dimanche 30 mars 2014

Au delà du buzz, les ruptures amenées par le Big Data

Au delà du buzz, les ruptures amenées par le Big Data

Si quelqu'un ne prononce pas le mot bigdata dans une réunion en ce moment... c'est que vous vous êtes endormi(e) !
Car la beauté de ce mot anglais, ne faisant appel qu'a des bases de la langue de Shakespeare (big et data), fait que tout le monde croit comprendre de quoi il s'agit, et que personne ne parle de la même chose. De la comptabilité à la DG en passant par le marketing et bien sûr par la DSI. 

Le buzz autour du Big Data est donc plutôt une cacophonie disgracieuse, entre ceux qui n'y voient que l'évolution du décisionnel, ceux qui au contraire y voient sa fin, sans parler de ceux qui viennent de découvrir que dans "informatique", il y avait "données", et prennent cela comme une révélation divine qu'ils répandent de machine à café en notes de synthèse.

D'ailleurs pour GreenSI, si il y avait un dieu du bigdata, ce serait plutôt une déesse : Minerve (ou Athena), déesse de la guerre (économique), de la sagesse (lue dans les données), de la stratégie (vers l'entreprise numérique), de l'intelligence (décisionnelle) et de la paix (éthique à conserver). 

C'est aussi la patronne des artisans (et non des commerçants) ce que GreenSI interprète comme un signe du Panthéon romain (ou de l'Olympe grec) pour nous dire de voir le bigdata comme un outil de transformation des processus de fabrication et de services de l'entreprise, et pas uniquement comme un outil de marketing et de vente (la tendance du moment).

Et cette semaine, avec le salon Big Data Paris, le 1er et 2 Avril, le niveau de buzz autour de ce sujet devrait monter encore un peu plus. Et moi, et moi, et moi, nous faisons tous du big data... nous disent les 75 exposants de cette troisième édition.


Alors quand CIO.net France a proposé le 19 Mars a ses membres, de faire le point sur ce concept en prenant l'angle de sa valeur ajoutée et d'exemples concrets, c'est une salle pleine de DSI qui s'est déplacée.


Le big data annonce les beaux jours du marketing, mais certains comme GfK n'ont pas attendu l'avènement du concept Big Data pour s'en occuper. 

C'est ce que nous rappelle Fabrice Benaut, DSI dans le Groupe GfK. une des dix plus grandes sociétés mondiales dans le domaine des études marketing, après Nielsen ou Ipsos.
Une société qui a ses racines en 1925 dans un institut de traitement de la données et qui est devenue une société privée en 1990 avec la mission est de transformer la donnée en connaissance pour ses clients. Le Big Data a comme un air de déjà vu...



Et GfK est confrontée depuis longtemps aux fameux "3V" - Vitesse, Volume, Variété - qui définissent généralement le Big Data.  

Ce qui est nouveau pour GfK, et pour toutes les entreprises, c'est de s'adapter aux nouveaux usages des consommateurs sur Internet ou sur le mobile, et de conserver la vue complète de son parcours en y collectant de nouvelles données. Des données complémentaires à celles qu'ils collectent déjà dans les magasins et sur les autres canaux. Mais la démarche et les techniques, elles, changent finalement peu, et sont au cœur du savoir faire de GfK et de ses panels. Bien sûr ce n'est qu'une des applications du Big Data, mais on voit qu'elle est ancienne.


Le Big Data, c'est nouveau ?  Finalement, pour des hyper-spécialistes du marketing, pas tant que ça. Pour eux, c'est plus un renouveau du marketing, en amenant des approches inductives et plus de potentiels pour développer les modèles statistiques.

Alors regardons donc du côté des ruptures pour mieux identifier ce qui est nouveau dans les évolutions de l'informatique amenées par le Big Data. Et pour cela CIOnet avait invité à "pitcher" des startups, rien de tel pour oublier les préjugés qui nous collent parfois un peu trop à l'existant:
  • Dataiku insiste sur la préparation des données, qui est une étape essentielle et pas toujours maitrisée. Son atelier (Data Science Studio) en SaaS, met tous les outils de préparation à la disposition de toutes les entreprises et réduit ainsi le ticket d'entrée réel dans le big data.
    On avait déjà parlé de BIME qui de façon proche, permet d'offrir la plateforme (Business Intelligence as a Service) et la puissance nécessaire au traitement des données.

    Ces deux exemples montrent que les plateformes arrivent en SaaS, ce n'est pas nécessairement à la DSI de les monter, mais plutôt de se préparer à y injecter ses données.
  • OpendataSoft spécialiste de l'opendata nous fait prendre conscience de l'importance de l'intégration des données et de ne pas trop se fier au cloisonnement marketing du moment. Bigdata, opendata, dataviz... les liens sont nombreux quand on regarde de plus près, et toutes ces approches remettent au premier plan la donnée.
    La rupture c'est donc de passer à une architecture des données et plus uniquement des applications. Le bigdata s'inscrit dans cette évolution des SI.
    Et le passage du bigdata à l'opendata, puis à l'open-innovation est immédiat. Car dans une architecture plus ouverte, l'innovation et la co-construction avec ses clients, fournisseurs ou partenaires, en est facilitée.  Les projets les plus porteurs pour l'entreprise seront ceux
    où l’innovation permettra de repenser le métier et notamment avec l'apport du prédictif.
  • Wizabi s'attaque à la réunification de l'information face à la multiplication des sources, pour retrouver une cohérence entre le web et les magasins, et donc d'une certaine façon numériser le "off line". Mais cela demande une analyse temps réel et permanente des sources autre rupture que l'on voit se profiler à l'horizon du bigdata. 


