dimanche 29 mars 2015

Quand les APIs vont tous nous connecter

Quand les APIs vont tous nous connecter

Le 17 mars au CNIT, j'animais le premier rendez-vous de l'API Connection, à l'initiative de CA Technologies et de plusieurs sociétés comme Nextworld, FaberNovel, ou CGI. Au programme, partager sur le développement des APIs, et leur rôle, dans la transformation numérique des entreprises.

Un rôle des APIs discret, car enfoui, mais néanmoins fondamental dans les architectures de demain. GreenSI profite donc de ce billet pour sensibiliser sur leur importance, et pourquoi pas, vous convaincre de rejoindre la communauté API Connection.

A, P, I, pour Application Programming Interfaces.

Un interface essentiel pour les échanges inter-applicatifs, mais aussi une philosophie d'ouverture de son système d'information et une architecture opérationnelle de mise en oeuvre. Car l'API management qui se développe, englobe aussi la sécurité et la supervision, pour ne citer que ces deux. 

Ce n'est donc pas simple de résumer ces 3 initiales dont les usages se développent tous les jours. Et il ne sera donc pas superflu d'avoir 5 matinées d'API Connection pour traiter de toutes les facettes des APIs.

A ce stade, on retiendra l'idée d'une "prise du SI" offerte par chaque entreprise, pour que d'autres viennent s'y connecter et permette ces échanges dans une économie numérique.

Les échanges inter-applicatifs, on ne les voit pas, mais ils augmentent sans cesse avec le développement de l'économie numérique et des réseaux sociaux. Les API sont donc un moyen d'outiller la transformation numérique, pour passer de la stratégie digitale à la mise en œuvre.

Quand on se connecte sur un site en utilisant son compte Google ou Twitter, c'est une API de Google ou Twitter qui permet de faire bénéficier l'autre site de ce service... et au passage de récupérer vos données sur Google et Twitter.

Quand l'application mobile de votre journal préféré vous affiche la météo ou le dernier cours de bourse, c'est certainement une API qui est à l'action. Et peut être qu'elle a été commercialisée  a ce site de presse, par la société de données météo ou de bourse qui vend ses données sous la forme de services. Les APIs mettent en œuvre ce contrat de services à l'heure du numérique.

Vous l'avez compris, les API sont au coeur de l'évolution de l'internet marchand et des nouveaux écosystèmes. Peut être même du futur modèle économique de votre entreprise. Certains "Chief Digital Officer" plus avancés que les autres, parce que leur industrie est plus exposée à la transformation numérique, ont déjà compris les enjeux des APIs et structurent aussi des initiatives internes autour de l'architecture du SI.

D'où cette idée d'échanger au sein de ces nouveaux eco-systèmes autour des API, lors des rassemblement mensuels API Connection, et de mettre en relation, les acteurs de toutes les industries, les métiers avec les geeks, les idées avec les pistes de solutions et d'échanger autour des premiers retours d'expérience.
 

Quelle maturité numérique pour les entreprises françaises?

C'est la question à laquelle s'est attachée de répondre Mathieu Poujol du cabinet d'analyse CXP-PAC en présentant le premier baromètre de la maturité numérique des entreprises. On retiendra qu'en France, les entreprises en sont encore a l'élaboration de leur stratégie et que les premières initiatives se mettent en place.

Les APIs y jouent le rôle de mettre en relation des silos de l'entreprise, avant que celles-ci n'ouvrent ensuite son SI pour partir à la conquête de nouveaux marchés numériques. La bonne nouvelle c'est que les API ne remettent pas tout en cause dans le SI. Au contraire, elles jouent un rôle de charnière pour mettre en relation le "legacy" qui continue à faire sa job comme on dit au Quebec, avec le nouveau SI mobile et agile attendu par les métiers... et surtout les clients.

Pour participer à ce baromètre en 10mn chrono, et partager l'expérience de votre entreprise en toute confidentialité, allez sur le site de l'enquête du CXP: http://maturitenumerique.com/
 

La table ronde qui a suivi, a mis en évidence plusieurs tendances, constatées par des retours d'expériences, autour des API :
  • les APIs sont de plus en plus essentielles à l'écriture des applications mobiles, pour amener informations et transactions, au bon moment, dans l'expérience utilisateur. L'application ne peut pas embarquer toutes les données, et une seule entreprise n'a pas, à elles seule, toutes les données nécessaires. La "composition" d'information sur le mobile devient nécessaire.

  • la tendance pour les grands annonceurs est de coupler leur catalogue produit aux bannières de publicité et d'imaginer des boutons "Acheter" qui doivent appeler, via les API, le SI de l'entreprise qui vend. Attention à la déception du lien cassé, voire à l'article qui n'est plus disponible. La dynamique des interactions autour des données du SI est la clef de ces architectures.

  • les APIs sont aussi présentes au sein des eco-systèmes complexes, comme les villes, où elles permettent la fluidité de circulation de l'information et une meilleure coordination entre les différents acteurs de la voirie et de la ville par exemple. GreenSI avait déjà développé en 2013 ce sujet de l'interopérabilité de la smart city via l'opendata et l'openAPI (Une ville numérique à urbaniser rapidement pour éviter la Tour de Babel).

