de journalistes ou d'organisateurs de conférences, à la recherche d'entreprises utilisatrices pour témoigner sur le big data, alors qu'elles croulent de demandes de fournisseurs pour parler de leur technologie.
Mais cela ne doit pas détourner notre attention de ce qui se joue réellement. Car pour GreenSI le point de rupture concerne bien la donnée.

Qu'elle soit "database", "big data", "open data" voire "semantic data" la donnée devient essentielle, c'est à dire l'essence même du monde numérique dans lequel ont été construits les 550 millions de sites web mondiaux et où un tiers de la population passe plus de 4h par jour, connectée via un terminal de plus en plus mobile.

Dans ce monde numérique tout est donnée: produits, magasins, argent, relation client, réputation,...
undefinedDans ce monde numérique ce sont les données qui circulent, qui sont capturées et analysées en temps réel. Et par un hasard de langage, le mot "essence" est proche de celui de "oil" utilisé par les anglosaxons pour parler des gisements de données que l'on pourra "pomper" et valoriser à l'image du géant Google et de son challenger Facebook ("data is the oil of the 21st century").

Et tout ça pour décider en temps réel, à la place de l'humain. Décider de choisir la bonne publicité et le bon prix à afficher sur ce site où ce client est déjà venu 3 fois regarder cette paire de chaussures. Décider de prévenir une marque qu'une discussion est en train d'entacher sa réputation dans tel réseau social. Décider de bloquer cette connexion à notre site web, dont le comportement étrange fait suspecter un piratage.

La construction de l'entreprise numérique et de ses plateformes de traitement de la donnée, big data ou pas,est certainement un domaine où les investissements vont continuer de croître. La direction en charge du système d'information et du traitement de l'information, la DSI, est donc bien positionnée pour accompagner ce développement. Et d'ailleurs les systèmes décisionnels des années précédentes ont généralement été mis en place dans l'entreprise par la DSI suite à une commande du marketing, de la clientèle voire de la finance.

Mais le monde numérique se développant largement sur Internet en dehors du système d'information "traditionnel" et les offres décisionnelles en SaaS se développant dans le Cloud, la légitimité de la DSI est parfois remise en cause par des métiers tentés par une relation directe avec ces nouveaux offreurs. Tendance révélée par le Gartner depuis plusieurs années avec une prédiction que d'ici 2014, un quart des budgets informatiques gérés par les DSI vont leur échapper (http://www.zdnet.com/research-the-devalued-future-of-it-in-a-marketing-world-7000003989/)

Sachant qu'une autre tendance montre que les budgets marketing ne faiblissent pas.
undefined

Alors le Directeur Marketing serait-il un futur "Chief Information Officer" et voudrait 'emparer du système d'information, au moins décisionnel ?
undefinedPas sûr...

Une autre façon de voir les choses est de revenir a cette donnée. Si elle est essentielle et qu'en se manipulant elle façonne l'entreprise numérique et l'avantage compétitif de toute l'entreprise, c'est bien au plus haut niveau de l'entreprise qu'il faut la piloter.
Bienvenue au nouveau "Chief Data Officer"!

Un profil que le cabinet de recrutement de cadres dirigeants Russell Reynolds Associates voit comme clef dans les grands groupes et dont les embauches vont commencer dès 2013. Et il ne s'agit pas de DSI mais bien d'un nouveau poste. Leur hypothèse est qu'en 2015 la moitié des Fortune 100 auront recruté leur Chief Data Officer (http://searchcio.techtarget.com/news/2240169355/The-rise-of-the-chief-data-officer)

Alors finalement peut être qu'il n'y aura pas besoin de départager le DSI et le Directeur Marketing à propos du big data et de l'entreprise numérique, c'est le Chief Data Officer qui s'en chargera.

GreenSI pense que cela va dépendre des secteurs et des métiers, au moins dans un premier temps en fonction de l'importance de ces plateformes. Mais à terme cela veut certainement dire que les organisations en charge du système d'information seront très diverses.