  • Concrètement une cliente qui vient chercher en magasin un produit commandé sur internet, peut se voir conseiller d'autres produits par la vendeuse. Une sorte de Critéo pour le monde physique, pour citer la société s'appuyant sur sa technologie bigdata pour proposer sur internet les banières les plus pertinentes pour chaque internaute.
  • Quand à Wizii, elle s'attaque au profilage prédictif et comportemental des internautes... et là, pour certains, on vient de franchir la ligne. Car le bigdata fait aussi peur autant qu'il attire. Et c'est ce qui pourrait d'ailleurs le tuer, ou plutôt faire que les applications dans le domaine de la surveillance, y compris marketing, soient plus développées que les applications pour le business.
    Mais pour revenir à TellMePlus la jeune pousse, fondée par de vieux routards de la donnée, elle nous assure que le respect de la vie privée est justement le point différenciant de leur solution par rapport aux autres technologies comme Google, Facebook ou Amazon. On veut le croire.
GreenSI trouve que ces startups sont assez éclairantes sur les ruptures qui se cachent dans le Big Data. Non ce n'est pas le traitement de la donnée ni les capacités décisionnelles qui en découlent, mais ce sont bien :
  • les plateformes SaaS qui démocratisent des technologies autrefois chez des spécialistes (analyse, visualisation correlation...), et les mettent à disposition de tous. Ce qui avantagera les "petits" car, comme bien trop souvent, les "grands" vont se dire qu'ils peuvent mieux faire eux même et certains vont rater le train...
  • le temps réel va devenir incontournable dans l'analyse et la décision,
  • l'architecture de données va structurer les SI de demain dans un monde plus ouvert,
  • la convergence entre le on-line et le off-line, et d'une certaine façon la numérisation du off-line, sera la règle,
  • les limites éthiques et celles pour la protection de la vie privée qu'il ne faudra pas franchir, pour ne pas faire effondrer l'édifice tout entier. 
Éthique, vie privée, surveillance généralisée, c'est peut être ce qui déclenchera un autre "data déluge", ce moment ou tout s'effondrera parce que le monde numérique aura perturbé le repos des dieux... ;-)


jeudi 27 mars 2014

TechTrends 2014: ces forces qui transforment l'entreprise par la technologie

TechTrends 2014: ces forces qui transforment l'entreprise par la technologie

Mardi soir, s'est tenue dans les locaux parisiens de Deloitte, la présentation des "Tech Trends 2014". Le résultat du recueil de tendances de ruptures ou de tendances anciennes qu'il est temps de reconsidérer. 
Les 5 tendances de ruptures qui ont été retenues, doivent, pour Deloitte, se développer fortement a défaut d'être généralisées dans les 18 prochains mois. Mais surtout, elle concernent le business et sont rendues possible par la technologie... et non l'inverse !

C'est Mark White, Global Consulting Technology CTO de Deloitte, qui montre connectée au poignet, tablette Nexus dans la poche et Google Glasses prêtes à sortir, est venu prêcher devant un public de DSI de tous horizons.
A la clef les convaincre qu'ils avaient le pouvoir de changer le business et donc de considérablement revoir leur "posture" dans l'entreprise vis-à-vis des autres Directeurs.
Pendant la conférence un graphiste mettait en image ces tendances.

CIO as Venture Capitalist

Cette première tendance ne surprendra pas les lecteurs de GreenSI puisque ce sujet a été abordé a plusieurs reprises (Mettez une startup dans votre agenda numérique).
 
Comment le DSI doit oublier une partie de ses règles de gouvernance, faites pour éradiquer le risque et au contraire emprunter aux VCs (venture capitalists) de nouvelles règles.
Un VC va investir dans 10 startups, 7 vont survivre mais sans rien faire d'extraordinaire, 2 vont rapidement disparaître et engloutir l'investissement initial et 1 va "sur-performer" au delà de ce qui était attendu. Elle sera un véhicule de transformation de son industrie.
Par comparaison la gouvernance du SI va elle essayer d'avoir 10 projets qui vont "tranquillement survivre" sans rien faire d'extraordinaire, mais qui seront totalement conformes a ce qui avait été prévu. Même si le monde et les besoins ont changé entre temps... Or si vous voulez avoir une chance de fournir à l'entreprise numérique ses prochains atouts concurrentiels, dans un monde qui accélère et avec des usages non déterminés, c'est plus l'approche du VC qu'il faudra mettre en place en étant moins exigeant sur la gouvernance "canal historique".


C'est à dire mettre en place à la DSI moins trois choses pour se rapprocher des méthodes des VS:

  • avoir toujours sous la main un portefeuille de projets, plus ou moins risqués, pour détailler le champ des possibles dans les domaines qui sont clefs pour votre business. Y compris l'utilisation en pilote de technologies de startups qui se lancent, voir le rachat de sociétés technologiques à  intégrer à vos produits.
  • développer les méthodes de valorisation de ce portefeuille et une gestion des risques et donc le système de capture d'information et de données qui permet d'analyser votre environnement
  • et le plus important: utiliser le langage du business et pas de la technique, pour décrire et vendre ces projets. La question est bien celle de la position concurrentielle de l'entreprise une fois votre industrie transformée par la technologie et non pas celle de la technologie elle même.

Cognitive Analytics

Cette seconde tendance de rupture doit s'interpréter comme un nouveau stade du décisionnel. Un stade où la capacité d'analyser l'information en temps réel et avec des méthodes proches du raisonnement humain, permet à la machine de prendre en charge plus de décision en automatique.
Des projets comme "Human Brain" financé par la Commission Européenne, vise déjà a construire d'ici 2023 un modèle opérant de cerveau humain. Mais cette tendance indique que sans attendre cette date, et de façon plus modeste, des usages limités et financièrement abordables de ce type de technologies vont se développer.