  • les APIs c'est aussi pour l'interne et le décloisonnement des silos. Elles prennent d'une certaine façon le relais de la SOA pour l'ouverture vers l'extérieur, mais pourquoi pas aussi pour l'interne. La documentation des API est ouverte et faite pour les ré-utilisateurs, ce qui stimule leur ré-utilisation.  Des évènements, comme par exemple la "Mobile Banking Factory" qui va ouvrir en mai, animent une communauté de ré-utilisateurs pour les inciter a exploiter les API, ici celles du Crédit Agricole, de Uber ou de PSA.
  • Les architectures REST sont la tendance lourde pour mettre en oeuvre les API.

  • Certaines entreprises sont en train de restructurer leur SI pour faire émerger des back-office des API réutilisables par les front-office, sur poste de travail ou sur internet, qui vont concentrer l'essentiel des investissements. La banque est bien engagée dans cette démarche comme a pu en témoigner Remi Vecina de CSC (La banque face aux géants du web).
Pour ne rien rater des prochaines matinées de l’API Connection, voici le programme des prochaines rencontres :
  • 14 avril Quelle est la place des API dans une stratégie omni-canal?

  • 12 mai – API, de la décision à l’exécution : quelles sont les bonnes pratiques ?
  • 16 juin – Ouvrir les API à l’extérieur impose de nouvelles règles et standards de sécurité
  • 9 juillet – La monétisation des API
En espérant pouvoir échanger avec vous, sur place, sur ce sujet majeur de la transformation numérique (les inscriptions c'est par ici:  API Connection) mais aussi sur Twitter #apiconnect ou sur LinkedIn dans le groupe API Connection France

Allez, c'est le Printemps: Be API ;-)

lundi 23 mars 2015

Eclipse totale du CeBIT

Eclipse totale du CeBIT

Cette semaine se tenait à Hanovre, en Allemagne, le traditionnel salon CeBIT, qui a longtemps été le plus grand rassemblement autour des technologies. Mais 2015 confirme la tendance de perte d'influence de ce salon dans le domaine des technologies de l'information, comme GreenSI l'avait déjà souligné en 2014.

Est-ce que vous rappelez cette semaine avoir lu un article sur le CeBIT (qui a duré 5 jours)?  Ou avoir vu passer un tweet sur le sujet?

Et quand on y réfléchi, la fréquentation du CeBIT nous confirme l'évolution des systèmes d'information.
Quand il y a 10 ans on alignait les serveurs, les mainframes et la "quincaillerie" lourde (hardware) pour briller a côté des machines outils où l'Allemagne excelle, en 2015 plus personne ne s'y intéresse. Sauf peut être les fournisseurs de Cloud qui fabriquent les plateformes que les entreprises louent en ligne, sans se soucier de savoir quel est le logo sur la machine physique où est hébergé leur machine virtuelle.

Aujourd'hui, le sujet c'est le terminal, plus le serveur.

Et les terminaux de demain seront mobiles, voir simplement des objets connectés. Alors sans aucun doute, les salons comme le CES de Las Vegas en janvier, événement de l'électronique et, entre autres des objets connectés, ou le MWC, Mobile World Congress à Barcelone où sont lancés les terminaux, deviennent les hauts lieux des annonces et de l'innovation IT.

Et quand on parle d'innovation, on pense aux startups et aux multiples lieux qui les accueillent pour y présenter leur façon de penser, souvent disruptive. En France les manifestations FrencTech fleurissent et le rassemblement pour anticiper les tendances de l'Internet c'est LeWeb (maintenant Paris et Londres) qui déplace même les américains.

Et puis il y a aussi SXSW à Austin ("southby" pour les initiés), où Twitter s'était lançé en  2007 au sein de la partie "Interactive" de ce rassemblement au départ... musical. Et SXSW se tient justement la même semaine que le CeBIT.
Alors marquez ces nouveaux salons votre agenda numérique. Les délégations "en masse" de DSI commencent à s'organiser à l'instar de celle du Cigref au dernier CES.

Au CeBIT, les chinois placent leurs pions

Cette année au CeBIT on pouvait également repérer une seconde tendance: la déferlante des sociétés chinoises dans le hardware.
Et loin des clichés du lowcost "Made in China", les entreprises chinoines viennent en Allemagne y chercher leurs lettres de noblesse "Seen in Germany", pays reconnu pour la qualité et la réputation de son industrie.

Huawei par exemple, une société qui assume son positionnement de fabricant de "hardware" est venue y exposer ses dernières nouveautés.

Huawei y a aussi annoncé l'ouverture à SAP de son centre de R&D en Chine, certainement pour optimiser les performances du logiciel avec le matériel. Et on ne peut s'empêcher de penser à SAP Hana et à son concurrent Oracle, qui a racheté le fabricant de serveurs Sun, et produit maintenant des machines Exalitics optimisées pour le BigData.

Lenovo, autre fabricant de matériel informatique était aussi présent, ainsi que Xiaomi, l'étoile montante du mobile qui vient d'annoncer le Mi4 qui pourra marcher avec Android ou Windows10.

D'ailleurs la Chancelière Angela Merkel ne s'y est pas trompée et cette année elle a inauguré le CeBIT avec Ma Kai, l'un des quatre Vice Premier Ministre Chinois et Jack Ma le fondateur du site de e-commerce Alibaba.
Alibaba c'est Amazon et eBay à la fois au niveau des fonctionnalités, mais aussi du potentiel du chiffre d'affaires! 