Qu'en pensez vous ?

lundi 22 octobre 2012

"Open SNCF" ou comment l'open data transforme la SNCF

"Open SNCF" ou comment l'open data transforme la SNCF


Dans les transformations où le digital joue un rôle non négligeable, on pense a beaucoup d'entreprises spontanément mais pas immédiatement à la SNCF. Et encore moins au début d'une semaine comportant un appel à la grève le 25 Octobre. Et pourtant...

En toile de fond rappelons tout de même que voyages-sncf.com, créé en 2000 en pleine explosion de la bulle internet, est aujourd'hui le premier site de ecommerce de France(3,2 milliards en 2011), qu'il est mobile (Voyages-sncf.mobi - billets, horaires...), et social ("Petits voyages entre amis" sur Facebook), deux attributs clefs pour GreenSI et ses lecteurs. Certes c'est une filiale, mais elle s'appuie sur l'offre de la maison mère qu'elle enrichie "numériquement".

Mais l'objet de ce billet n'est pas de parler d'ecommerce mais de montrer le potentiel d'influence de l'open data sur la transformation de la SNCF et in fine certainement sur toute entreprise qui se donne la peine de regarder et d'y mettre un peu de moyens.

La semaine dernière au colloque e-administration sur l'ouverture des données, Bénédicte Tilloy Directrice générale du Transilien, nous présentait la démarche d'open innovation de sa société.
Le Transilien a demandé à ses clients (la bagatelle de 3 millions de voyages par jour), de quelles applications mobiles ils auraient besoin.
Idée de bon sens que l'on trouve dans tous les bons livres de marketing. Mais il faut le reconnaître que c'est plus facile à dire qu'a faire et avec l'Internet combien on fait le design de leur site en impliquant en réunion leurs clients? Et puis pour le Transilien la réponse semblait évidente: "aider moi à optimiser mon trajet" car après tout le métier de Transilien c'est une offre de transport multimodale.

Et bien non!
En retour de cette consultation Transilien a reçu plus de 2000 idées d'applications de ses clients dontles deux tiers concernaient le "time killing" c'est à dire : "aider moi à mieux utiliser mes 72 minutes quotidiennes en moyenne de temps de transport". Par exemple si je suis en apprentissage de l'anglais, en me mettant en relation avec un anglophone qui prend tous les jours le même train que moi, pour que je puisse pratiquer la conversation. Et seulement un tiers en relation directe avec l'optimisation des trajets.

De cette consultation sont sorties des idées d'applications auxquelles la SNCF n'avait pas pensé et que les client réclament. Le rêve de tous les services marketing. Comme par exemple "Mobili" une application sur l'accès handicapé des gares ou "Tranquilien" (à vernir) pour savoir où se mettre sur le quai quand on veut de la place dans sa rame quitte a être plus loin de la sortie sur le quai. Cette dernière basée sur les données historiques de remplissages des rames.

Pour tenter de concrétiser ces idées, Transilien a organisé un hackathon (voir Un hackathon pour innover à la DSI) avec des développeurs et des clients intéressés par passer un week end à concevoir une application qui allait peut être changer leurs voyages. Ce fut l'occasion de créer le portail http://data.sncf.com/ pour fédérer une communauté autour de ces idées, d'y exposer des données disponibles et de faire remonter les suggestions des développeurs, par exemple sur les formats des données et les questions de modélisation.

Car la source des données nécessaires à ces applications était interne. Des données produites par le SI de la SNCF et mises à disposition en opendata. Un participant m'a confié que 3 heures avant le début du hackathon de nouvelles données étaient demandées  par les participants, certaines "chaudes" donc temps réel et critiques, et que l'équipe Transilien en charge des API a été mobilisée pour les fournir. On est donc dans une vrai démarche de mise à disposition de moyens et pas simplement un concours d'applications mobiles orienté "communication". Les applications lauréates ont ensuite été financées pour aboutir, donc au delà du chèque de 5.000€ gros lot d'autres hackathon opendata mais largement insuffisant pour une application opérationnelle.
Bref, une démarche d'ouverture certainement exemplaire, dont d'autres entreprises peuvent s'inspirer.