IBM a d'ailleurs regroupé toutes ces activités dans la division Watson, du nom de programme d'intelligence artificiel, lancé il y a quelques années, et qui a battu une équipe humaine a un jeu de connaissance (Jeopardy) en étant connecté à Internet.

Diagnostic médical, assistants, maitrise de l'énergie, ces projets quittent la R&D pour arriver dans des applications opérationnelles pour l'entreprise. Ils risquent de concerner beaucoup de DSI.

Industrialized Crowdsourcing

Cette troisième tendance de rupture annonce la maturité des outils pour permettre le "crowdsourcing", c'est à dire cette capacité de faire appel à un grand nombre d'acteurs (crowd - foule) pour réaliser une tâche.


Les évènements récents ont donné une nouvelle application, concrête et parlante pour le grand public, de ce type d'approche: la recherche des débris du vol Malaysian Airlines MH-370. Un programme distribuait les photos satellites récupérées en masse pour l'occasion, a des milliers de personnes qui les exploraient pour dire si il y avait une possibilité dé débris dans ce qu'ils voyaient. Identification assistée par... humains !

Or les places de marché pour distribuer (outsourcer en fait) des tâches, contre rémunératio,n existent déjà notamment Amazon Mechanival Turk ou pour des experts très qualifiés sur Kaggle.com. A nous d'en trouver les usages pour repenser les processus de l'entreprise et de les mettre en oeuvre a plus grande échelle.

Digital Engagement

La relation numérique est la quatrième de ces tendances de rupture. Elle ne surprendra pas non plus les lecteurs de GreenSI habituée de ce blog.

On assiste au développement d'une relation avec les clients sur plusieurs canaux à la fois, parfois ils s'enchaînent, parfois en même temps quand les réseaux sociaux sont utilisés pour commenter émission regardée à la TV. Mais la relation numérique ne s'arrête pas au canaux numériques et inclue les magasins pour les entreprises qui en ont. Des magasins où les clients se promènent avec leur mobile dans la main pour explorer le web en même temps. Attention à la cohérence de votre entreprise entre la présence en ligne et en point de vente.

On parle d'omni-canal en remplacement du multicanal. 

Cette transformation met en exergue que l'information associée au produit est aussi importante que le produit, d'une certaine façon elle vient remplacer le packaging. 

Mais si on pousse un peu plus loin la transformation, certains produits pourront même être modélisés et se résumer a des fichiers qui pourront ensuite être imprimée en 3D. Et comme pour les autre produits totalement numérisés avant (musique, film....) la question de la protection de la propriété intellectuelle et des droits va revenir sur le devant de la scène.

Relations et produits vont donc se numériser encore plus loin. 

Wearables

La dernière tendance de rupture tourne autour des objets connectés. Le mot anglais est d'ailleurs plus précis en parlant 'objet que l'on va porter sur nous (wearable).


Le premier des objets restera le smartphone (ces objets qui vont vous hype-rconnecté) mais la montre connectée est considéré comme le prochain produit qui va se diffuser en masse.
 Sur les traces d'iPhone qui a démocratisé l'ajout de multiples capteurs dans un objet consommateur, une partie de ces objets vont évoluer de la mesure (quantified self) aux conseils de santé (quantified health).

Après notre poignet, la bataille pour augmenter notre vision a déjà commencée, Google bien sûr mais aussi Facebook avec l'acquisition récente de Oculus, un société qui a produit un casque immersif pour le jeu.

Et dans l'entreprise? C'est du côté des travailleurs mobiles qui n'ont pas de bureau qu'il faut chercher et dans des contextes ou l'apport d'information va les aider a prendre des décisions ou simplifier leurs tâches.

Cinq autres tendances à revisiter

Les 5 autres tendances, ne sont pas des ruptures, mais des sujets souvent connus qui reviennent sur le devant de la scène et que je vous laisse découvrir dans le document produit pour l'occasion par Deloitte (cliquez-sur l'image pour le consulter en PDF):
    https://www.deloitte.com/assets/Dcom-Luxembourg/Local%20Assets/Documents/Whitepapers/2014/dtt_en_wp_techtrends_10022014.pdf
  • Technical Debt Reversal : comment gérer la dette technique accumulée et en même être présent dans les nouvelles applications et les nouveaux usages. Pour GreenSI c'est un enjeu majeur de la DSI que de réduire le poids de de "boulet" qui limite son aisance.
  • Social activation : comment utiliser les réseaux sociaux, les écouter mais aussi les "activer" et les utiliser pour la vente ou la promotion de vos produits
  • Cloud orchestration : comment traiter la nouvelle problématique de cohérence qui se pose aux infrastructures avec le développement ou la migration des applications dans LES cloud.
  • In-memory Revolution : comment exploiter l'information en mémoire et en temps-réel dès sa création et moderniser des infrastructures décisionnelles plus adaptées pour traiter des réseaux sociaux ou des objets connectés
  • Real-Time Devops : comment réconcilier le développement et l'exploitation pour mettre en phase la conduite des évolutions, des configurations et la mise en production. Une parfois conflictuelle où les équipes on des agendas différents.

Ce que GreenSI trouve intéressant dans cette exploration de tendances, c'est qu'encore plus aujourd'hui que hier, ce n'est pas la technologie qui est clef mais son usage et sa capacité de transformation.