Jack Ma, visionnaire reconnu, a rappelé dans sa keynote, qu'il y a 8 ans, il avait proposé aux organisateurs du CeBIT d'avoir une version en ligne et que cela s'était soldé par un échec, car l'Internet était vu comme un rival aux salons traditionnels. Aujourd'hui l'Internet tire la transformation digital et avec lui celle de l'Industrie. De l'autre côté du Rhin, où visiblement l'inflation est plus forte que chez nous, on parle déjà de l'industrie 4.0.
Pour continuer d'être visible mondialement sur le thème de la technologie informatique, le CeBIT devra aussi attirer ce qui est l'objet de toutes les attentions: mobile, innovation, software, startup internet,.... 

D'ailleurs cela s'applique aussi à la DSI. Alors si votre DG vous voit plus comme la Direction de la quincaillerie, que la Direction de l'internet, de la mobilité et de l'innovation, il est aussi temps de vous poser des questions... et de vous abonner à GreenSI ;-)

Un salon sous le thème de l'économie numérique

Pour aborder cette transformation, le thème de la cérémonie d'ouverture du CeBIT était cette année "D!conomy", pour "digital economy", la transformation digitale de la société.

A l'instar de notre Président il y a quelques mois, Angela Merkel a lancé un discours sur les objectifs de l'Allemagne pour entamer sa révolution numérique (que GreenSI trouve incantatoire). En voici quelques objectifs:
  • Internet à 50 Mbit/s partout en Allemagne d'ici 2018. 
  • Accès Wifi gratuit dans les espaces publics. 
  • Des infrastructures critiques sécurisées et la cybersécurité comme compétence des industries allemandes
  • Des démarches administratives au niveau national simplifiées par le numérique. 
  • Exonération fiscale pour les business angels. 
On l'aura compris, comme beaucoup d'Etat, l'Allemagne découvre le potentiel du numérique et affiche des objectifs qui auraient été de formidables leviers de croissance il y a 5 ans, mais aujourd'hui ne sont là que pour rester dans la course. Si vous aviez encore des illusions sur les Etats stratèges, espérons que GreenSI vient de vous les enlever définitivement.
GreenSI a quand même relevé dans ce discours l'objectif d'être pionnier sur les véhicules autonomes. Mais quand on aligne Audit, VW, Mercedes et BMW pour ne citer qu'elles, on en attendait pas moins de l'Allemagne de se pencher sur la facilitation des tests de ce type de véhicules, sans invoquer le principe de précaution cher à nos politiques. Les radars de GreenSI sont maintenant tournés vers le prochain salon de l'automobile de Francfort en septembre 2015. 

L'Allemagne va aussi se lancer dans le Cloud!

A un moment où Orange rachète ses parts dans le cloud souverain Cloudwatt, et où l'Etat français annonce qu'il stoppe les financements sur lesquels il s'était engagé, on peut quand même se poser la question de comment l'Europe a raté son "Airbus du Cloud". Tous appellent à plus d'assurance sur la protection des données, au marché unique numérique et télécoms, et chacun, dans son coin, va faire son petit datacenter sans avenir européen.

Aujourd'hui les stratèges sont malheureusement russes, chinois ou entrepreneurs dans la Silicon Valley et ont souvent un coup d'avance. Les autres ne font que jouer les parties qui leurs sont imposées, dans une bataille où ils n'ont même pas toutes les pièces en état de marche, car ils ne savaient pas à quoi elles servaient.
Dommage quand même pour l'Europe...

 

dimanche 15 mars 2015

Meilleur Dev de France: and the winner is... l'entreprise numérique!

Meilleur Dev de France: and the winner is... l'entreprise numérique!

La tenue cette semaine du concours "Le meilleur dev de France", donne l'occasion à GreenSI de se pencher sur une des armes les plus redoutable pour aborder la transformation numérique de l'entreprise: le développeur.

Et pourtant, beaucoup de généraux dans les DSI et les Directions Générales qui annoncent s'engager dans la bataille de la révolution digitale, n'ont qu'une vague idée de ce Jedi qui contrôle la force du 21em siècle: le logiciel.

Ils ne l'ont parfois ni sur leur radar, ni dans leurs armées.

Mais revenons sur ce concours qui s'est tenu dans les locaux de l'Ecole 42. Lieu devenu incontournable à Paris pour parler des développeurs, et qui démontre qu'une école peut être beaucoup plus que son programme éducatif.
Dans une immense "piscine" (open space) sur plusieurs niveaux, 700 développeurs sont venus y poser leur Mac ou leur Alienware et se connecter à haut débit au Cloud pour résoudre avec leurs algorithmes des problèmes imposés, et en temps limité.

Frais d'inscription 19.90€. Prix à gagner 10.000€. Voilà de quoi stimuler pécuniairement l'inscription des participants. Même si, comme dans les nombreux hackathons qui fleurissent partout en France (et souvent moins bien dotés financièrement), la majorité des participants est certainement plus motivée par la reconnaissance acquise en cas de victoire, que par l'argent.
 
D'ailleurs le gagnant 2015, Antoine Leblanc, salarié de Critéo - et on verra que ce n'est peut être pas un hasard - et ancien élève de l'Epita, a promis de donner la moitié de ses gains à une association. 

Epita, une grande école d'ingénieur généraliste, qui a su intégrer dans son cursus le code et l'algorithme comme apprentissage fondamental a côté des seules mathématiques. En se différenciant ainsi des "prépas" aux grandes écoles traditionnelles. Une question qui suscite bien des débats, mais qui démontre ici au moins un résultat.