Mais ce qui a retenu l'attention de GreenSI ce n'est pas ce premier hackathon mais un second organisé avec... les salariés de la SNCF!A croire que des salariés internes ont été piqués au vif et ont relevé le défi : on peut être cheminot et hacker comme un développeur dans une startup ;-)
Certains participants du premier hackathon on aussi été présents au second pour faire le lien et servir de "mentors" pour les équipes.
Donc un "Cheminots Hack" où 22 salariés de plusieurs régions, organisés en équipes internes aux noms de guerre évocateurs comme "Hélène et les garçon", "Sncf 311" ou "Les poulpes", ont imaginé ce week-end sur Paris les applications mobiles de demain. Et ces développeurs/concepteurs qui connaissent bien l'exploitation, sont donc très pertinents pour les parties opérationnelles manipulant des données plus complexes ou des situations particulières comme la crise.

Et par là, d'illustrer une idée chère à GreenSI: comment trouver une autre façon de fonctionner avec les métiers pour la DSI ?

Pendant ce temps, à la Cité de la réussite à la Sorbonne ce Dimanche, le thème de cet évènement était "le partage". Une conférence sur l'opendata animée par Bluenove et avec comme participant Patrick Ropert le Directeur de la Communication de la SNCF, y avait tout à fait sa place. Ce fut l'occasion d'en savoir plus sur la démarche.

L'ouverture des données et de l'innovation à la SNCF nous a fait assister a une triple révolution des rôles :
  • Tout d'abord la prise de conscience que le temps et la qualité du  trajet des voyageurs sont dans le périmètre des services et du rôle attendu de la SNCF. Les clients n'en attendent pas qu'une offre technique d'exploitation (faire marcher les trains) mais un "aménagement numérique" de leurs trajets, comme il y a l'aménagement physique des rames.
    Et donc qu'une partie des applications de support de cette exploitation "nuémrique", les concernent et soit à leur service.
  • Ensuite l'évolution du rôle du voyageur en concepteur de services pour aider à définir ces applications, et dans les phases futures on peut l'imaginer, a les déployer, en faire la promotion voire en assurer une partie de leur support.
  • Enfin le rôle des cheminots qui dans des équipes intégrées et "sous pression", ont joué le jeux de la poursuite de l'innovation par la conception de nouvelles applications.
Il est encore un peu tôt pour apprécier l'impact final de ces applications sur les voyageurs et l'exploitation, mais on peut certainement affirmer dès maintenant que la mobilisation de cet écosystème de clients, salariés et développeurs autour de ces services mobiles de demain, a déjà transformé la façon de voir la partie du système d'information dans les mains des clients.
Alors GreenSI ne peut que dire bravo!

dimanche 21 octobre 2012

Ca bouge du coté d'HTML5, ne ratez pas le départ

Ca bouge du coté d'HTML5, ne ratez pas le départ

HTML5 (HyperText Markup Language 5) est la prochaine révision majeure d'HTML le format de représentation des pages web. C'est une version encore en développement en 2012 mais composée de nombreux modules, et livrée progressivement. Elle est déjà compatible avec les dernières versions des principaux navigateurs.
HTML5 c'est surtout la promesse de repousser les limites de HTML avec:
  • l’intégration en standard de Widgets,
  • la lecture de vidéo ou d’audio sans module complémentaire,
  • la simplification de la création d’applications web (glisser coller, couche application avec API, géolocalisation en standard, ...),
  • la simplification du référencement des pages par les moteurs de recherche (grâce à la description des données présentes sur la page)
  • et surtout la consultation de contenu hors connexion.
Pour une DSI c'est un format qui va permettre d'accompagner le développement de l'internet mobile (mais pas que) et avec lui de pouvoir embarquer le système d'information dans des applications mobile pour les clients, les partenaires ou les agents.
A la clef du contenu et des applications plus dynamiques, compatibles internet fixe et internet mobile, et ayant une interaction parfaite avec leurs équipement mobile, tablettes ou smartphones.