Une transformation qui est globale et qui concerne aussi bien la DSI elle même (CIO as a VC), que l'entreprise dans sa numérisation et ses processus (Cognitive, Crowdsourcing, Digital), ou que le marché et les clients qui ont repris le flambeau de l'innovation que l'entreprise cherche à suivre (Wearables).

samedi 22 mars 2014

Fin du support XP: une étincelle anachronique qui peut réveiller les DSI ?

Fin du support XP: une étincelle anachronique qui peut réveiller les DSI ?

Le 8 avril 2014 Microsoft mettra fin au contrat de support de l'OS qui a connu le plus grand succès de la gamme Windows depuis 1983, ne manquant pourtant pas de prétendants, et ce après 12 ans de bons et loyaux services :
Windows XP


En tant que DSI, on peut se demander en regardant dans le rétroviseur (article de Wikipedia très bien fait sur le sujet), si on avait finalement besoin d'autant de version d'OS et si finalement 1 version tous les 7-10 ans n'était pas suffisante: Win 3.1 / Win 98 / Win XP / Win 7.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/timeline/2bc6bcb010e8a812b00a97c0c9a44a1e.png


La réponse est certainement oui avec beaucoup d'énergie et d'argent qui aurait été économisés par toute une industrie qui a passé son temps à s'adapter aux versions d'OS.

Et GreenSI pense d'ailleurs (heureusement) qu'aucun DSI n'a installé successivement toutes les versions de Windows sur les parcs de son entreprise.  La plus boycottée étant Vista, ce n'était pas une décision difficile a prendre quand il fallait expliquer à la DG qu'on devait changer tous les PCS qui n'avaient pas assez de mémoire ou de disque. 

A un moment ou l'OS est en train de conquérir la voiture, et demain la domotique, après avoir conquis la téléphonie, il est peut-être temps de faire un retour d'expérience sur ces 40 ans d'aventure Windows.

Pourquoi changer d'OS?

Quand on change d'OS, quel est le bénéfice pour l'entreprise?
Pas facile a apprécier ni a expliquer dans le cas général et encore moins dans les cas particuliers comme ce bon vieux PC qui supervise une machine industrielle depuis 12 ans sans aucun problème, ou qui affiche les horaires dans les gares, et qu'il suffit de rebouter en cas de problème.


Si le PC n'avait pas existé, est-ce que les industriels n'auraient pas fait des systèmes pour réaliser les mêmes fonctions, plus fiables, plus longtemps? Car 12 ans c'est un exploit en informatique de nos jours (pas il y a 30 ans) mais quelque chose de normal dans l'industrie.
Vous connaissez le RaspberryPI ? C'est une réalité a moins de $50 qui tourne sur Linux et "fait le job" comme on dit à Montréal. On a plus besoin de mettre des PC partout !


C'est peut-être pour cela qu'il reste entre 16% et25% (selon les estimations) de PC sous XP. Et pas besoin de Win7 pour les faire tourner, encore moins de Win8, pensé pour de nouveaux usages. Et si Microsoft était en train de faire une erreur stratégique en ratant l'OS de pilotage des machines, fiable, robuste et peu gourmand ?.


C'est pourquoi le changement d'OS est facilité quand il y a au moins un bénéfice utilisateur a défaut d'un bénéfice métier. 

Microsoft l'a bien compris et a souvent essayé de pousser un nouvel Office avec un nouvel OS. La fin du support Office 2003 le 8 avril, n'est pas un hasard. Et pourtant Office 2003 est largement suffisant pour la majorité des usages en entreprise. Mais à défaut de vendre un nouvel OS, vendez le nouvel Office, ce sont les instructions implicites de Microsoft aux DSI.

Ce jeu de la "course à toujours plus", même si le "plus" n'est pas utilisé, et qui a eu son sens avec le duo Windows+Intel quand le progrès n'était qu'une question de puissance, est pourtant terminé.

Game is over !

Et ne pensez pas qu'il vous reste encore une vie à jouer.
  1. D'abord les utilisateurs rêvent de tablettes, de smartphone, et voudraient qu'une partie des fonctionnalités du PCs y basculent. Alors leur remplacer leur application SuperCompta sous XP par SuperCompta sous Windows 7, ce n'est pas très existant. Franchement !

  2. Pourquoi alors ne pas basculer sur Windows8, système tactile dual avec tablettes à la clef ? Et bien Microsoft a trop tardé et raté le départ. Et donc pour le DSI le risque d'être le premier à basculer tout un parc de milliers de machines sous Windows 8 est réel. Sans compter que Microsoft parle déjà de Windows9 ce qui n'incite pas les éditeurs a migrer leurs logiciels vers Windows8. Et les parts de marchés ne décollent pas.

    GreenSI ne serait donc pas étonné d'écrire dans un an un billet sur la fin de Windows 8...
  3. Et puis les utilisateurs ne rêvent pas de la SurfacePro et regardent du côté d'Apple, d'Android, de formats plus petits et surtout moins lourds. Une tablette n'est pas un PC mais un complement. Si c'était le cas cela se traduirait dans les ventes or elles ne décollent pas, alors que les tablettes s'envollent. Il faut donc revoir le coût du PC à la baisse pour la majorité des utilisateurs et financer un équipement mobile en complément.
  4. Les DG et les DAF eux regardent du côté de la crise et de la réduction des investissements pour se préparer quand le marché repartira. Surtout qu'avec le Cloud et le SaaS, on vient de leur expliquer ces trois dernières années qu'on basculait l'informatique dans un modèle à la demande, de l'infrastructure jusqu'au support en passant par les applications. Alors c'est quoi cette histoire de devoir investir dans un projet d'investissement pour changer tous les postes? Inaudible !
  5. Le dernier Office365, si c'est vraiment ça qu'on veut, tourne très bien dans le Cloud et il a même un concurrent avec les Google Apps. L'OS n'est plus déterminant pour faire tourner la suite bureautique, désolé Microsoft c'est Google qui l'a démontré et vous qui l'avez suivi.
  6. Et pour finir, un OS maintenant c'est gratuit. Ou du moins subventionné par un autre service qui a de la valeur. Avez vous payé la dernière version d'Android ou d'iOS ? Apple a très bien choisi le nom de sa dernière version Mavericks (rebelles, non-conformistes en anglais), un mot que les DSI devrait ajouter a leur vocabulaire !
    Apple a même, le mois dernier, mis a jour gratuitement iSO6 sur tout un parc de machines "anciennes" (iPhone 3GS, iPad1...) a cause d'une faille de sécurité et bien après avoir annoncé que ces machines ne bénéficieraient plus d'aucun support.  