D'autres entreprises, partenaires de ce concours, y ont aligné des champions. Dont la Société Générale où le DSI de la branche Banque Grande Clientèle et Solutions Investisseurs du groupe, s'est même déplacé en chef d'équipe pour galvaniser les troupes.

Et GreenSI ne peut qu'approuver. Car aujourd'hui ne pas se poser de questions sur les développeurs de l'entreprise, quand le logiciel devient l'avantage compétitif de l'ère du numérique, pourrait s'avérer être une démarche suicidaire.

Critéo, dont la plateforme informatique de sélection en temps réel des publicités personnalisées, est le coeur et la raison d'être de l'entreprise, a bien compris qu'il fallait attirer les meilleurs développeurs.

Pour cela elle a localisé son Criteo Lab à Paris et y attire régulièrement les meilleurs de toute l'Europe avec un concours de code: "Code of Duty". Une pratique très atypiques pour les DRH de beaucoup d'entreprises, tant le CV et la lettre de motivation manuscrite leur paraissent toujours être les meilleures armes pour recruter. Mais la culture digitale pourrait bien changer aussi cette hypothèse.

Et tant qu'on est sur le volet RH, n'oublions pas non plus, qu'a l'instar des participants aux concours de code, les développeurs recherchent beaucoup de reconnaissance, et pas nécessairement des salaires mirifiques dès l'entrée. Alors creusez vous la tête, pour le portefeuille vous avez encore un peu de temps avant la pénurie...

La valeur de Critéo côté au NYSE ($2,55 milliards le jour du concours), dépend fortement de la performance de ses lignes de codes.

Bienvenue dans l'économie des applications!


Que ce soit la dernière App mobile qui va vous aider à capturer vos prochains clients, ce site de collaboration avec vos partenaires autour de votre catalogue de produits, ou enfin cette application interne très innovante pour booster la productivité, les applications sont au coeur de l'économie numérique.

Le code fera la différence entre votre stratégie et celles de vos concurrents. Que ce soient des concurrents traditionnels ou de nouvelles startups, qui comme "Capitaine Train", vend l'offre standard de la SNCF et a pour seul différenciant (actuellement) une application et une expérience utilisateur totalement repensée.
C'est le code qui fait la différence.
Le code qui va vous faire aimer acheter chez Capitaine Train... ou détester!

 
Pour fabriquer ces applications il vous faudra donc des... développeurs!
Malheureusement, le sujet du développeur n'est pas encore arrivé à l'étage du Comex. Sauf bien sûr chez Critéo, Société Générale, Crédit Agricole et autres Axa, qui ont embarqué dans leur stratégie digitale un volet sur les ressources pour la réaliser. Ce sont certainement encore des exceptions. 

Mais en plus des ressources, il vous faudra aussi décliner en interne l'organisation du développement et donc les thèmes de l'agilité (qui se traduit en time to market) et de la qualité (lean) des développements, que GreenSI éclaire régulièrement. Et ce n'est pas gagné!

Exemple dans un grand groupe que je ne citerai pas, la capacité de développer rapidement et de maîtriser sa chaîne de fabrication de logiciel à destination de ses clients, n'y est pas vue comme une innovation de processus. Alors que celle de mieux traiter les notes de frais oui. Révélant par là, que la fabrication de logiciel n'est pas encore vue partout comme un processus de l'entreprise... Victime certainement aussi de sa complexité et du sentiment qu'on peut le sous-traiter facilement sur le marché national ou international.

 
Et pourtant, dans un monde numérique qui ne jure que par le mot "smart", pour parler de l'intelligence du code et de celle des données, ces deux éléments constituent bien l'ADN des services de l'entreprise numérique.
C'est en tout cas la position de GreenSI qui ne demande qu'a être challengée.

D'ailleurs une étude du cabinet McKinsey, de février 2015, à destination des DG est sans appel: "The perils of ignoring software delopment" (le péril d'ignorer le développement logiciel). La productivité du développement logiciel entre les meilleurs et les moins bons peut varier de 230% et la qualité elle peut s'améliorer de 83%. 

 
McKinsey cite aussi l'exemple de l'industrie automobile, où l'innovation ne viendra plus du moteur mais du logiciel. Sujet bien identifié par GreenSI dès 2013 (Numérisez vous vite, avant que les Techs Companies, ne prennent votre business) et qui ne concernera pas que l'automobile. La révolution des objets connectés va d'ailleurs nous le rappeler prochainement en interconnectant encore plus les industries entre elles, mais ce sera pour un autre billet.

Comment mettre le développement sur la table du Comex?

Alors qu'il est au mieux géré aux niveaux N-3 / N-4 sans que le Comex n'ait aucune idée des choix qui sont fait par l'entreprise, alors qu'ils s'avèrent certainement stratégiques.

Peut être en commençant par se poser la question de l'importance du logiciel dans son métier (notamment de l'avantage concurrentiel qu'il pourrait nous donner), puis de quia le pouvoir sur ce logiciel et sa qualité dans l'entreprise, et enfin de comment en faire une compétence pérenne.