C'est aussi la mort annoncée de flash. Et ça les DSI vont adorer, car cela va éliminer les agences web antédiluviennes qui continuent a vendre dans leur dos aux Directions de la Communication, des "sites plaquettes", totalement indigestes, non sociaux et mal référencés que personne ne consulte... mais qu'est-ce qu'ils sont beaux!

HTML5 va redistribuer les cartes du développement web.
Des sociétés comme Cabana, se sont lancées sur ce créneau de la simplification du développement des applications mobiles. Car les embûches et les contraintes sont multiples en attendant la réalisation complète du Saint Graal HTML5 (adaptation a tous les formats, accès aux capteurs des équipements,...). C'est un "éditeur visuel" qui met à disposition des développeurs un environnement graphique où via des menus et des connecteurs on remplace avantageusement les lignes de code et les invites de commandes. Le crédo ce Cabana "Démocratiser la création de contenu interactif et tout particulièrement d’applications".


Vous aimez Cabana? Et bien c'est trop tard !
Car Cabana va fermer son service le mois prochain après avoir été rachetée cette semaine par Twitter.

Twitter reprend tout, technologie, logiciels et personnels, faisant d'une pierre deux coups car dans la Silicon Vallée le recrutement de compétences HTML5 commence a se faire rare et racheter une société reviendrai moins cher  et est surtout plus rapide que de recruter!


Et Twitter n'est pas seule. L'an dernier c'est Facebook qui a racheté Strobe spécialisée dans le développement en HTML5 et auteur d'un framework de développement et d'une infrastructure serveurs nécessaires au déploiement des sites. Apple de son coté aurait racheté le mois dernier la société Particle, un spécialiste des applications HTML5 et du conseil auprès des DSI des grandes entreprises. Une start-up qui a comme client Apple, mais aussi Google et Motorola. De là a dire qu'Apple a racheté l'équipe avant que Google+Motorola, qui cherche le futur de l'internet mobile, ne s'en empare, il n'y a qu'un pas... que GreenSI franchi allègrement.

HTML5 est donc au coeur de toutes les attentions et annonce l'arrivée de l'ère mobile "post PC". La croissance de la vente des PC freine et celle des tablettes augmente sans parler des smartphones. Cette semaine la video de publicité de l'annonce de Windows 8 commence même avec un PC qui...  explose. Alors si même Microsoft y croit, tenez vous prêt et envoyez déjà vos troupes en formation... à moins que vous ne soyez tenté par le rachat complet de l'équipe d'une start-up qui aurait quitté le pigeonnier ;-)

dimanche 14 octobre 2012

Les données libres des entreprises s'ouvrent à l'Open World Forum

Les données libres des entreprises s'ouvrent à l'Open World Forum

Cette fin de semaine, Paris a hébergé la 5em édition de l'Open World Forum le rendez-vous annuel incontournable du logiciel open source et des démarches ouvertes.

Conférence de 3 jours inaugurée cette année par la Ministre déléguée chargée de l'Économie numérique, Fleur Pellerin et Jean-Louis Missika, l'adjoint au maire de Paris en charge de l'innovation. Car dans un monde qui se numérise à grande vitesse, la donnée devient essentielle, et l'OWF se devait d'aborder son ouverture avec la conférence "Open data des entreprises" animée par Data Publica.