Ce retour d'expérience doit quand même faire réfléchir les DSI sur les stratégies SI croisées avec celles de leurs fournisseurs, Microsoft servant d'exemple. A un moment ou la fonction de DSI est questionnée (DSI: l'âge de l'extinction?) et qu'il est de bon ton de montrer sa valeur ajouté.

Et donc sur la posture que l'on veut avoir en tant que DSI par rapport a nos fournisseurs:  
  • simple exécutant interne de leur stratégies produits (on voit ou cela mène), 
  • ou challenger de cette stratégie en ouvrant des alternatives pour ajouter le mot Maverick a son vocabulaire.

Quelles alternatives pour l'avenir?

Le premier rève que ferait GreenSI pour rendre ce monde IT plus "green" serait d'en appeler à l'open innovation de Microsoft en particuliers et aux fournisseurs de la DSI en général.

Travailler main dans la main avec les DSI et faire co-évoluer l'OS, en intégrant vraiment les contraintes de l'entreprise et surtout du "legacy technique" qu'il nous génèrent en permanence...  Dring, Dring! (réveil brutal) ... ce n'était qu'un rêve !


GreenSI ne peut alors s’empêcher de penser à une autre alternative: l'OpenSource ou du moins son approche collaborative et ouverte :
  • Pourquoi, par l'intermédiaire de l'open source, les DSI ne se réapproprieraient pas les standards de leur SI, au moins ceux du SI minimal qui sert a faire tourner la TV dans les ascenseurs et la machine a café. Incluant des logiciels partagés. Et pourquoi pas aussi pas les échanges entre SI, si l'avenir nous prépare un monde d'API comme le web le suggère.
  • Pourquoi les Telecoms arrivent a développer les normes communes a l'industrie et que les DSI, eux, s'en remettent (bourses comprises) à leurs fournisseurs ?
  • Pourquoi Linux ou Android, deux OS en open source, ne donnent pas des idées fédératrices aux DSI ? Et ne les impliquent pas plus dans des projets ouverts sur lesquels ils peuvent ensuite construire la partie spécifique à leur entreprise.
Parlez-en au DSI de Facebook et d'Amazon. Ces idées ne sont pas si étranges que cela, et depuis longtemps ils fournissent leurs spécifications de leurs serveurs aux fabricants. Et leur SI est pavé d'Opensource comme GreenSI l'a déjà traité dans un billet récent (La chaussée des géants du web, pavée d'open source).

Alors ces questions ouvertes sont posées au Cigref et à toutes les associations de DSI, avec l’arrivée de l'entreprise numérique. Un nouvel âge de la collaboration ne devrait-il pas germer :  




Et le 9 Avril, si on a encore du XP ?

Ces considérations pour éviter, à l'avenir, de reproduire le passé, ne résoudront malheureusement pas l'équation de la migration XP après le 8 Avril. 
Microsoft propose donc au entreprises qui ont encore du support XP, et mis en place le SP3 (dernier patch correctif), d'étendre ce support au delà du 8 avril pour 3 ans. 
A des prix qui n'ont bien sûr rien à voir avec les prix d'avant le 8 avril. 

Les tarifications de Microsoft, étant mondiales, sont toujours extrêmement compliquées. Au moins ça occupe les services achats. Mais là on touche le paroxysme de l'anachronisme :
  • plus c'est long, plus on paye (puisque le but et vous dissuader de rester sur XP). En gros de $200 par PC la première année, puis le double, puis le triple. De toutes les façons vous n'avez pas le choix.
  • ne sont compris que les correctifs critiques. Il s'agit donc d'un service minimum, les correctifs dits "importants" seront à payer en plus
  • vous etes engagé a basculer sur du Windows...
  • le contrat est rétroactif, à la date de fin du support. Donc pas de possibilité de prendre le risque vous même pendant 1 an, puis de prendre le support complémentaire la seconde année. Le contrat peut donc être souscrit a tout moment car de toutes les façons vous payez depuis le début !
Avast, le fournisseur d'antivirus, a de son coté annoncé qu'il maintiendrait les mises à jour de son produit sous XP pendant 3 ans. Il qualifie même l'abandon d'XP par Microsoft comme "une grosse erreur". Comme quoi, il y aussi des alternatives en dehors de la voie toute traçée par Microsoft, même si elles ne concernent pas la globalité de l'OS.

Et GreenSI ne serait pas surpris qu'en cas de grosse faille majeure, Microsoft fournisse (comme Apple l'a fait) un correctif gratuit a appliquer.