En terme de démarche, le choix peut être de l'internaliser ou de l'externaliser. Mais dans les deux cas il faudra la maîtriser:
  • les banques, Crédit Agricole et Société Générale en tête, pensent que c'est une transformation interne qu'il faut opérer et pour cela adopter les pratiques des startups. Elles ont aussi des bataillons de développeurs car l'informatique a toujours été un poste important dans ses métiers très dématérialisés.
  • Wallmart a fait l'acquisition successive de sociétés de logiciels pour les intégrer et développer un pôle logiciel au sein même de l'entreprise. C'est aussi le cas en France de Schneider Electric.
  • si on veut en rester à de la sous-traitance des développements, il faudra s'assurer de la performance du sous-traitant et de l'environnement de travail de ses équipes et de leur motivation. Le prix ne peut être le seul critère quand la performance varie de 230%. Les Directions Achats vont devoir se pencher sur la question.
Toute entreprise devient une société de logiciels (All business is a software business).

C'est le patron de General Electric qui le dit, mais aussi beaucoup d'autres, dont GreenSI. Alors il est temps d'aller plus loin dans la transformation numérique.

Après la stratégie vient la pratique!

Et avec la pratique, la maîtrise du processus de développement applicatif (devops, agilité, API...) et pour cela il vous faudra des Jedis, pas de simples consultants. 

Le prochain billet de GreenSI abordera d'ailleurs l'importance des APIs pour la transformation numérique de l'entreprise, pour diffuser les idées qui seront développées lors de l'API connection le 17 mars prochain, dont j'aurai le plaisir d'animer la table ronde. 

Que la force soit avec vous!
 

vendredi 13 mars 2015

Quel rôle joue le DSI dans la transformation numérique de l'entreprise?

Quel rôle joue le DSI dans la transformation numérique de l'entreprise?

Pour accompagner la transformation numérique de l’entreprise, le DSI doit réinventer son rôle et sa mission. 

Entretiens entre Safia D’Ziri Directrice des solutions numériques du Conseil général de Loire Atlantique et Frédéric Charles, responsable de de la Stratégie et de la Gouvernance des SI au sein de la Lyonnaise des Eaux ( Suez environnement). Animé par le journaliste Philippe Leroy.

Public ou privé, l’évolution de la fonction de DSI est en marche. Découvrez la sur CIO Place.

<img alt="CIO Place_Conversation entre deux DSI_Débat Safia D&#39;ziri et Frédéric Charles" src="https://lh5.googleusercontent.com/proxy/JDm_FAtoVmOGXzc952iQMMw-TyVSrtX_OJC9ZFT-wDC4cmVe8NbPDjhrK9iCutjE1QAehlfdQ6gyWnFtQpDsFZFSenfCJR6gKga9S2G9FbyBkj_TnPId3c2w-z6gqzGBqpnfpj8ulJA6i9uA-EjqdHWRizxnzYyLac-NbSRQMzF_Ddthx05H5rogmFgkQBSqVmKHyg_u1Z-HLceDQHIrWzPVgvYh2m3HO4fgA_aEIzvRl_LxAMnUsOlXJuykHlZ5=s0-d"><h2> CIO Place_Conversation entre deux DSI_Débat Safia D'ziri et Frédéric Charles</h2>
Objets connectés: comment préparer leur déploiement en entreprise

Objets connectés: comment préparer leur déploiement en entreprise

Les objets connectés rencontrent un engouement récent auprès du grand public et pour GreenSI ils sont le signe d'une rupture dans l'architecture des systèmes d'information. 

Alors objets connectés et entreprises, c’est une réalité et certainement pas des gadgets. Mais alors quel serait le rôle du DSI dans le déploiement de ces dispositifs ?

Débat avec le journaliste Philippe Leroy sur CIO Place.

<img alt="CIO Place_Le DSI face au défi des objets connectés " src="https://lh6.googleusercontent.com/proxy/jePDRN1levD-F7uEZ0YDg5vFmuB6dGbDwa8VGTwT_HwheY5cRsAZjKUKSmmX74QnP3iYrKgruSWPRfXQz0N5tB-7PTYQ3frs3y1SuM68k01UNfOMeZTqGorFTKg1C9siOaWPO3gkONKiKBWilx7aiwc1z812CKQz0hTMGfD8z7q7MFLCQHQDPBvj2JsJqYjO_xVYVxzaJ9Z8ZrsrrbwUzSRrVFpgSw=s0-d"><h2> CIO Place_Le DSI face au défi des objets connectés </h2>

dimanche 8 mars 2015

Rejoignez la communauté qui met les API au coeur de la transformation numérique

Rejoignez la communauté qui met les API au coeur de la transformation numérique


Les API sont au cœur de la transformation numérique des entreprises et de leur système d'information. 

Elles jouent déjà un rôle clef pour délivrer des services mobiles, développer des ecosystèmes innovants et auront un rôle majeur dans les nouveaux usages portés par l'internet des objets.

GreenSI a choisi de faire du thème des API un fil rouge pour continuer d'explorer cette transformation numérique. Une série d'articles seront publiés sur la base d'échanges avec de multiples acteurs du monde des API.


Car si il y a une chose essentielle a comprendre avec les APIs c'est qu'elles demandent et facilitent la collaboration entres de multiples acteurs. Une communauté d'acteurs. Il est difficile d'y aller seul, même pour les "géants du web".


Je vous invite donc à rejoindre cette communauté des acteurs, API Connection, qui tireront avantage des API dès 2015, dans leurs projets et plans stratégiques SI. Une communauté à l'initiative de CA Technologies, mais dont les débats sont indépendants et ouverts, et supporté par l'API Academy.