Les premières initiatives opendata depuis 2010 ont été lancées par les collectivités locales (voir Open data, tendance de fond pour les SI des collectivités?). Mais quand on regarde de plus près les entreprises sont aussi concernées (voir Open week à Nantes, c'est aussi pour les entreprises) et en premier lieu celles qui assurent un service public comme La Poste ou Suez Environnement. Ce fut donc l'occasion pour Dephine Desgurse la Directrice Marketing Stratégique & Communication de l'Innovation, de présenter la transformation en cours à La Poste, initiée par la démarche d'ouverture des données.
La première question a se poser pour une entreprise c'est quel est son capital de données?
La Poste les a classées en 4 catégories.
  • Les données personnelles sont pas définition exclues de l'opendata,
  • les données collectées par les facteurs aussi car elles sont essentielles au développement des nouveaux métiers de La Poste qui se les réserve.
  • Les données candidates à l'ouverture sont donc, soit publiques par nature,
  • soit internes quand La Poste décide de les partager.
 

La question des données des déménagements a été abordée et finalement a été tranchée comme des données personnelles. Une réponse influencée par un avis de la CNIL... le gendarme des données personnelles veille! Ce qui ne vous empêche pas d'annoncer votre déménagement sur les réseaux sociaux à toute la planète, mais La Poste ne le fera pas pour vous ;-)

Les données publiques sélectionnées par La Poste ont vocation à rejoindre le portail data.gouv.fr mis en place par Etalab, notamment les localisations de tous les bureaux de poste et leurs horaires d'ouverture. Quant aux données internes sélectionnées elles vont alimenter des appels à projets comme celui dans le domaine du "big data", car certaines données comme le tracking des colis peuvent être très volumineuses et temps réel.

Du coté de chez Suez Environnement à la Lyonnaise des Eaux, c'est le partage avec les collectivités locales et les citoyens qui est le moteur de l'ouverture des données. L'exemple de la Communauté Urbaine de Bordeaux (LaCUB) et la fourniture de données environnementales a son portail data.lacub.fr est cité comme déclencheur de la démarche. Donc pas pour l'instant d'approche nationale avec un portail, mais une collaboration avec chaque territoire pour y stimuler l’innovation d'acteurs locaux.

Finalement ouvrir ses données pour les entreprises ce n'est pas si simple! Et c'est certainement le cas pour de nombreuses entreprises. Au delà des aspects juridiques et du secret des affaires qui vont vers une ouverture limitée, des problèmes techniques surgissent. 

La faute a des SI relativement fermés et cloisonnés qui demandent des projets couteux et du temps pour exposer ses données à l'extérieur. Les coûts deviennent alors un frein, car au delà de l'image de transparence qu'offre la démarche et du potentiel d'innovation que pourrait porter un écosystème de startups explorant ces données, ces coûts peuvent être difficile à justifier. Surtout quand il n'y a pas de "pression du marché" ou des clients pour les ouvrir (voir le cas de la RATP) et que ces bénéfices sont difficilement quantifiables. L'ouverture des données sera nécessairement un processus lent. Dans le cas de La Poste, Etalab, la mission gouvernementale chargée de l'ouverture des données, a certainement du déployer des arguments convaincants...

Un bénéfice intangible de la démarche sera certainement à terme une évolution de la construction des SI pour permettre ce partage des données. Un besoin qui n'était alors porté par personne mise à part le décisionnel et qui amène des questions importantes:
  • de quelles données on dispose ?
  • comment les qualifier ?
  • dois t-on les rationaliser ?
  • comment y accéder ?
Une démarche qui va obliger à poursuivre, à la maille de la donnée, le décloisonnement de l'information pour mieux anticiper leur partage et leur réutilisation. Une démarche qui n'est pas sans rappeler la SOA des années précédentes, qui malheureusement ne s'est pas généralisée.