Quels sont donc les risques de ne rien faire? 
Il y en a clairement et je vous invite a lire cet article très complet sur le sujet (A quoi s'exposent les entreprises). 
Mais ce sont bien des risques. Pas des faits. Un risque peut se mitiger et s'évaluer, se cantonner, se contourner. C'est peut-être la piste qui sera empruntée par les DSI confrontés a un retard de migration XP, et qui n'ont ni l'argent, ni les arguments pour la la DG, d'une continuité de support avec Microsoft.

Mais pour revenir a Microsoft, dans un tel contexte quelque chose vient de se casser. La confiance, de la DG qui a eu vent de l'affaire, et des DSI qui se sentent un peu gênés de n'avoir pas anticipé ces coûts certainement. 


On se demande si finalement il ne vaut mieux pas divorcer de suite avec Windows, voire avec Microsoft.  

De toutes les façons cela fera mal a votre budget, alors autant demander a votre DG les moyens du support étendu pour vous, et de les utiliser pour solder une relation devenue totalement anachronique à l'ère du Cloud, de l'ouverture et de l'innovation.

Rappelons aussi que les DSI ont d'autres moyens de pression, pour (ne plus) considérer Microsoft comme un de leurs fournisseurs à l'avenir : ERP (Navision), Smartphone (Window8), Plateformes (SQL, Biztalk, WindowsServer, Azure), Bureautique (Office), pour ne citer que les plus connus.

Et peut-être pour s'éviter pareils déboires avec ces produits à l'avenir, quand la stratégie des entreprises, ne sera, une nouvelle fois, pas encore mieux considérée dans la stratégie de Microsoft.  

Ce retour d'expérience sur XP, sonnera t-il le réveil du DSI protégeant le trésor des investissements SI de l'entreprise ?
GreenSI l'espère...



lundi 17 mars 2014

Perspective sur la ville numérique (Blog de Carlos Moreno)

Perspective sur la ville numérique (Blog de Carlos Moreno)


Carlos Moreno, Professeur des Universités, est conseiller scientifique du Président d'une filiale d'un grand groupe énergétique engagé pour la ville de demain. 

Après le succès, en mars dernier, de Live in @ Living City, l’événement international d’Issy-les-Moulineaux dont GreenSI avait parlé (Une ville numérique à urbaniser rapidement pour éviter la tour de Babel), Carlos renouvelle son support à cette conférence internationale dédiée à la ville de demain qui aura lieu cette année le 23 Juin. A vos agendas !


Carlos Moreno est aussi un passionné d'innovation et d'exploration de nouvelles idées avec qui j'échange régulièrement, car on partage la même conviction que l'innovation né de la rencontre et de l'interaction. IRL ou sur les réseaux...


Sur son blog, il rassemble des perspectives sur la ville de demain de nombreuses personnes (Gilles Babinet,Alain Costes,...) et m'a demandé de me plier a l'exercice de livrer des idées qui occupent une partie des réflexions que je mène sur ce sujet, au contact de nombreuses collectivités locales.

J'y partage ce qu'est, selon mon expérience des systèmes d'information, une ville numérique, comment la construire et éviter d'en faire une tour de Babel ou tous ses systèmes ne seraient pas interopérables. 


Mais au delà des infrastructures interopérables, la ville numérique c'est aussi l'ensemble de ses citoyens connectés qui s'approprient la ville avec l'aide du numérique et plus particulièrement des données, qui deviennent informations et décisions. 

Aujourd'hui il reste encore beaucoup de chemin a parcourir, notamment sur l'appropriation par les citoyens qui passera par une plus grande participation. 

Je vous laisse découvrir cette perspective avec la vidéo ci-dessous ou accéder à l'ensemble des perspectives: içi

jeudi 13 mars 2014

Le numérique a aussi ses salons. Ne les ratez pas.

Le numérique a aussi ses salons. Ne les ratez pas.

Cette semaine GreenSI ne pouvait pas passer à côté des deux évènements majeurs de l'actualité IT du mois de mars. Tout d'abord le CeBIT à Hanovre. Et le second, un haut lieu de la création et des révolutions. Où ça ? Surprise...

Le CeBIT vous connaissez forcément si vous êtes dans l'informatique depuis quelques temps. Le salon des technologies de l'information et de la bureautique (traduction littérale) est le plus grand salon IT au monde.

En France on avait le Sicob sur le même créneau, mais il n'en reste que le bâtiment (le CNIT à La Defense). Le CeBIT lui est encore là, et c'est un salon "english spoken", ce qui explique peut être la désaffection des français, toujours sous-représentés dans cette manifestation.

Cette année c'est Angela Merkel qui l'a inauguré et y a accueilli David Cameron, dont l'ambition de développer le numérique à Londres et au Royaume-Unis est clairement affichée. Le numérique est bien porté au plus haut niveau dans les économies de la vielle Europe.

Un David Cameron qui pour l'occasion signe un partenariat entre le Royaume Unis et l'Allemagne pour le développement de la 5G.

Mais où étaient donc les français? Peut-être a compter le nombre de réseaux 4G qu'ils leur fallait, 3 ou 4, la question brulante de la semaine autour de la vente de SFR.

Un salon CeBIT qui a mis en scène les tendances IT du moment: Big Data, sécurité et mobilité. Mais on sait sur GreenSI, que c'est surtout de l'autre côté de l'Atlantique que jaillissent les innovations dans ces domaines. 

En revanche, comme le numérique c'est l'industrie du futur mais aussi le futur de l'industrie, c'est du côté des robots et des imprimantes 3D qu'il faut regarder au CeBIT. Des équipements qui vont changer les processus industriels et les chaînes de fabrication dans les années qui arrivent. Et niveau Industrie, les Allemands ont montré la vitalité de leurs PME, beaucoup plus automatisées que les françaises. Le CeBIT est clairement le salon à suivre sur l'industrie du futur.