Et pour réellement m'impliquer dans ce sujet, j'aurai le plaisir de co-animer les 4 premières sessions de notre communauté.

La plénière d'ouverture sur le thème "En quoi la transformation numérique mène à l’adoption des APIaura lieu le 17 mars matin au Hilton CNIT Paris-La-Défense. 

J'invite les lecteurs de GreenSI a s'inscrire avec ce  lien.


Tous les intervenants et le programme à venir: site


Vous pouvez aussi déjà vous pré-inscrire aux prochaines matinées API Connection :

14/04Quelle est la place des API dans une stratégie omnicanal?
12/05API, de la décision à l'exécution : quelles sont les bonnes
pratiques ?
16/06Ouvrir les API à l'extérieur impose de nouvelles règles
et standards de sécurité
9/07La monétisation des API

eBooks en France: Maximus delirium

eBooks en France: Maximus delirium

Résumé de l'épisode précédent (la liberté de lire en illimité est attaquée):

  • En France le livre numérique est considéré comme un produit similaire au livre papier. Le format véhicule de deux façons différentes l'oeuvre de l'auteur. Le prix du livre est fixé par l'éditeur et est unique pour le livre papier et le livre numérique (loi de 2011).
  • Depuis 3 ans, la TVA d'un livre numérique est donc de 5,5%, égale à celle du livre papier, sinon l'axiome précédent s'effondre.
  • Un service de lecture illimitée de livres numériques comme ceux d'AmazonYouboox, ou YouScribe, est illégal. Puisque cela reviendrait a laisser fixer le prix par quelqu'un d'autre que les éditeurs (Amazon, Youboox ou Youscribe en l'occurence) ce qui n'est pas prévu par la loi de 2011.
On est déjà dans un petit délire quand on mesure l'enrichissement au livre papier qui peut être apporté par un livre numérique (vidéos, commentaires, moteur de recherche...), mais disons que ça se tient. En tout cas, c'est légal, car nos députés n'ont vraisemblablement pas mesuré les impacts de la loi qu'ils ont voté.

Cette semaine, l'Union Européenne amène sa vision dans ce débat franco-français. Un débat franco-français car aux Etats-Unis et dans plusieurs pays européens, le livre numérique est bien vu comme quelque chose de différent du livre papier.

La Cour Européenne de Justice de l'Union Européenne, a donc rendu son arrêt. La TVA réduite de 5,5% ne peut être conservée en France pour les livres électroniques car un livre électronique est bien un service et non un livre. Or la TVA des services est de 20% et non de 5,5%. Cassant donc par deux fois, l'égalité française entre le livre papier et livre numérique (concept et TVA). Le SNE - Syndicat National des Editeurs - se trouve pris a son propre piège en nous faisant prendre des vessies pour des lanternes.

La conséquence c'est que le livre numérique va donc se retrouver plus cher pour le consommateur que le livre papier. Le délire est maintenant maximum quand on connait la réalité des coûts du numérique par rapport a son support physique.

Alors le SNE essaye de riposter... en s'enfermant encore plus dans sa contradiction et en voulant conserver la TVA à 5,5%.


 
Le SNE a lancé cette semaine une campagne sur les réseaux sociaux, en détournant le génie de Magritte, artiste dont le pays la Belgique fait pourtant bien la différence entre un livre papier et un livre numérique. L'idée est de demander aux internautes d'envoyer des tweets avec des photos d'objets et le hashtag #ThatIsNotABook, par référence au tableau de Magritte, "Ceci n'est pas une pipe". Ou de supporter le hashtag #ThatIsABook en photographiant ses livres, y compris numériques.

GreenSI ne tombera pas dans le panneau. D'ailleurs les premiers résultats de la campagne montrent que les internautes non plus, avec a peine 324 tweets depuis 5 jours, malgré la mobilisation de quelques pointures de Twitter comme @kriissis.

Car finalement, le SNE, au nom de la défense des éditeurs de livres papiers, s'est emparé d'un concept, le livre numérique, beaucoup plus riche que ce que ce que les éditeurs savent en exploiter.

Et au nom de la protection du dernier prix Goncourt, c'est bien le livre scolaire et d'autres formes de transmission de savoir ou de loisirs par le livre numérique que l'on verrouille.

La loi s'est emparée de ce concept et a nivelé ses possibilités par le bas. Pour s'aligner sur les positions défendues par le SNE, lui même se revendiquant de reprendre les positions des auteurs... qui pourtant ne sont pas tous de cet avis. Tout cela sans voir le potentiel du livre numérique, si on oublie le dernier Goncourt, pour la culture et la diffusion des savoirs.

Revenons a ce tableau de Magritte. Il signifie qu'il ne faut pas confondre la chose et son concept. Et visiblement c'est dans ce piège que le SNE est tombé en confondant le livre numérique sur tablette, reflet de l'ouvrage papier (et surtout de ses droits d'auteurs perçus par les éditeurs), et le concept de livre numérique beaucoup plus riche.  

Donc non, Mesdames et Messieurs du SNE, un livre numérique n'est pas un livre. C'est beaucoup plus qu'un livre!

Un livre numérique c'est un "cloud", un espace de stockage personnel accessible de partout, dont je peux garder en local une image réduite pour lire dans le train ou l'avion quand il n'y a pas de réseau (et demain ce ne sera d'ailleurs même plus nécessaire).