Et pourtant l'ouverture est bien une tendance générale, dans un monde où les clients et les partenaires sont aussi équipés en SI, qui n'attendent que d'échanger des données à la volée ou par lots. Et pour certaines sociétés comme Twitter, l'ouverture de ses API utilisées par des milliers de sociétés exploitant les données de Twitter, a été un facteur de contribution à son développement fulgurant. Aujourd'hui Twitter fait le ménage dans ces ouvertures pour limiter celles qui la concurrence frontalement (notamment LinkedIn), mais la démarche "j'ouvre d’abord et je règle les problèmes ensuite" a été la bonne pour la croissance de ce réseau social.

On peut aussi citer les API de Google autour des cartes Google Maps, de Facebook Connect pour gérer l'authentification sur Internet, et de nombreuses autres. Un véritable "monde d'API" est en train de réorganiser l'Internet mondial. Je n'en dit pas plus ce sera l'objet d'un prochain billet...


L'opendata des entreprises va donc conduire à la création d'écosystèmes qui, GreenSI le pense, seront des leviers d'innovation important pour les entreprises qui s'ouvrent pour les développer. Ce sujet a donc totalement à sa place à l'Open World Forum, car après le logiciel ouvert qui s'installe progressivement dans l'entreprise, c'est du coté de la donnée ouverte qu'il va falloir aussi se pencher.

Un sujet à garder sur les écrans radars de GreenSI même si on se doute qu'il va prendre du temps.
________________________________________________

Et si ce sujet dans la sphère publique vous intéresse, ne ratez par le 17 Octobre 2012 le colloque "e-administration: ouverture des données et satisfaction des citoyens". Un Conseil Scientifique placé sous la présidence d’Olivier Schrameck, président de section au Conseil d’État, a été constitué dans l’objectif de le préparer (je suis membre de ce Conseil Scientifique). Organisé par Berger-Levrault, il permettra de faire le point en direct avec les principales entités de de l'Etat concernées par l'ouverture des données qui ont planché en 2012 sur l'ouverture et notamment Etalab, la CNIL, la CADA, le Ministère des Finances,..

samedi 6 octobre 2012

Un hackathon pour innover à la DSI en mode start-up

Un hackathon pour innover à la DSI en mode start-up

Le week end dernier dans les locaux de la pépinière Marseille Innovation, s'est déroulé le hackathon "Hack Data PACA" à l'initiative de la Région PACA de la Fing et de Merkapt, qui ont eu la bonne idée d'inviter des "mentors" issus d'entreprises afin de challenger les porteurs de projets. GreenSI présent a été bluffé par l'efficacité collaborative et l'intelligence collective déployée en si peu de temps, a tel point que cette approche semble mériter un billet pour que les DSI se penchent dessus pour le lancement de nouveaux projets
Un hackathon est un moment créatif intense qui réunit des développeurs informatiques, des designers, des usagers, des “créatifs”, etc., pour réaliser collaborativement des services/applications numériques :
  • sous la forme de business case,
  • de maquettes, prototypes
  • voire d’applications clé en main. 
Prévu sur deux jours, il inclut volontairement la nuit du Samedi au Dimanche (sont parfois sponsorisés par des marques de boissons hyper caféinées !) pendant lesquels de petites équipes (5 à 7) vont s'affronter pour soumettre leur résultat, à un jury qui élira la meilleure d’entre elles.

Tout commence le matin avec un brief des participants, venus chercher... l'aventure, avec tous un sac a dos bourrés de câbles, de routeurs et surtout d'idées!
La plupart ne se connaissaient pas avant le hackathon. Certains sont venus y trouver des partenaires pour un projet qui leur tient à cœur, d'autres juste passer un bon moment avec des gens intéressants. Les mentors eux sont venus se ressourcer auprès de tant d'énergie créative, et pourquoi pas identifier des candidats ou des projets à lancer dans leur entreprise comme pour la Région PACA qui elle souhaite développer des initiatives "opendata".

Sur des papiers blancs placardés au mur, certains vont inscrire leur projet et essayer de le "vendre" pour attirer d'autres participants qui vont venir y coller un post-it avec leur nom. La couleur du post-it indiquant le profil du candidat: designer, développeur, usager ou artiste. La salle s'est très vite transformée en "marché aux projets". Puis quand un projet pense avoir fait le plein de candidats de toutes les couleurs de post-it, il la quitte pour rejoindre une salle qui sera dédiée à leur projet.