Le CeBIT c'est aussi sur la terre natale d'un SAP, qui en a profité pour faire un bilan de la stratégie Cloud et BigData annoncée en 2010 et qui semble porter ses fruits. Pour les DSI c'est l'assurance de voir se dessiner un avenir aux investissements ERP qu'ils ont fait. Même si BusinessbyDesign, son ERP en SaaS, a fait l'objet de plusieurs rumeurs d'arrêt des investissements fin d'année dernière.

Mais SAP a aussi annoncé ses ambitions dans le domaine de la relation client en SaaS avec Sales on Demand, qui emprunte la fonction mur d'activités aux réseaux sociaux et intègre des fonctions décisionnelles. Une approche réellement neuve à suivre. Est-ce que ce sera la bonne clef pour ouvrir le nouveau saint Graal des éditeurs des deux prochaines années (suivre aussi Oracle, Microsoft, Salesforce et maintenant SAP) et qui tire la croissance du SaaS ?

Mais ce qui a retenu l'attention de GreenSI ce sont les startups. Car visiblement ça bourgeonne aussi de l'autre côté du Rhin.


 
Car la force IT du moment, c'est bien l'innovation. 

Soit sur les grandes plateformes mondiales qui se consolident (les Amazon, Google, Apple, IBM, Microsoft,....) soit de l'autre côté du spectre chez les plus petits, et les plus disruptifs, les startups

Au grand dam d'un salon comme le CeBIT qui va vite être a cours d'idée pour parler innovation, si il n'attire par les startups ou les grandes plateformes à l'avenir. Car ce sont elles qui tirent les usages numériques du grand public qui influencent ensuite les stratégies SI d'entreprises.

D'ailleurs un comptage par Google Trends, de 2004 à 2014, des recherches du mot CeBIT à partir de la France, montre que l'influence du salon chute. 
Comme son audience d'ailleurs, qui malgré des rebonds quelques années, n'est plus ce qu'elle était à ses heures de gloire (850.000 visiteurs en 2001).

Et en comparant CeBIT (Rouge) avec SXSW (Bleu), un autre salon américain en mars dont je vais vous parler, la courbe montre que l'influence du CeBIT baisse vraiment et que celle de SXSW augmente. Le rapport de recherches de 10 pour 100 en 2004 en faveur du CeBIT, est aujourd'hui de 363 pour 100. En 2004 Nokia y annonçait son téléphone premier appareil photo Megapixels, aujourd'hui ces annonces ne sont plus en Europe, chez Apple ou chez Samsung.




 
Le second salon du numérique de la semaine c'est donc SXSW à Austin.


SXSW ("southby" pour les initiés) est l'un des plus grands festival de musique des États-Unis, mais qui contient aussi l'évènement "SXSW Interactive" depuis 1994, une manifestation qui a réussi le pari de faire une part de plus en plus grande aux créateurs, aux entrepreneurs du web. La technologie innovante suit ensuite derrière...

C'est en 2007 que Twitter y fut présenté et largement utilisé. Cela a marqué les esprits et renforcé la notoriété de cet évènement. Pas encore à la DSI, mais en tout cas là où naissent de nouveaux usages du grand public et là où se financent les technologies de demain.

Cette année, les startups françaises ont même pu bénéficier, comme à Barcelone en Février au Congrès Mobile, de l'appui de la délégation "French Tech"

Ce nouveau label innovant lancé par Fleur Pellerin pour fédérer et "rendre visible" la technologie française à l'international. Une sélection de 10 startups accompagnait donc UBI France, dont Azendoo, basée à Bordeaux et qui veut révolutionner la collaboration dans les projets et pourquoi pas les DSI.

Un écosystème numérique qu'Oliver Ezratty trouve en surchauffe, et c'est tant mieux, car c'est lui qui réchauffe et transforme une partie de l'industrie des technologies de l'information.

D'ailleurs, les "guest stars" de SXSW ne trompent pas sur la présence à Austin d'une certaine vision du numérique:

  • Eric Schmidt venu y présenter son dernier livre "Un nouvel âge digital",
  • Julian Assange (via Skype) le co-fondateur de WikiLeaks,
  • et surtout Edward Snowden (en vidéoconférence) rappelant à la NSA qu'on pouvait être numériquement aux États-Unis et y porter la bonne parole, sans avoir besoin de franchir une frontière...
Et sans franchir de frontière non plus, en un clic sur l'application Amazon Kindle, GreenSI s'est procuré "The New Digital Age" le livre d'Eric Schmidt et de Jared Cohen, le directeur du think thank "Google Ideas".

C'est un manifeste pour utiliser l'Internet du "bon côte de la force", comme on dirait dans StarWars. Qui pourrait basculer du mauvais côté? Les gouvernements...  

Une vision d'un futur où en 2025 la majorité de la population mondiale (8 milliards) sera connectée et aura accès a l'information de façon non filtrée. Où les ordinateurs seront 64 fois plus puissants qu'en 2013 et où la réalité augmentée permettra une expérience immersive proche de la réalité. Et donc une connectivité qui touchera tous les pays, tous les continents, même si elle aura plusieurs vitesses.

Cette connectivité qui est en marche, aura donc un impact majeur sur les gouvernements et les nations, en plus des entreprises bien sûr. Les évènements récents ne sont que le début d'une vague de fond de cette information généralisée. Je vous invite à le lire (en anglais) si vous voulez jeter le regard au loin.