Un livre numérique c'est un "cloud" accessible à l'aide d'un terminal qui aujourd'hui est une tablette ou une liseuse, mais peut être n'importe quel objet connecté a Internet. Le limiter à une autre forme du livre papier restreint le champ des innovations. Je peux aussi avec le temps changer de support tout en retrouvant tous mes livres numériques déjà achetés dans mon "cloud". Et ce que veulent les lecteurs et ce qui devrait être la bataille du SNE, c'est de ne pas avoir de cadenas (DRM) spécifiques à chaque plateforme, pour que celui qui a acheté un livre sur une plateforme puisse aussi le lire sur une autre plateforme. Le syndicat allemand des éditeurs est déjà dans cette bataille pour la suppression des DRM.

Un livre numérique c'est une bataille contre un handicap: la cécité. Depuis le lancement du premier Kindle, les personnes malvoyantes, les dyslexiques qui ont du mal a déchiffrer ou tout ceux qui préfèrent écouter un livre, peuvent se le faire lire par la voix synthétique de la tablette. Pourquoi réinventer le braille sur une tablette alors qu'il suffit que la tablette lise toute seule et de lui mettre des écouteurs? Et avec les nouveaux objets connectés, c'est votre montre qui vous lira votre prochain livre en faisant votre jogging.


Un livre numérique c'est la fin des cartables de 8,5 kg en moyenne en France pour nos élèves, avec les conséquences que l'on connait pour la santé de leur colonne vertébrale.

Un livre numérique c'est la capacité à envoyer des bibliothèques entières à l'autre bout du pays, où à l'autre bout de nos banlieues, là où les services publics rapportés au nombre d'habitants sont les plus faibles de France. 
Et c'est certainement beaucoup plus que ça si la FrenchTech se met a imaginer de nouveaux usages qui répondent aux aspirations des lecteurs. Sans compter ce qu'ils peuvent faire avec les "non lecteurs", plus nombreux que les lecteurs, et qui n'ont pas trouvé dans le livre papier, la soif du savoir alors que peut être la trouveront-ils dans une des formes du livre numérique.

Alors si un livre numérique peut être un service public, il y a de fortes chances que ce soit aussi un service numérique et donc... que Bruxelles ait raison.

Et si c'est un service alors il n'y a pas de raison non plus que son prix soit aligné sur celui du livre papier. La TVA à 20% ne posera pas aucun problème aux consommateurs si ils payent leurs livres numériques au juste prix, disons 10€. Car 20% de 10€, fera toujours moins que 20€ à 30€, le prix du livre papier!

Pourtant, la Ministre de la Culture, Fleur Pellerin, ancienne secrétaire d'Etat au numérique qui est donc certainement très consciente des limites de la position française, a confirmé que la France ne modifiera pas son taux de TVA. Ce qui en français non diplomatique veut dire que la France restera en situation d'infraction vis-à-vis de l'Union Européenne, avec un risque d'amende où tout le monde perdrait. Pour combien de temps encore...

Allez, finalement GreenSI va participer a la campagne #ThatIsNotABook, pour ouvrir les yeux à ceux qui lisaient en braille la loi de 2011 et la litanie du SNE.




 

lundi 2 mars 2015

Quand Facebook s'imagine en ville

Quand Facebook s'imagine en ville

Cette semaine, dans une interview de Mark Zuckerberg le CEO et fondateur de Facebook, on peut lire que Facebook a lancé en 2012 le projet "Zee Town": la construction d'une ville pour les salariés de son entreprise. Folie, mégalomanie ou coup de génie?

Eliminons de suite la discussion autour de la mégalomanie. Même si elle est très probable, la première lettre du nom Zuckeberg, se dit "Zee" ([zi:]) en américain. Mais ce ne sera pas la première fois qu'un grand patron entrepreneur souhaiterai rassembler la communauté de ses salariés autour de son entreprise. En d'autre temps, et avec un projet social peut être plus abouti, les frères Michelin ont créé les Cités Michelin et développé ainsi une partie de la ville de Clermont Ferrand (en 1980, le parc représentait 12% des logements de la commune).

Mais quel est donc ce projet Zee Town de Facebook?
 
Mark Zuckerberg aurait récemment acquis une parcelle de 22,2 hectares en Californie dans la région de Menlo Park avec l'intention de construire une "ville" qui s'étendrait au final sur 80,9 hectares (après acquisition de parcelles supplémentaires limitrophes). Un investissement estimé à $200 milliards et le chois d'un architecte en vogue, Frank Gehry (du musée Guggenheim de Bilbao).

De quoi loger 10.000 employés proche de son siège social.


GreenSI retrouve dans ce projet des points communs avec des révélations d'Eric Schmidt, ex-CEO de Google, dans "How Google Works", et notamment dans le chapitre sur la culture Google, où on y retrouve littéralement la règle "Work, eat and live together". 

Les équipes doivent être intégrées fonctionnellement et la distance géographique est un frein a cette intégration. Les plateaux projets sont une illustration de cette règle.

Mais au delà des projets cela doit permettre à un "product manager", tout au long du cycle de vie du produit, de totalement comprendre son produit et anticiper les usages de ses futurs utilisateurs. Pour cela, il doit interagir en permanence avec toutes les compétences de son équipe (design, ingénieurs, développeurs,...). La configuration de l'espace de travail est alors déterminante.