En 45mn, six équipes se sont formées et sont motivées par un objectif commune de réalisation... c'est une première grande leçon de collaboration à méditer!

Une fois dans leur salle, après un premier tour de table pour se présenter et échanger ses emails, l'équipe prends possession des murs, via des paperboard, pour poursuivre le brainstorming et creuser leur intuition initiale. C'est la phase de création d'une vraie vision partagée et formalisée de leur projet. Ce week-end deux des projets furent par exemple "Fournir un service d'information pour trouver une plage" (c'est à Marseille !) ou "Cartographier ses zones d’intérêts personnelles pour choisir, acheter ou louer son appartement".

Pendant ce temps les machines connectées au Wifi commencent à échanger des mails et se connecter sur des espaces collaboratifs: GoogleDocs pour les spécifications, Twitter et le blog du hackathon pour partager avec les autres équipes.

Très vite se mettent en place les cas d'usages de l’application projetée et les choix techniques. Comme on a besoin d'une carte pour localiser les plages, ce sera OpenStreetMap (la communauté du libre est bien représentée!). Ça tombe bien on a un représentant régional d'OpenStreetMap à la table, qui partage sa connaissance des API et de comment les utiliser. Pour l'ergonomie après une exploration rapide, on retient un site assez proche de ce que l'on veut faire pour se donner des idées. Petit brainstorming pour le nom de l'application, et ainsi de suite, chacun amène sa brique à l'édifice et échange son expérience.



L'équipe a démarré à 11h le samedi. Dès le départ elle a affiché un paperboard avec la liste des livrables et la contrainte du lendemain dimanche à 16h. Toutes les heures un point était fait collectivement sur l'avancement et la répartition des tâches. A 18h l'équipe quitte la salle avec une spécification terminée, une répartition des tâches et une longue nuit qui s'annonce pour ceux qui vont monter le serveur, y installer les frameworks Java et commencer le codage.


Le lendemain toutes les pièces commencent à s'assembler: le code, la présentation pour l'oral, le business modèle pour le financement du service,... et à 16h comme prévu tout est terminé et le jury commence son travail de sélection. Bravo Marc, Fabien, Stéphane, Martine et Jean-Marie pour votre boulot !


En 30h chaque équipe a produit au moins, une spécification, une maquette et une présentation, et le plus important elle a vécu une histoire intense qui lui a donné envie d'aller plus loin et de mieux se connaître. Je ne sais pas vous mais c'est très au delà de tout ce que j'avais déjà vu dans une DSI, même avec des approches Agiles qui sont déjà un bon début pour casser les codes.

Et si c'était le moment de repenser nos approches amonts?
Le moment de penser en dehors de la boite ("Think out of the box") et de mettre plus d'agilité en amont des projets et de nos méthodes très (trop ?) structurées, avec des démarches innovantes et de "l'ideation" avant de rentrer ensuite dans une phase normale d'industrialisation.





Or nos méthodes ont été pensées pour réduire les risques, refuser l’échec et tout mettre en mode industriel. Une start-up va au contraire trouver son énergie dans le risque, car si elle réussie, ce risque devient une barrière à l'entrée pour les autres. Et elle voit l'échec comme un moyen de progresser en terme d'expérience pour se préparer à lancer... la prochaine start-up à succès. Cette dynamique est aussi un moteur de motivation des équipes.

C'est donc peut être plus d'agilité dans nos phases amont qu'il faudrait explorer avec par exemple un hackathon incluant des personnes internes mais aussi (surtout) externes à l'entreprise. Et pour cela, un écosystème de start-ups ou de clients est peut être un bon levier pour se changer les idées et surtout les méthodes. Non, vous ne pensez pas?