Et sans aucun doute, les révolutions à venir se préparent plus à SXSW qu'au CeBIT. Alors ajoutons le dans notre radar. Car la transformation numérique en cours, change aussi les sources d'information et les lieux d'innovation.

dimanche 9 mars 2014

Social Business: un livre pour une approche structurée des médias sociaux

Social Business: un livre pour une approche structurée des médias sociaux

Cette semaine j'ai enfin pu m'attaquer à la pile de livres que j'avais en retard. Et depuis l'invention du Kindle, il est si facile en un clic d'obtenir gratuitement dans la minute le premier chapitre d'un livre (sans attendre la version française pour les livres US) que cette pile a la fâcheuse tendance de suivre à la hausse la courbe de mes emails...

Et sur le haut de la pile, Social Business, le premier livre de Frédéric Cavazza, aussi connu pour être un blogueur prolifique qui est la seule personne que je connaisse obligée de tenir un blog (http://www.fredcavazza.net/) pour parler des articles publiés sur ses autres blogs ;-) Et si vous ne connaissez pas c'est que vous revenez d'une longue hibernation, alors bienvenue sur la planète Terre.

Social Business, c'est un ouvrage pour vous aider à définir une stratégie de marque viable sur les réseaux sociaux. 

http://www.amazon.fr/Social-Business-Comment-d%C3%A9finir-strat%C3%A9gie/dp/2954320206/?tag=amawid0b-21
Un ouvrage écrit sur le champ bataille des deux forces en présences que sont, les marques et les agences qui veulent les piloter, et de l'autre côté la technologie numérique et les internautes qui renouvellent sans cesse leurs usages et les façons d'utiliser l'Internet.

Un ouvrage qui tout au long de ses pages, en plus du contenu sur le social business, retrace l’histoire de l'Internet, et y ajoute des anecdotes pour nous rappeler que l'Internet n'a pas toujours été comme aujourd'hui, mais surtout de ne pas oublier qu'il y a peu de chance que l'Internet de demain soit non plus le même qu'aujourd'hui. 

Et comme reporter de guerre, Frédéric fait partie de ceux qui ont connu plus d'une bataille. En 2010 il était déjà sur le front de l'entreprise 2.0, et bien avant sur du celui du web 2.0. Des perspectives qui avec le temps, au delà des acronymes, convergent vers une autre façon de faire du business, plus sociale et plus mobile, l'Internet (dans lequel s'inscrit une grande partie du Cloud) étant la plateforme numérique partagée par tous pour le réaliser.

Alors si vous voulez vous familiariser avec les médias sociaux, incluant le côté marketing (au sens premier: les marchés) et la gestion de la marque, ou tout simplement faire le point sur ces 5 dernières années, c'est le bon ouvrage.  

La seule chose que GreenSI aurait a redire, c'est de ne pas trouver cette ouvrage sur Kindle ;-)

Social Business

"Les marchés sont des conversations" (GreenSI Règle n°19) est le dogme publié en 1999 dans The Cluetrain Manifesto (le manifeste des évidences), dont on avait déjà parlé dans le billet sur le VRM- l'avenir de la relation clients

C'est pour GreenSI la phrase la plus courte qui lie marchés (marketing), et conversation (social). Une "évidence" dont on commence comprendre toute la portée, seulement récemment. Une évidence qui va d'ailleurs transformer toute l'industrie de la communication et de la publicité (Publicis + Omnicom: le dernier des dinosaurs dans la pub?). Par comparaison avec les années 80, c''est un peu l'arroseur (les agences) arrosé (les internautes).

Et pour revenir à Social Business, les médias sociaux désignent un ensemble de services permettant de développer des conversations et des interactions sociales sur internet y compris en situation de mobilité.  

C'est donc l'occasion de reposer les bases et de ne pas confondre les médias (moyens de communication), les médias sociaux. Tous les médias traditionnels ne sont pas en train de disparaître, ils sont en train de devenir sociaux. Twitter à la TV et les blogueurs dans les journaux (dont GreenSI), c'est cette transformation qui est en marche.

Ni de confondre, les communautés (espaces de conversations) et les réseaux sociaux (plateformes de partage et espaces d'expression). La différence peut sembler subtile, mais elle est essentielle, et symbolisée dans le schéma ci-dessous:


D'ailleurs, les réseaux sociaux n'ont pas remplacé les communautés en ligne qui existaient bien avant les réseaux sociaux.

C'est aussi l'occasion de revenir sur les différentes types de médias sociaux (dont les réseaux sociaux mais aussi blogs ou wikis et sites partage) et mieux comprendre ceux qui sont les plus adaptés à nos produits et à notre relation avec nos clients et partenaires.

Ce que les médias sociaux ont changé, c'est le fameux Zéro Moment of Truth, mis en lumière par Google, le premier contact volontaire entre un produit et une marque, par exemple en le cherchant dans un moteur de recherche bien avant d'aller en magasin ou dans le catalogue d'un distributeur.

Le tout décrit de façon très précise et très structurée, comme Frédéric sait le faire dans ses billets de blogs.

La suite du livre décline une démarche en 8 étapes a appliquer pour définir votre stratégie :
  1. Auditer votre présence
  2. Définir une stratégie
  3. Écouter les conversations
  4. Se tenir prêt
  5. Être présent
  6. Répondre et aider
  7. Initier le dialogue
  8. Fédérer une communauté
Une approche très pratique, qui remet la finalité des marchés et de l'entreprise sociale (Social Business) en objectif, et montre comment la technologie la sert, et non pas l'inverse. 

Et d'ailleurs, dans votre stratégie, vous n'avez peut être pas besoin d'une page Facebook, est-ce qu'Apple ou Google en ont une? Bonne lecture!