D'ailleurs chez Google, on ne croit plus trop au télétravail. Les interactions y sont trop planifiées, trop organisées. La CEO de Yahoo!, Marrisa Mayer,  ancienne de Google, a limité le télétravail en arrivant chez Yahoo!. Non pas que le travail y serait moins productif, mais parce qu'on se prive de la capacité d'innovation lié aux interactions informelles entre salaries. Et quand on veut créer des plateformes où tous les services exploitent les autres, cela devient un frein. Il faut donc rassembler les salariés et les laisser interagir.

Autre souci constant de Facebook: attirer les meilleurs étudiants et les garder.

Le premier campus de Facebook à Menlo Park est l'ancien campus de Sun Microsystems (racheté par Oracle), pas loin de l'Université de Standford et du fameux garage de William Hewlett et David Packard, où selon la légende tout a commencé pour la future vallée du silicone.

Et non loin de Google qui a exactement la même stratégie.



A New York, après s'être établi sur Madison Avenue, la rue de la publicité et du marketing, Facebook s'est installé à coté de l'Université de New York et de la Stern Business School. De quoi attirer les talents de la côte Est.

On retrouve aussi dans ces locaux le style des meilleures universités américaines où les meilleures installations sportives du pays côtoient les meilleurs laboratoires. Les deux sont à côté car les deux sont liés. 

Pour avoir pu visiter plusieurs sites de Google et Facebook, dont les sites de la Silicon Valley, et étudié aux Etats-Unis, je trouve qu'ils ont façonné leurs locaux comme des universités américaines. Tout est fait pour la rencontre et l'interaction permanente, car c'est dans ces moments que peuvent jaillir les meilleurs idées. Et les installations sportives de qualité ne sont jamais lointaines.

Eric Schmidt raconte dans son livre que le produit AdSense qui a assuré la fortune de Google, est né lors d'une partie de billard. Et dans cette ruche permanente, de façon exceptionnelle, on va trouver des lieux pour s'isoler, que ce soit pour une vidéo conférence ou travailler seul. Encore une fois les locaux sont configurés pour permettre cet isolement de qualité.

Une autre idée forte du livre How Google Works est d'organiser l'entreprise autour des salariés qui ont le plus d'impact. A la fois une façon de mettre en avant la compétence avant la séniorité ou le rang hiérarchique (la règle: Don't Listen to the HiPPOS - Highest Paid Person's Opinion)  mais aussi de les utiliser comme un moyen d'entraîner les autres. La question que l'on pourrait se poser avec Zee Town, c'est si les villas seront réservées aux mieux payés ou à ceux qui sont reconnus par les équipes. La réponse a cette question ne sera pas si anecdotique que cela dans le modèle de la Silicon Valley.

La ville est un modèle plus riche que l'université en terme d'interactions.

Doit-on interpréter le passage du modèle "campus universitaire" au modèle "ville de salariés" (à côté du campus) comme le début de l'age adulte pour Facebook? Car dans le projet Zee Town, les 60 hectares ajoutés vont servir à développer les services que l'on rencontre normalement dans une ville: crèches, commerces, sécurité,... De quoi pour les jeunes recrues de Facebook, de répondre à d'autres aspirations que celles offertes par la vie dans "la ruche du siège". 

Mais derrière ce projet n'oublions pas la situation de la Silicon Valley qui créé une richesse extraordinaire (dont une partie est encore en transition dans les paradis fiscaux...). et donc qui a un impact économique majeur sur les prix des logements de la région, et ce jusqu'à San Fancisco. D'ailleurs San Francisco est une ville où, fuyant les prix de la région de San José, Twitter et Salesforce y on créé leur siège social et Google y a aussi des locaux... à la descente du "RER" (BART) venant de l'autre côté de la baie où se trouve l'Université de Berkeley. Une de plus! 

Les sièges de sociétés fortement valorisées en bourse s'égrainent le long de l'autoroute "Higway 101". D'où l'idée pour Google d'organiser ses propres transports en commun entre les bureaux de San Francisco et son siège de Menlo Park, et de lorgner sur le petit aéroport pas loin de ses bureaux. 


D'ailleurs Mark Zuckerberg a aussi annoncé qu'il allait dévoiler prochainement un volet transport en commun dans son projet Zee Town.

Le débat entre le public et le privé prend une forme particulière dans la Silicon Valley, car il est reproché à ces sociétés de bénéficier des infrastructures publiques (routes, écoles...) sans y contribuer plus que les autres californiens dont ils impactent le pouvoir d'achat. Alors construire une ville, c'est toujours un signal envoyé en matière de responsabilité sociétale.
 
Mais ce que GreenSI ne voit pas dans ce projet de ville pour salariés, et que pourtant on peut retrouver de plus en plus autour des grands groupes, c'est la volonté de faire grandir un écosystème de sociétés innovantes autour de Facebook

Pourtant Facebook doit son succès à cet écosystème de sociétés de jeux qui ont su exploiter ses APIs dès le début, comme Zinga et son célèbre Farmville. Alors dans un monde où les destins entre sociétés sont de plus en plus reliés et où l'écosystème est devenu un avantage concurrentiel, le modèle d'une ville pour ses seuls salariés dénote un peu pour GreenSI

Mais ce qui est sûr c'est que la construction du monde numérique a des répercutions, directes ou indirectes, et bien réelles pour la société et pour ses valeurs.